4 mai 2009

Ninja d'opérette.

La première fois que mon amie Elo m'a proposé l'expérience, je n'ai pu m'empêcher d'éclater de rire: jouer le rôle d'une figurante ninja, pratiquant le Kung Fu, dans une pièce de théâtre est déjà l'expression d'une incohérence. Je suis probablement l'allégorie de la maladresse: comment pourrais-je réussir à donner l'illusion d'un combat acharné sans crever, par inadvertance, l'oeil de mon partenaire?

Qu'à cela ne tienne! Hier, nous étions dimanche, un grand soleil éclairait un ciel sans nuage, les arbres étiraient leurs branches bourgeonnantes le long des rues: le climat était propice à une petite promenade en vélo qui me guida vers le lieu de répétition.

Pour ressituer un petit peu l'action, je vais préciser en quoi consistent ces pièces de théâtre. Mon professeur de Kung Fu produit, à temps perdu, des œuvres théâtrales: en l'occurrence, il a été sélectionné dans le cadre du festival Fringe pour monter deux pièces, l'une en anglais, l'autre en Français, au mois de juin prochain. Les deux oeuvres nécessitent des figurants mimant les combats: il a donc proposé à ses amis et à ses élèves de participer. Ils pratiquent ainsi depuis maintenant un mois.

Hier, je me suis lancée. Au départ, je ne savais pas trop où me mettre. N'ayant pas véritablement reçue d'invitation officielle, j'ignorais s'il s'agissait d'un acte réfléchi car l'action nécessitait un minimum d'adresse, ou bien simplement d'un oubli. Fujiao m'expliqua brièvement qu'il n'allait pas me dire immédiatement de sacrer mon camp parce que j'étais trop mauvaise ou bien de signer car j'avais la comédie dans le sang, car il prévoyait plutôt d'avoir le maximum de personnes formées pour le jour J afin de ne pas être pris au dépourvu. De fait, je pouvais tenter l'expérience et voir par moi même ce que j'en pensais.

L'exercice réalisé, qu'en dire? Pour ma part, j'ai apprécié. C'était fort amusant et je me suis rendue compte de beaucoup d'aspect du travail de théâtre auxquels on ne pense pas forcément avant. Notamment les chutes: personnellement, je dois tomber, ou manquer choir, en moyenne, une ou deux fois par jour. Lorsqu'il s'agit de faire semblant de chuter, la mission s'avère plus problématique: les réflexes et l'instinct de préservation prennent le dessus. Mon corps semble refuser ostensiblement les chutes volontaires, trop las de s'abîmer naturellement, en permanence. De fait, lorsque vient le temps de mimer la réaction face à un coup de genou dans le visage, il s'oppose ouvertement à me faire tomber la tête la première. Il faut beaucoup de persuasion et de travail pour le convaincre que ce n'est qu'un jeu et qu'il n'aura pas mal. Certes, ma maladresse ne m'aide pas: je me suis brûlée les chevilles en chutant sur du plancher. Forcément, mon corps a pas trop confiance...

En définitive, j'ai vraiment aimé l'expérience. J'étais bien entourée: mon amie, qui me guidait pour mes premiers pas dans cette aventure, s'est montrée très patiente envers moi. Elle a essayé de me faire perdre de cette raideur qui m'habite, généralement, si souvent. Merci beaucoup, Ami! ^_^ Je réessaierai, à l'occasion, même si je ne pense pas vraiment être fin prête pour le grand saut du festival.

Les deux pièces s'intitulent Amazone et Vérité & Conséquences. Elles se dérouleront à six reprises chacune, entre le 11 et le 21 Juin prochain. Pour plus d'informations, vous pouvez consulter le site ici, mais il ne sera mis à jour qu'à compter du premier juin. C'est à voir... ^_^


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