29 avril 2009

Angoissante Communication.

J-2. Vendredi à 10h30, je mourrai. Ou presque. En fait, je devrai déclamer une communication sur mon dernier sujet de recherche dans le cadre du colloque étudiant, organisé par la Chaire de Recherche sur la Question Territoriale Autochtone.

-"Ah! Y a rien là, Steph! Tu vas pas vraiment mourir."

Si. Parce que, bon, admettons-le: depuis que j'ai écrit J-7: une alliance du corps et de l'esprit, rien n'a changé. Je suis toujours autant terrorisée à l'idée de me produire devant un public de personnes compétentes, à l'affût de la moindre erreur. La partie la plus difficile de l'exercice est de ne pas avoir l'air naïf et paraître savoir de quoi on parle: parce que si je veux convaincre mon directeur de thèse que je peux terminer mon doctorat en décembre, il serait de bon ton qu'il ne se frappe pas la tête contre les murs à la fin de mon allocution.

Cette année, j'ai tout de même de la chance. Mon Yankee préféré a, fort aimablement, accepté de gaspiller quelques heures de son précieux temps pour relire mon discours. Je lui en suis profondément reconnaissante car avoir son opinion m'enlève un poids: après tout, il est nettement plus avancé que moi dans ses travaux et il est très compétent dans mon domaine. De fait, s'il ne me rie pas au nez en lisant mon texte, je peux avoir l'espoir qu'il n'est pas aussi ridicule que je le pense. Pour ces révisions, Ami, je te remercie grandement! A présent, il me faudrait juste convaincre ma voix de ne pas se carapater au milieu de ma présentation ou encore persuader mon corps que le tremblement nerveux n'a jamais facilité l'élocution. Bien-sûr, on peut toujours rêver...

Ces trois ou quatre derniers jours ont été particulièrement éprouvants.

Outre l'angoisse croissante à la perspective du colloque, j'ai du aussi faire face à un désenchantement brutal. Il est toujours délicat de se rendre compte que l'image que nous projetons sur nos proches ne correspond pas forcément à ce que nous sommes. Lorsqu'elle est négative, il serait important, à mon sens, que l'autre nous signale que nous dérapons. Pour éviter que les non-dits, les quiproquos et les malentendus ne pourrissent en l'autre au point de nous haïr, sans que nous cherchions à changer puisque nous ignorons le problème. Si rien n'est dit, la fin de l'histoire est aussi prévisible que triste: la colère et la rancœur éclatent en un rejet brutal.

J'ai vécu cette haine avec mon frère l'an dernier, un peu à la même époque. Il est malade alors il est sans doute normal qu'il ne m'ait pas transmis des signaux auparavant. Ou bien j'ai simplement été incapable de les voir. Peut-être... Nous ne le saurons jamais. En tous les cas, je ne m'attendais pas à revivre cette douloureuse expérience cette année, avec une bonne amie. Je n'ai rien vu venir, une fois de plus. Je ne comprends d'ailleurs toujours pas. Une chose est sûre: je suis devenue, à ses yeux, l'ennemie à abattre. ça fait mal un peu... Surtout quand on ne comprend pas le pourquoi du comment. Tant pis. Je ne peux rien si on me refuse le dialogue. Mais je demeure prête à l'entamer, n'importe quand. Au cas où tout ne serait pas perdu...

La vie a quelque chose de frustrant lorsqu'elle se joue de nous sans explication.

24 avril 2009

Faust, de passage à l'UQAM.

Aaah! Le docteur Faust! Quelle légende! Entre sorcellerie et science, au seizième siècle, cet érudit personnage exerce son savoir aux frontières de la magie noire. Son existence n'a jamais été véritablement prouvée: il est parfois associé à un certain Johann Georg Sabellicus, un médecin Allemand qui vécut dans les années 1530. Qu'à cela ne tienne: le mythe est beau, mystérieux à souhait, et porteur d'une belle morale chrétienne, comme on les aimait encore il n'y a pas si longtemps. L'être humain doué d'une intelligence hors du commun, qui veut dépasser ses limites et jouir de sa vie. L'homme qui cède à la tentation du bonheur immédiat et éphèmére plutôt que de souffrir en attendant la félicité éternelle. Le faible qui se repent au seuil de sa mort, effrayé de ce qui l'attend. Bref, l'un des nôtre, tout simplement.

Hier soir, j'ai été assister à une représentation de la vie du Docteur Faustus, d'après l'œuvre de Christopher Marlowe, jouée par les étudiants en théâtre de l'UQAM. Un de mes amis jouait le rôle de Robin. ( Pas le pote de Batman, bien sûr...^-^)Denys Lefebvre, co-directeur de la compagnie de théâtre nouveau genre Tenon Mortaise, était responsable de la mise en scène: la pièce durait deux heures quinze, sans entracte.

-"Ouch! C'est long!"

Certes. Mais en fait, pas du tout! La pièce est passée extrêmement rapidement tant elle était bien jouée et merveilleusement réalisée.

Mr Lefebvre est fameux à Montréal pour s'adonner, depuis 1996, à une forme expérimentale de cet art théâtral. Selon moi, ce n'est pas sans rappeler les mystères du Moyen Âge: ses réalisations allient autant le chant, la danse, les jeux de lumière, la gestuelle et, bien entendu, la déclamation.

Ce que j'ai vu hier soir était digne de professionnels: je ne suis certainement pas une référence en la matière mais j'ai pu assister à de nombreuses représentations en tout genre, à Paris ou à Montréal, et je le soutiens: la pièce d'hier était jouée d'une main de maître. Chaque personnage était polyvalent, dans son jeu, indifférent au public pourtant si proche d'eux (la salle de l'UQAM était, pour le moins, intime). Mon ami brillait dans son rôle: énergique, il entrait pleinement dans son personnage! Le concept de la représentation était également intéressant: afin d'illustrer les différentes facettes des personnalités du Docteur Faust et de Méphisto, chaque personnage était allégorisé par trois acteurs, en permanence sur la scène. Le rendu était excellent. Je mettrais même une mention spéciale à la jeune femme jouant le principal corps de Méphisto: elle était impressionnante par son dynamisme, son regard et sa voix!

Alors, encore une fois, Félicitations à tous! C'était magnifique! Il est dommage que vous n'ayez eu que deux représentations car je suis certaine que vous auriez eu beaucoup de succès à renouveler l'expérience! Pour ma part, je vous suis acquise! Et j'ai bien hâte au prochain spectacle!

22 avril 2009

Harmonie d'harmonica.

L'approche était subtile. Je ne m'en suis pas rendue compte immédiatement. Il faut dire que, généralement, je ne réalise jamais rien avant de tomber littéralement dessus. Pour le coup, je n'y prêtais plus attention depuis tellement d'années, que sa présence même ne sortait plus de l'ordinaire. Il était un porte-poussière, ni plus ni moins. Pourtant, ce matin, machinalement, je me suis approchée du petit coffre en bois qui l'enferme, tel un cercueil. Je l'ai ouvert doucement et j'ai contemplé son contenu, un brin émerveillée de le trouver toujours aussi beau. Mon harmonica scintillait sous les rayons du soleil. Sur la boîte, gravée pour marquer le centenaire de Marine Band, l'année de l'achat: 1996.

Ouch! Treize ans. J'en avais quatorze. Le temps ne passe pas vite: il s'évapore! Si vous croisez Monsieur Chronos, demandez lui de vérifier ses canalisations: je pense qu'elles doivent avoir des fuites! Quatorze ans... C'est l'âge de la plus grande de mes nièces aujourd'hui. Re ouch! Je devrais éviter ce genre de réflexion: je vais déprimer! ^-^

Donc, depuis treize ans déjà, je possède le plus bel harmonica au monde.

-"Bon! Elle exagère encore!"

Pas du tout.

Peut-être un peu mais personne, ici, ne peut vraiment me contredire puisqu'il faudrait définir la beauté auparavant! Ah! Un sujet de philosophie, comme on nous en sert au lycée!

Qui se lance? Personne? Bon.

Alors je reprends: je possède le plus bel harmonica au monde! Et, depuis douze ans, certainement, il repose dans son petit cercueil de bois. En fait, lorsque j'étais enfant, l'ami de l'une de mes tantes en avait un. Énorme. Il en jouait merveilleusement bien et j'étais fascinée par les charmes de cet instrument. J'aurais voulu qu'il m'enseigne les secrets de ce compagnon de solitude. Parce que bon, certes, je jouais aussi du piano mais, soyons francs: ça s'apporte mal autour d'un feu de camp!

Oui mais voilà: l'ami de ma tante est mort assez rapidement. Il s'est sucidé, laissant derrière lui son instrument et son talent. Tant pis...

J'ai essayé, quelques temps, d'apprendre seule. Mais comme partout, comme tout le temps, je n'ai pas de prédisposition: je suis moyenne et je finis par me lasser de ne pas progresser. Je me suis laissée emporter par la vie et j'ai refermé le petit coffre de bois sur mon bel harmonica. Pourtant, je l'ai toujours emporté avec moi, peu importe où je déménageais. Peut-être refusais-je d'admettre l'abandon que j'en avais fait et voulais-je croire que ce n'était qu'un intermède. Une pause de douze ans, finalement.

Ce matin, j'ai repris mon petit harmonica. D'abord intimidée, j'osais à peine souffler dedans. Tous deux, nous avons du nous réapprivoiser. Douze ans, ce n'est pas rien quand même... Mais je suis heureuse de l'avoir retrouvé. A son contact, je me rappelle ce qu'il m'apportait. Ce que la musique nous offre.

Pour l'heure, je joue seule, dans un coin de mon appartement. Lorsque j'aurais réappris ton chant, doux harmonica, nous pourrons reprendre notre voyage...


21 avril 2009

Indépendance en sursis.

Il paraît que la pluie rend rêveur. Pour ma part, elle me déprime. Certes, je le sais, elle est nécessaire à la nature et elle est sans doute la richesse de demain. Sûrement. Mais, pour l'heure, elle rend mon environnement froid et gris et mes trajets en vélo, périlleux!

Hier après-midi, j'ai été prendre un thé avec mon yankee préféré à l'Orienthé, mon refuge lounge sur Saint Denis, coin Mont Royal. Nous avons alors eu une grande discussion sur les choix que nous sommes tous amenés à faire, à un moment donné, dans nos vies. Je m'interroge souvent sur comment aurait été mon existence si je n'étais pas, par exemple, revenue au Québec, ou si j'avais arrêté mes études plus tôt. Différente, certainement, mais il est impossible de déterminer dans quelle mesure elle aurait été pire ou meilleure. Peu importe le scénario, si on le modifie même un tant soit peu, on perd un peu des beautés qu'on a rencontrées dans cette vie présente. Alors, le jeu en vaut-il la chandelle?

Ce genre de questionnement stérile me permet, paradoxalement, d'apprécier ce que j'ai et de songer que, peu importe les mauvais côtés, je n'aurais pas pu prendre un autre chemin sans perdre nombre de trésors.

En fait, ce qui me pousse à réflèchir à ce genre de question est certainement ce sentiment de dépendance que j'entretiens depuis bientôt deux ans. D'un naturel très indépendant, j'ai toujours détesté impliquer les autres dans mes choix personnels. De fait, je me suis assumée relativement tôt dans la plupart de mes décisions. Pourtant, lorsqu'il a été question de venir à Montréal terminer ma thèse, j'ai été confrontée à une situation problématique: je n'avais pas l'argent pour mais je désirais vraiment achever ce que j'avais entrepris. J'avais trop investi d'énergie dans cette aventure étudiante, j'étais trop convaincue de mes choix pour baisser les bras, mais je n'avais pas les ressources financières pour mener ma quête jusqu'à son terme.

Frustrant.

Aussi, lorsque ma famille m'a proposé de l'argent pour que je puisse terminer, j'ai ressenti un mélange de joie, puisqu'elle me montrait une sortie à mon impasse, et de tristesse, car cela heurtait tous mes principes ainsi que ma philosophie de vie. Mon père avait d'ailleurs conclut sa proposition en mentionnant qu'il ne serait pas étonné que je refuse. Moi non plus. J'ai accepté pourtant. En toute conscience, j'ai signé au bas d'une proposition qui allait à l'encontre de tous mes efforts des années précédentes: j'imposais mon choix de mener des études longues à ma famille. Pire, je leur en faisais payer le prix. En acceptant l'offre de mon père, je devenais non seulement une charge financière mais je vendais mon indépendance.

-"Hein? Ton indépendance? De quoi tu parles?"

Eh bien, il y a deux ans, alors que j'assumais mes études seule, j'étais responsable de mes choix. Si, tout à coup, j'avais voulu arrêter mon doc pour devenir serveuse dans un bar, par exemple, ça n'aurait impliqué que ma personne. Or, en acceptant la proposition de ma famille, j'ai signé plus qu'une dette d'argent: je leur dois de réussir, dans les temps que je me suis impartis, de trouver une job qui ait de l'allure. Parce qu'elle aura fait des sacrifices pour que j'en arrive là, parce que je l'aurais contrainte à me suivre dans mes choix de vie. C'est en ce sens que j'affirme avoir perdu mon indépendance.

Entendons-nous bien: j'ai accepté de mon plein grè la proposition de ma famille et je m'estime plus que chanceuse d'être aussi bien entourée. Je leur suis vraiment reconnaissante de tous les efforts qu'elle réalise pour m'aider à atteindre mon objectif et c'est sans doute grâce à elle que je continue toujours d'avancer. J'ai vraiment beaucoup de chance. C'est simplement une partie de moi qui songe que je n'avais peut-être pas le droit de les entraîner dans mes choix égoïstes.

La pluie tombe drue ce matin. Elle me rend un brin nostalgique.

20 avril 2009

Modèle Bleu.

Lundi matin. Un début de semaine comme il s'en retrouve 52 fois par an sur notre belle planète. Réveillée depuis 6h du matin, je contemple les doux rayons du soleil avancer à petit pas dans mon appartement. Un si bel astre au réveil mettrait de bonne humeur le plus revêche des êtres. ^-^

Ce matin, dans la douche, j'ai tenté de réaliser un état des lieux de mon corps: parsemé de bleus, de bosses en tout genre, de griffures et renflements, il est loin du modèle idéal. Il semblerait que ma maladresse légendaire commence à laisser des marques visibles sur mes membres. Qu'à cela ne tienne: je prends ces traces comme autant d'indices de mon esprit combattif! Certes, elles soulignent surtout mon manque criant d'habileté dans mes activités mais chut! Ne détruisez pas mes illusions! ;)

Tout aurait donc été parfait si, ce matin, je n'avais pas reçu un mail d'un monsieur photographe:

-"Steph! Tu serais disponible mercredi pour faire des photos?"

L'innocente personne que je suis répond un "oui" enthousiaste et le rendez-vous est pris. Quelques heures plus tard, alors que je croise mon reflet dans le miroir, je me rends compte que, à moins que mon correspondant désire réaliser une campagne pour femme battue, mon aspect bleu schtroumpf risque de le déstabiliser. Bon, il reste encore deux jours d'ici au rendez-vous: il ne me reste plus qu'à m'enduire d'arnica trois fois par jour, au point de reluire de cette grasse pommade! ^-^

-"Tu vas refaire des photos?"

Euh...Oui. On sait jamais: si, un jour, je deviens célèbre pour avoir, par exemple, renverser l'enfant gâté qui nous sert de président, le foutriquet tricolore, il faut bien que la presse à scandale ait quelques photos compromettantes à publier! Sinon, d'une manière beaucoup plus pragmatique, je me dis que ça permet à un photographe d'accroître son porte-folio, tout en montrant une image de moi que je n'aurais jamais vue autrement.

Les motivations présidant à la réalisation de photographies professionnelles sont multiples. Pour ma part, la première fois que j'ai voulu en faire, je l'ai interprété comme une forme de victoire personnelle: la gamine qui n'arrivait pas, (et n'y parvient pas toujours, encore), à se regarder dans le miroir durant ses cours de Kung Fu, se tient droite et fière devant l'objectif d'un inconnu. Bon, bien sûr, le fait que ces photos montrent une image de moi qui ne correspond pas réellement à ce que je suis peut poser problème: il s'agit d'une comédie que je joue, l'espace de quelques heures.

Au fond, Oscar Wilde le déclamait, en son temps:

"Peut-être ne parait-on jamais si parfaitement à l'aise que lorsqu'on joue un rôle."

Alors, si Oscar le dit... ^-^

16 avril 2009

Un peu de Rêve sur des notes de soleil...

Playing For Change: Song Around the World "Stand By Me"
Vidéo envoyée par thelondontv


Cette vidéo a été réalisée par une organisation qui s'appelle Playing For Change, dont vous pouvez voir le site ici. Il s'agit d'un regroupement d'artistes qui réunit des talents à travers toute la planète afin de partager leur passion. Ils ont également réalisé une version de Don't Worry qui vaut le détour.

La toute première fois que j'ai visionné cette vidéo, j'ai eu des larmes dans les yeux.

Pourquoi?

Au fond, ce sont des êtres humains qui enregistrent et chantent ensemble une même chanson aux quatre coin de la planète. Même si l'idée est originale, avec les moyens d'aujourd'hui, il est possible de la réaliser sans trop de difficultés. Pourtant, cette chanson soulève les émotions. Peu importe combien de fois je l'écoute, je suis toujours émue. De la même manière, tous mes amis, qui l'ont entendue, ont été aussi touchés que moi. Quel est donc ce pouvoir magique qui unit les êtres dans l'émotion et leur rend une part de cette humanité ,qui leur manque si cruellement en général? La Musique en elle même? Après tout, il est notoire qu'elle "adoucit les mœurs".

A mon sens, il est possible de trouver une autre raison, quoique pas fondamentalement différente de la dernière, qui expliquerait une telle réaction: à travers ce concept, l'organisation Playing For Change a mis en avant une solidarité des petites gens, si je puis me permettre cette expression. En clair, l'image renvoyée par ce chant est un lien universel entre les êtres, généralement peu impliqués dans les grandes décisions de ce monde, voire marginaux, pour mettre en évidence l'idée suivante: si l'impression la plus répandue par les médias est celle d'une humanité sans humanité, individualiste et faible, ce n'est pas toujours le cas. A travers cette chanson, ce sont toutes les idées reçues, les divisions, les incohérences d'une espèce en déclin qui éclatent: tout n'est pas mauvais.

Personnellement, je suis généralement peu optimiste, voire excessivement pessimiste, quant à l'être humain et à ses supposées qualités. Pour reprendre une chanson des Cowboys Fringants, j'estime également que "l'intelligence qu'on nous avait donnée était un beau cadeau empoisonné". Étudier en Histoire n'a rien arrangé à ma vision fataliste. Pourtant, cette chanson de Playing For Change m'a touchée. Émue par un sentiment que j'occulte parce que je le pense inutile: l'espoir. Plus que n'importe quelle religion, mieux que toutes les politiques volontaires des Etats, qui s'éveillent à peine aux ravages qu'ils ont causé, l'expression de cette solidarité a soufflé un peu de rêve sur des notes de soleil.

Merci.

13 avril 2009

Malédiction sur DHL!

Encore un double post. A vrai dire, j'extériorise pour ne pas étrangler mon petit chat innocent.

-"Ben là! Pauvre petite bête! Pourquoi ferais-tu une chose pareille?"

Parce qu'il est à côté de moi, au mauvais moment. Entrons un peu plus dans les détails:

Il y a un peu moins d'un an, je me suis octroyée un petit luxe en achetant une imprimante Kodak 5300. Elle était un peu plus chère que les autres mais, d'après la publicité, je devais rentrer dans mes frais avec le prix des cartouches.

C'est vrai.

Petit problème: depuis un mois, les têtes d'impression ont entamé une grève illimitée, voire une retraite complètement imméritée. Bon. C'est pas comme si j'avais vraiment besoin de mon imprimante, entre les impôts, le dossier de Résidence Permanente et les devoirs à rendre...

Mardi, je me décide à appeler Kodak: étant donné qu'ils ne répondent à aucun de mes mails, ils doivent avoir du personnel manchot qui n'a que ça à faire, répondre au téléphone.

-"Bonjour Madame! Comment puis-je vous aider?" Me demande Paolo.

J'explique mon problème à Paolo, qui s'empresse de me répondre:

-"Bien sûr, Madame! Nous allons régler votre probléme. Quel est votre numéro de téléphone?"

Euh... C'est parce que je n'ai pas demandé une démonstration Marketing: je voudrais réparer mon imprimante. Paolo ne se démonte pas: il me demande mon courriel, puisque je ne veux pas donner mon numéro de téléphone. Je sens une petite pointe d'énervement me gagner mais j'ai travaillé à plusieurs reprises pour des services à la clientèle: je sais à quel point me montrer désagréable avec mon interlocuteur est inutile. Après moult péripéties, dues au fait qu'il ne comprend rien à mon accent, il finit par m'assurer que mes têtes d'impression seront chez moi d'ici une semaine.

Soit. Parfait. Bonheur et gaité à perpétuité.

Jeudi: le livreur passe dix minutes après que j'aie quitté la maison. Tant pis. La loi de Murphy a encore frappé!

Ce matin, Monsieur DHL appelle à 7h55 sonnantes pour me signifier que si je ne suis pas chez moi aujourd'hui pour récupérer le paquet, c'est mort. Très bien: je vais donc prendre ma journée pour attendre le livreur.

14h30: de l'autre côté de la rue, je vois le camion de DHL. Je souris:

-"Yeah! Il est là!"

Le véhicule ralentit, le chauffeur incline un peu la tête, puis, soudain, accélère et disparaît en moins de dix secondes, au coin de la rue. Interdite, j'attends quelques minutes, songeant qu'il a du aller faire demi tour à quelque place mystérieuse. Dix, vingt, trente minutes. Toujours rien. Une heure plus tard, je me décide à appeler Monsieur DHL pour lui demander si tout cela signifie que je viens de gâcher ma journée à attendre un christie de taouin, incapable de descendre de son véhicule. Je tombe sur une demoiselle, qui venait, selon moi, de fumer l'équivalent du Mexique en herbe verte. Cette fort calme personne me demande le numéro d'envoi du colis, que le précédent livreur a écrit en hyéroglyphes. Je lui donne tant bien que mal.

-"Il existe pas, M'dame! Appelez Kodak pour avoir leur numéro d'envoi! On pourra appeler le chauffeur."

Hin hin hin! J'ai juste ça à faire justement, ta job! Devant son mutisme obstiné, je me résouds à appeler Kodak. Je tombe sur Miguel: tout le Mexique travaille pour cette boîte, ça a l'air! Je lui expose mon problème:

-" Oui, Madame! Quel est votre numéro de téléphone?"

Ciel! Un comique! Je tente de conserver un ton neutre lorsque je lui réponds, lapidaire, qu'il peut me trouver dans l'annuaire puisqu'il a mon nom et mon adresse. Il me laisse patienter, le temps de "répondre à ma question"... Au bout de trente minutes de musique d'ascenceur, j'ai déjà maudit Miguel et ses cinquante prochaines générations dans ma tête: je peux donc raccrocher. Je rappelle DHL et je tente de mieux argumenter mon cas.

Ô miracle, ma nouvelle interlocutrice trouve le numéro de mon paquet et conclut, satisfaite:

-"Oui Madame! Votre paquet est en livraison! "

Ah ouais? Non, parce que je pensais qu'il était parti en vacances à Cuba!

Je tente d'expliquer à Brenda que je voudrais qu'elle appelle le chauffeur pour savoir pourquoi il a snobbé mon immeuble, il y a deux heures.

_"Ah mais on peut pas! Désolée Madame! Il vous faut attendre! Et si il ne passe pas, vous devrez venir le chercher! "

Bon. En toute honnêteté, je suis généralement assez calme dans ce genre de conversation. Parce que j'ai déjà travaillé là dedans et tout et tout. Mais là, j'ai juste eu envie de devenir grossière comme jamais!

Bien entendu, le livreur n'est jamais repassé. J'ai donc passé toute ma journée à contempler le soleil depuis mon balcon, attendant un heureux dénouement à cette situation épineuse, pour rien. Et le site de DHL est à Dorval, parce que ce serait pas drôle de le mettre en ville!

Bilan: DHL, je vous exècre! Lorsqu'on se présente comme une agence de livraison, on s'assure que le personnel connaisse la définition du terme "livrer"!

Hommage à Zozo!

Je le claironne souvent: j'ai le plus beau chien du monde. En toute objectivité, bien entendu.

Ma conclusion repose sur un échantillon conséquent de canidés à travers la planète et le résultat est indéniable: Bounty est clairement la 8e Merveille du Monde, la crème de la crème en matière d'animal de compagnie quadrupède. Bon, quelques mauvaises langues pourraient attirer votre attention sur sa forte propension à se déguiser, à la journée longue, en paillasse, au milieu du chemin, ou bien, encore, sur son enthousiasme à se faire flatter par de sinistres inconnus. Qu'à cela ne tienne: il fallait bien qu'il donne l'apparence de quelques petits ratés pour ne pas déprimer ses congénères canins. Donc, la conclusion est tirée: Bounty est parfait.

Très bien. Mais pourquoi en parler ici? Eh bien, parce que je ne l'ai pas avec moi à Montréal. Les raisons sont multiples: j'ignorais pour combien de temps je partais, j'étais terrifiée à l'idée de lui faire prendre l'avion, mon père refuse ostensiblement de le laisser venir ici car c'est lui qui en a la garde, mon propriétaire deviendrait vert, ... De fait, ici, j'ai sauvé un chat de l'euthanasie. Vous ne voyez pas le lien? Moi non plus, à vrai dire. Disons que c'est un concours de circonstances: sa propriétaire, décidée à emménager avec son amoureux, voulait s'en débarrasser et je suis contre ce genre de méthode, un brin radicale. (Surtout que je pense qu'on est toujours plus sûr de la sincérité et de la longévité d'un animal que d'une relation amoureuse... Mais ceci est un autre débat.)Bref, Zozo est entré dans ma vie depuis bientôt six mois.

Soyons honnêtes: il n'est pas vraiment beau. A vrai dire, il est même un peu cassé comme chat. Roux poussiéreux, il arbore une petite verrue au dessus de l'oeil et il ronronne à la manière d'une tourterelle enrouée. Il est attachant, malgré tout, car il n'a visiblement pas lu la définition du félin: il est plus collant que mon propre chien. Je peux passer de longues heures, immobile, à travailler sur ma thèse ou bien à lire des ouvrages pour mes cours. L'heureuse petite bête rousse sale ne bouge jamais un poil, collée contre ma cuisse, allongée sur le dos. Parfois, elle se met à ronfler, ou à gémir, tout dépendant des perceptions de chacun. J'ai presque l'impression d'avoir le modèle félin de Bounty. ^-^

Je plaisante souvent sur ses ratés: je le menace de l'oublier sur la galerie, un soir d'hiver, pour en avoir un neuf après. Mais, au fond, Zozo est tout de même une compagnie précieuse. J'ai toujours préféré me pelotonner contre mon chien quand je n'allais pas bien. J'avais l'impression que c'était le seul être qui apaisait mes troubles intérieurs. De fait, l'image que je renvoie aux personnes qui m'entourent est souvent celle d'une gamine un peu étrange, qui préfère se confier à son compagnon à quatre pattes plutôt qu'à ses amis. Je n'ai pas vraiment d'explication logique quant à ce comportement: peut-être est-ce parce que je sais que l'animal ne me jugera pas ou ne me posera pas de questions, quand je n'ai pas envie de parler. Peut-être...

En tous les cas, même si Zozo est loin, très loin même, d'être la 8e Merveille du Monde, qu'il vomit régulièrement sur mon parquet, qu'il miaule à n'en plus finir parce que je l'ai un peu oublié dehors pendant trois heures, je ne le laisserai plus partir. Je pense que je me suis attachée à cette petite bête orange... Chut! Bounty ne doit pas savoir! ^-^

12 avril 2009

Chasse à l'oeuf, d'hier à aujourd'hui.

Pâques.

Lorsque j'étais enfant, cette fête religieuse n'avait déjà que peu de résonnance chrétienne à mes oreilles: elle était, plutôt, la journée consacrée des cloches. Attention! Pas n'importe lesquelles: il s'agissait des fameuses cloches porteuses de chocolat. Généreusement, elles déversaient leurs précieuses cargaisons dans les jardins, souriant déjà à l'idée de la joie des enfants, quelques heures plus tard. Les jeunes aventuriers de Pâques se lançaient à corps perdu à la recherche des œufs multicolores et c'était à qui en trouverait le plus. En toute modestie, je dois avouer que j'étais assez douée dans cette originale chasse. ^_^

Bon, bien sûr, j'étais aussi la dernière de quatre, voire cinq enfants, sans compter mes cousins, ce qui rendait le péril, lié à la concurrence, plus grand: il n'était pas rare que je tombe dans des embuscades, destinées à me faire perdre toute ma belle récolte de chocolats. Qu'à cela ne tienne: j'étais déjà tenace à l'époque et je ne baissais pas les bras!

Bref, Pâques a laissé d'agréables souvenirs dans ma mémoire. Oui mais voilà: dans mon coin de pays, lorsqu'arrivait le temps de cette fameuse chasse aux oeufs, il ne neigeait pas! Au Québec, si. De fait, la température extérieure calme bien des ardeurs et l'aventure laisse bien souvent place à une quête intérieure, entre la cuisine et le salon. Tant pis. Les oeufs sont toujours aussi bons: ils ont peut-être un peu moins le goût de la victoire. ^_^

Cette fin de semaine, j'ai été à Sherbrooke pour fêter un anniversaire mais, également, Pâques. Pas tant la fête religieuse, qui n'évoque plus rien pour moi depuis des années, mais plutôt le rite initiatique de la chasse à l'oeuf. Curieusement, les petits chocolats n'étaient pas sauvages: ils se tenaient tous, sagement, dans leur petit bol, arborant leurs couleurs multiples comme autant d'appels au soleil, trop timide pour sortir de derrière les nuages. Sans doute le froid les a t'il empêché de se cacher dans les recoins du jardin.

Ou bien peut-être ai-je grandi, sans m'en rendre compte, insidieusement: l'oeuf sauvage est une variété réservé aux enfants. Peut être ...


10 avril 2009

Poussières du temps.

Le soleil est revenu à Montréal: il s'est souvenu que nous avions aussi besoin de sa présence et que ce n'était pas tout de prendre des vacances. Aimablement, il nous tend ses rayons pour que tout un chacun sente, insidieusement, se glisser une petite pointe de bonheur dans son coeur et un sourire sur ses lèvres. Le printemps est là: avec lui, tout paraît un peu plus léger, un brin plus beau, un tantinet plus heureux.

Mercredi soir, j'ai assisté à mon dernier cours de Kung Fu. Enfin, pour deux semaines: la session reprend à la fin du mois d'avril. Après la séance, nous avons tous été prendre un verre à l'Île Noire, un sympathique pub sur la rue Ontario. Je m'étais dit que je ne boirai pas: du fait de la soirée du volley Ball la veille, mon foie était en grève.

Bon.

Ne tournons pas autour du pot: j'ai tout de même pris une pinte de blanche. Une fois de plus, mon étonnante capacité à tenir l'alcool a frappé: je vais finir par croire que je suis génétiquement faite pour être capitaine de soirée. Vous me direz, il y a pire comme intolérance: imaginons que ce soit le sucre!!! Je serai pas mal plus embêtée de devoir éliminer 95% de mon alimentation. ^_^

Mais je m'égare, une fois encore. Mercredi soir a été une excellente soirée. Parce que nous étions tous ensemble, ce qui n'était pas arrivé depuis décembre, mais aussi parce que, le temps d'une soirée, j'ai cessé de gamberger. Un peu comme quand je converse avec mon Yankee préféré! ;)

Dès les premiers instants, la soirée s'annonçait réussie: j'ai pu discuter avec les deux personnes que j'évoquais dans mon billet Maladresse de corps et d'esprit de façon naturelle et classique. J'ignore ce qui a débloqué ma trop grande nervosité à leur endroit mais je suis vraiment heureuse de ne plus avoir cette gêne désagréable, qui me pesait et me perturbait. (J'ai gardé en réserve l'anecdote des cousines, jouant dans un champ, et plongeant dans une fosse à Purin, car on ne sait jamais: ça meuble bien les blancs, ce genre de petite histoire! ;) ) .

La suite et la fin de la soirée n'ont rien à envier à ses premières heures. Quelques instants de bonheur et de magie dans un monde à part: j'aime ces moments où le temps s'arrête, où tout devient futile, où plus rien ne compte autour de nous. Parfois, j'ai l'impression d'être un courant d'air: je ne suis pas capable de rester trop longtemps au même endroit. J'ai une peur viscérale de la stabilité. Pourtant, durant ces quelques minutes où le temps n'est plus compté, je n'ai plus envie de fuir et je ne crains plus rien. Je suis calme et heureuse. C'est tout. Et c'est, de loin, un précieux trésor que j'ai eu, mercredi soir. Merci. Merci à tous. Merci à toi, surtout, qui a soufflé un peu de rêve sur mes peurs. Itte Rashai. ^_^

Durant les deux prochaines semaines, je vais devoir être autonome en matière de Kung Fu. Organisée comme je suis, on peut s'attendre à des manques, surtout que je voudrais avancer dans mes recherches. Qu'à cela ne tienne! Je tenterai malgré tout de ne pas perdre toute la progression que j'ai pu avoir grâce à l'aide inestimable de mes amis et de Fujiao.

Le soleil est haut dans le ciel. Ce matin, j'ai des papillons d'un soir d'été dans le ventre...

8 avril 2009

Terre en sursis.

Une fois n'est pas coutume: je vais faire un double post.

En fait, la faute en incombe à Jerem et Céline, qui tiennent un très bon blog, Paris/Bali, que vous pouvez consulter ici. L'un de leurs articles m'a beaucoup touché car il aborde une question qui me perturbe souvent: l'inconscience de notre espèce face aux dégâts, tant humains qu'écologiques, qu'elle provoque. Plus précisèment, leur billet, que je vous invite grandement à lire ici, a pour point de départ une vidéo d'une petite fille Canadienne de 12ans, Melle Severn Suzuki, qui a tenu un discours politiquement incorrect, au nom de l'ECO (Organisation des enfants pour l'environnement), lors du sommet de Rio en 1992.

Melle Severn apparaît comme une enfant très lucide et très alerte sur le monde qui l'entoure. Comme Paris/Bali le montre, elle a eu le milieu favorable à cet éveil de conscience, mais elle a eu le cran de le jeter à la face des quelques décisionnaires, si forts en paroles. Elle a du charisme, de la prestance, et elle exprime sa colère envers ces "grands" qui pensent tout savoir mais qui sont aussi ignorants que des enfants. Aujourd'hui, âgée de 29ans, elle continue son combat.

Il est rassurant de voir que certaines personnes sont décidées à faire bouger le vieux monstre politique qui végéte sur ses lauriers depuis tant de siècles. En revanche, je trouve effrayant que ce doit être une enfant qui secoue la bête pour en faire tomber la poussière. A son âge, j'étais une enfant sombre et pessimiste quant à l'humanité. Pourtant, j'ai passé plus de temps à explorer les bois, à fabriquer des arcs ou à écrire des poêmes noirs qu'à vraiment réfléchir à ce que je pourrai faire pour que tout ne foute pas le camp par petits bouts. Pour qu'une enfant ait une telle conscience du monde, pour que le petit garçon pauvre dont elle parle ait un regard si lucide sur sa situation, c'est que nous, les adultes, nous avons raté notre mission. Nous les avons obligés à grandir trop vite. Nous les avons mis de côté, en pensant qu'ils ne savaient rien puisque ce ne sont que des enfants, et nous leur donnons des leçons de vie... Que nous ne respectons d'ailleurs plus une fois adultes.

Eh bien non. Nous avions tort. La petite nous dépasse tous et nous prouve que nous sommes les vrais enfants.

"Soyons ce que nous faisons et non ce que nous disons".

Elle a raison. S'il reste encore quelque chose à sauver, ce n'est pas la bourse qui nous l'apportera! Tentons de grandir à notre tour. Il est plus que temps...

Une précieuse victoire au Volley Ball.

Une matinée, pigmentée de flocons diamantés, m'accueille ce matin. L'esprit encore embrumé par les vapeurs d'alcool de la veille, je m'efforce d'avaler mon petit déjeuner en ignorant les récriminations de mon estomac.

Hier soir, nous avons joué les demi-finales de la session de volley ball à l'UQAM. Nous avons perdu. A vrai dire, nous n'avons même pas été très menaçants pour l'équipe adverse. Tant pis. Ce sera pour l'automne. Nous avons tout de même remporté de superbes sacs, made in china, pour notre esprit sportif! ^-^

Je suis heureuse d'avoir pu jouer au volley ball durant ces quelques mois. Je n'avais pas touché un ballon depuis mes 18ans, c'est dire si ça remonte à longtemps! ^-^ Notre équipe, composée de talents hétéroclithes, était tout de même unie: nous nous entendions bien et nous avons fait montre d'une grande assiduité tout au long de la session. Il est toujours agréable de rencontrer et de côtoyer d'agréables personnes et j'ai eu cette chance, une fois de plus. Elles ont été d'une patience d'ange à mon endroit car elles avaient, presque toutes, des compétences bien supérieures aux miennes! Elles m'ont guidée, accompagnée, encouragée sans jamais me faire de reproche. Des êtres comme on en voit peu. ^-^

Après les matchs, nous sommes allés prendre un verre avec les autres équipes. Bien sûr, avec ma piêtre capacité à supporter l'alcool, je n'avais pas fini ma première pinte que je commençais à débiter des bêtises. Je n'ai pourtant renversé aucun verre, ni même trébuché sur les marches du bar: je m'améliore! ^-^ Avec mon amie Clo, nous avons remporté une partie de billard contre deux de nos amis et coéquipiers.

Enfin... J'ecris "nous" mais, en vérité, elle n'a pas eu besoin de moi pour les vaincre. J'ai surtout permis d'étirer la partie un peu plus longtemps! ^-^ C'est fou à quel point je peux être touche à tout mais moyenne, voire mauvaise, partout! Ce n'est pas si grave, me direz-vous: ça ne me laisse que plus de chance de progresser!

Vers une heure du matin, Clo et moi avons quitté nos compagnons de volley ball, non sans avoir pris rendez-vous pour la semaine prochaine. Même si les séances sont terminées, il serait dommage de se quitter ainsi, n'est ce pas? Alors nous irons jouer en autonome, au centre sportif! Et puis, ainsi, nous serons plus forts cet automne! ^-^

Au final, la soirée était très agréable. Et puis rencontrer toutes ces personnes sympathiques et agréables vaut toutes les victoires du monde! ^-^

Vais prendre mon nouveau sac aujourd'hui, tiens...

7 avril 2009

Pluie importune.

"On risque autant à croire trop qu'à croire trop peu!", disait Diderot.

Certes. Il a indéniablement raison.

Les premiers rayons du soleil, le chant des oiseaux dans les arbres bourgeonnant, les premières terrasses: tout était pourtant réuni pour me laisser croire que le printemps était bel et bien parmi nous. Avec mon vélo, je retrouvai le bonheur de l'indépendance, loin des bus trop en avance ou qui ne passent simplement pas, indifférente à la chaleur étouffante des métros bondés aux heures de pointe.

Douce illusion: hier, je suis revenue sous une pluie fine, qui mouille pernicieusement, sans en avoir l'air. Mais ce n'était rien comparé à ce matin: de la neige fondue un sept avril, il y a de quoi déprimer! Le pire, c'est que la mère Soleil ne s'arrête pas là: elle enfonce le clou en annonçant que, demain, le manteau blanc de l'hiver recouvrira une fois de plus les trottoirs. J'ai beau trouvé les flocons et la poussière diamantée magnifiques en décembre, voire en février, il n'empêche que, rendue en avril, j'ai plutôt envie de donner un coup de pied dans le thermomètre et de m'enfuir dans un quelconque pays tropical, où les moustiques peuvent vivre plus de trois mois par année sans attraper une fluxion de poitrine! (Est-ce qu'ils ont une poitrine d'ailleurs?)

Bref, tant pis! Je suis orgueilleuse et je me plais à croire que pédaler attirera le soleil! Je vais donc braver les intempéries pour me rendre là où mon destin m'attend.

"Que dîtes-vous? C'est inutile? Je le sais. Mais on ne se bat pas dans l'espoir du succès! Non! Non! C'est bien plus beau lorsque c'est inutile!"(Cyrano de Bergerac, E. Rostand)

4 avril 2009

Mirage de la procrastination étudiante.

Lorsque l'on fait des études longues, il arrive parfois que nous traversions des phases de découragement. La plupart du temps, je me sors de ces passes désagréables en cherchant un avenir possible après l'obtention de mon diplôme: je regarde les emplois qu'il me plairait d'exercer, je postule dans le secret espoir d'avoir un retour, et j'ai ainsi l'impression de trouver une raison à ces longues années d'université.

Parce que, disons le, pour la plupart des personnes qui m'entourent et qui sont, depuis longtemps, dans la vie active, ma situation semble enviable: après tout, je suis étudiante et, tout le monde le sait, je ne fous rien. Je me contente de festoyer nuit et jour, en attendant que mon diplôme me tombe, pré-emballé, dans les mains. J'exagère peut-être un peu mais avouez que cela correspond souvent à l'image de l'"étudiant". Malheureusement pour moi, ce n'est pas vrai. En fait, si la perspective d'un emploi me rassure tant dans mes moments de déprime, c'est que j'y vois de nombreux avantages en comparaison à ma situation actuelle. Je m'explique:

Aujourd'hui, je tente de terminer un doctorat en Histoire autochtone. Magnifique. C'est vraiment beau à lire.

Mais ce n'est pas simple: je n'ai pas d'horaires de travail, je n'ai pas d'autres objectifs à atteindre que celui de l'achever. Cette situation implique que je n'arrête jamais de travailler sur mes recherches: à chaque heure du jour ou de la nuit, j'y pense et je culpabilise de ne pas avancer plus vite ou bien de ne pas être en train de dépouiller telle ou telle archive plutôt que de prendre un verre avec des amis. Je n'ai jamais de vacances non plus: il m'est impossible de me dire que durant deux semaines, je ne penserai pas à comment construire le plan de ma recherche ou à l'angle sous lequel je vais examiner mon sujet. De la même manière, je n'ai pas lu un seul ouvrage, ou presque, ne concernant pas ma thèse depuis son commencement. (Excepté Cyrano de Bergerac, mais il s'agit de mon ouvrage-détente que j'ai déjà lu une bonne trentaine de fois...^_^).

Bien sûr, vu de l'extérieur, cela ne semble pas si terrible. Mais trois, quatre, parfois cinq ans de vie arrêtée, dans l'espoir d'obtenir un diplôme, c'est long. Alors, lorsque mes proches ironisent sur le fait que je ne travaille pas, je l'ai parfois mauvaise. Je comprends leur impression car, au fond, je suis autonome et je gère mon emploi du temps. Mais il y a beaucoup de mauvais côtés également et il ne faut pas occulter le revers de la médaille. Il n'y a pas de situation idéale: rien n'est tout blanc ou tout noir.

Aujourd'hui, j'ai encore passé une heure à postuler à des jobs que je trouve trippantes. Je sais, au fond de moi, que je n'aurais sûrement pas de retour. Mais j'ai besoin de ces instants où je me projette vers un avenir où mes rêves auront leur place. Parce que je suis angoissée à l'idée de ne jamais arriver au bout, j'ai ainsi l'impression de ne pas faire tout ça pour rien. Je m'illusionne volontairement pour ne pas me laisser dépasser par la vie. L'autonomie est souvent synonyme de liberté mais elle implique aussi une absence totale de sécurité et, lorsqu'on est étudiant, d'indépendance.

Mon objectif est de terminer en décembre. Il paraît que c'est impossible. Peu importe: je veux y croire. Avec de la volonté, tout devient possible, n'est ce pas? ^_^

1 avril 2009

Déception de masse.

Dernier match au Centre Bell cette saison pour mes amis et moi.

J'avais acheté des billets pour assister à la rencontre opposant les Canadiens de Montréal aux Black Hawks de Chicago. Parce que Cristobal Huet gardait désormais les buts de cette équipe américaine et que, somme toute, je l'aime bien ce garçon. Je ne le connais pas personnellement, bien sûr, mais il m'est sympathique avec son air ingénu et timide. Et puis je suis farouchement contre les comportements girouettes de 95% des fans de sport, capables de passer de l'adoration indécente au lynchage en règle en moins de temps qu'il n'en faut au soleil pour achever sa révolution. Carrey Price en a d'ailleurs fait les frais cette année: de Dieu en puissance,"Le nouveau Patrick Roy" (personnage qui demeure, au reste, brutal et arrogant, mais qui savait merveilleusement attraper la puck lorsqu'il le devait!) de l'an dernier est passé au stade de sombre passoire en début de saison, avant de retrouver, hier soir, son statut de jeune Hercule! Bref, parce que je me rappelais des nombreux services rendus par Huet alors qu'il gardait les buts du Canadien de 2005 à 2008 et parce que je le trouvais aimable, je voulais le voir jouer contre ses anciens coéquipiers afin de faire taire les mauvaises langues à son endroit.

La soirée a commencé avec une petite déception: mes amis et moi étions encore dans les couloirs lorsque la voix de stantor de Michel Lacroix résonna dans l'aréna du centre Bell:

-"Mesdames et Messieurs, vos Caaaaaaannnnnaaaaaaaadddddddiiiiieeeeeeeennnss!!!"

Tant pis. Nous sommes tout de même au Centre Bell: c'est quelque chose pareil!

Nous sommes assis juste derrière le filet des Black Hawks, gardés par Cristobàl Huet. Il patine nerveusement devant sa cage. Sa tension est palpable: c'est la première fois, depuis son échange à Chicago, qu'il affronte son ancienne équipe. Mieux encore: il a, en face de lui, son ancien élève, celui à qui il a tout appris, j'ai nommé Carrey Price. Il sait que tous les regards des supporters du Centre Bell vont s'attacher à la moindre de ses erreurs afin de justifier son échange, un an plus tôt, aux Capitals de Washington. La transaction a laissé un goût amer d'imparfait dans la bouche de plus d'un, et ce d'autant que Carrey Price, trop jeune pour supporter la pression, s'était écroulé durant les séries de la saison précédente. Je supporte le Canadien mais, ce soir, j'aimerais donner toute mon énergie à Huet car sa place est loin d'être enviable.

Très vite, elle est devenue intenable: du fait d'une erreur de ses défenseurs et du talent de Kovalev, Cristobàl est déjoué dès la 25e seconde du match. Tout est joué: peu importe qu'il ait bloqué 29 tirs, par la suite, qu'il ne soit pas responsable des trois autres buts, et que Price ait été moins sollicité. La foule est rassurée et peut s'adonner à cœur joie aux huées et aux quolibets. Des cris qui grondaient dans le Centre Bell comme le souffle d'un monstre assoiffé de ridicule et de moquerie: la méchanceté aux lèvres, l'ingratitude dans les visages et l'absence totale de raison animaient la masse, qui inondait celui qui l'avait sauvée, deux ans plus tôt, de son mépris.

Voir un match au Centre Bell est merveilleux. Vraiment. C'est à voir. Mais hier soir, j'ai eu mal. J'ai véritablement souffert d'assister à une telle bassesse d'un public réputé pour son enthousiasme et son attitude. J'ai été déçue.

Paradoxalement, les critiques sur RDS étaient moins cinglantes que celles de la foule à l'endroit de Huet. Pour une fois, les journalistes, pourtant si prompts au jugement hâtifs et versatiles, ont tenté un examen objectif du match. Pas la foule. ça donne à réfléchir, non?