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4 mars 2010

La vie est Bell sans Vidéotron!

Notez que, les premiers temps, j'étais enthousiaste! Que dis-je "enthousiaste"? Je frisais l'euphorie. Oui, exactement: se désabonner de Vidéotron pour passer à la concurrence a quelque-chose de profondément euphorisant. Il faut préciser que, ici, si nous voulons Internet, téléphone et câble, on est rarement dépassé par le choix de fournisseurs. La première option s'appelle Vidéotron, avec un service à la clientèle proche du néant et des factures qui ne correspondent absolument jamais avec le montant souscrit initialement. Son principal avantage réside dans l'usage du câble car oui, ici, tout le monde préfère le câble au bon vieux ADSL. Il est vrai que cela permet à Mr Québécor de faire gras régulièrement grâce aux surplus qu'il nous charge en cas d'abus de bande passante.

Le second choix qui pourrait éventuellement nous venir à l'esprit, c'est Bell. "La vie est Bell", qu'ils disent... Si leurs publicités sont parfois amusantes, il faut le reconnaître, c'est bien là leur seul avantage. Outre les défauts reprochés au premier, il nous faut aussi, si nous optons pour ce dernier fournisseur, nous affubler d'une magnifique coupole digne de la Nasa. Bien évidemment, les propriétaires acceptant de transformer leur immeuble en tour de transmission ne sont pas légion et les limites d'une antenne extérieure nous apparaissent rapidement lors de la première tempête de neige. Pour le reste, c'est bien simple, il n'y a rien, ou presque. Tous les autres fournisseurs se greffent au filage de Bell ou de Vidéotron, avec tous les charmes que la concurrence entre les deux nous procurent. Parce que bon, il serait légitime de penser que la volonté d'être plus compétitif que son adversaire jouerait sur les prix mais curieusement, pour cette question, il demeure une certaine cohésion dans le domaine: nous avons le choix entre cher et "ça me coûte un bras" ou une "blinde", tout dépendant de qui parle. La seule réalisation de cette concurrence entre ces deux géants de l'Internet à Montréal est que, selon si l'on installe l'un ou l'autre, leurs techniciens s'entêtent à couper les fils de l'autre afin que, si tu décides de retourner ta veste, tu payes un petit 100 dollars de raccordement. Charmant. 

-"Mais l'ADSL n'existe pas?"

Mais si, mais si! Quelques minuscules entreprises ont émergé ces dernières années afin de valoriser ces connexions. Elles s'appuient à 98% sur le filage de Bell, donc raccordement hors de prix lorsque l'on vient de Vidéotron, et quelques marginales sur les installations de Vidéotron. Lorsque Jules et moi avons décidé de couper le cordon ombilical qui nous reliait à ces derniers, nous avons opté pour le 2% qui ne nous obligeait pas à manger des patates le reste du mois parce que Chose avait coupé trois fils dans une boîte: nous avons rejoint la grande famille de Vif Internet. A priori, tout était parfait, mise à part une petite erreur de communication (j'ai ainsi appris que"un technicien viendra chez vous" signifie "j'espère que vous saurez brancher votre modem toute seule"), le transfert d'un fournisseur extorqueur de fonds à un autre, un peu moins gourmand,  semblait s'être fait dans la joie et le bonheur les plus stricts. Bon, bien-sûr, il fallait que le modem fourni soit défectueux et que nous allions le faire remplacer à leurs bureaux (comprendre: un condo au 3e étage d'un immeuble à logements qui a des allures d'atelier clandestin), mais que voulez-vous? Il n'y a pas de gloire sans péril! ^-^ Les semaines ont passé et, si je suis toujours heureuse d'avoir abandonné aux deux tiers (car non, pour la télévision par câble, il n'y a pas de concurrence) le Trou Noir de l'Internet et de son service à la clientèle, je ne peux que me rendre à l'évidence: leur filage demeure leur filage. La connexion saute en moyenne trois à quatre fois par jour et, généralement, au moment le plus inopportun. Sommes-nous tomber de Charybde en Scylla? Je n'en jurerais pas. L'avantage de commencer par une tranche de pain sec, c'est que, par la suite, même une tranche de brioche rance a des goûts de festin! ^-^

31 août 2009

Le Centre Bell des Jonas Brothers.

-"Samedi soir, un spectacle du Centre Bell a fait la joie des 10-15ans! "

Clamait l'animateur de radio, ce matin, à 7h20.

Certes. Je dois reconnaître que je devais être parmi les plus âgées à siéger dans l'enceinte de cette immense aréna, alors même que la saison de hockey n'a pas repris. A ma décharge, je n'y allais pas en connaissance de cause: j'avais vaguement écouté une chanson de ces trois enfants-stars, deux jours avant, avec Nico. Le son nous avait quelque peu laissé dubitatif mais ma nièce était aux anges à l'idée d'assister à ce spectacle et elle ne pouvait pas sérieusement s'y rendre seule! J'ai donc fait partie, je l'avoue, des 21 000 spectateurs qui remplissaient les gradins! Une rencontre Canadiens-Capitals n'aurait pas fait mieux!

Que dire de la performance de ces fameux Jonas Brothers? Réglons la question tout de suite: ce n'est pas vraiment mon style de musique donc je ne m'épancherai pas sur la qualité de leur message ou de leur style de chansons. Tous les goûts sont dans la nature, laissons donc à ceux qui aiment leur droit! ^-^ En revanche, je vais aborder le déroulement du spectacle. Disons-le: ils ont voulu jouer les grands mais en restant des jeunes! En clair, ils n'ont quasiment pas parlé au public du spectacle, sans doute un peu mal à l'aise face à un public qui était supposé être majoritairement francophone. Cela dit, au regard de la plupart des spectateurs croisés dans les couloirs, je ne jurerais pas que c'était réellement le cas... Bref, ils ont tenté deux ou trois interventions avant de se contenter d'enchaîner les chansons les unes après les autres. Au début du spectacle, ma nièce s'était tournée vers moi, les yeux plein d'espoir:

-"Tu me traduiras ce qu'ils disent entre les chansons?"

Ah! La magie de l'enfance: il n'y a que cette enfant pour croire que je peux tout comprendre de la langue de Lucky Luke! Fort heureusement, ils ne m'ont pas trop donné de fil à retordre. Des phrases comme "We Love you, Montréal" ou "Everybody jump" ne sont pas ce qu'il y a de plus compliqué à traduire! Ceci étant, le spectacle était haut en couleurs: les trois frères ont misé sur l'énergie et ils ont donc sauté partout, insufflant au public une vigueur surprenante pour des personnes assises! Au fur et à mesure que le concert avançait, les personnes se levaient de leur siège pour se trémousser au son des chansons. Il y eut quelques passages se voulant spéciaux, avec des morceaux de scène qui se soulevaient de terre, montant vers les hauteurs du public, ou encore deux des frères projetant de la mousse sur des spectateurs en liesse! Il y avait des cris hystériques deci-delà, avec des animateurs de joie qui passaient en indiquant aux personnes alentour:

-"Lorsque je vais repasser, vous ferez une vague de cris stridents!"

... Oui, c'est un peu étrange...

Il n'en reste pas moins que le spectacle était des plus amusants à regarder. J'ai dû, certes, surmonter ma peur de la foule, car elle était par trop présente dans l'enceinte du Centre Bell, et j'ai eu du mal à retenir un sourire lorsque le chanteur principal du groupe s'est promené sur la scène avec le drapeau rouge et blanc du Canada...J'ai alors songé qu'il fallait être une star Internationale pour arborer aussi fièrement l'insigne du fédéralisme à Montréal! ^-^

Somme toute, voir le bonheur dans les yeux de ma nièce, sentir sa joie transparaître aussi clairement, valait tous les concerts du monde. Donner un peu de rêve est la fonction première des artistes et il semblerait que les trois jeunes Américains aient rempli ce rôle, au moins, s'il n'en fallait qu'une, pour une petite fille, directement arrivée de France pour eux! ^-^

1 avril 2009

Déception de masse.

Dernier match au Centre Bell cette saison pour mes amis et moi.

J'avais acheté des billets pour assister à la rencontre opposant les Canadiens de Montréal aux Black Hawks de Chicago. Parce que Cristobal Huet gardait désormais les buts de cette équipe américaine et que, somme toute, je l'aime bien ce garçon. Je ne le connais pas personnellement, bien sûr, mais il m'est sympathique avec son air ingénu et timide. Et puis je suis farouchement contre les comportements girouettes de 95% des fans de sport, capables de passer de l'adoration indécente au lynchage en règle en moins de temps qu'il n'en faut au soleil pour achever sa révolution. Carrey Price en a d'ailleurs fait les frais cette année: de Dieu en puissance,"Le nouveau Patrick Roy" (personnage qui demeure, au reste, brutal et arrogant, mais qui savait merveilleusement attraper la puck lorsqu'il le devait!) de l'an dernier est passé au stade de sombre passoire en début de saison, avant de retrouver, hier soir, son statut de jeune Hercule! Bref, parce que je me rappelais des nombreux services rendus par Huet alors qu'il gardait les buts du Canadien de 2005 à 2008 et parce que je le trouvais aimable, je voulais le voir jouer contre ses anciens coéquipiers afin de faire taire les mauvaises langues à son endroit.

La soirée a commencé avec une petite déception: mes amis et moi étions encore dans les couloirs lorsque la voix de stantor de Michel Lacroix résonna dans l'aréna du centre Bell:

-"Mesdames et Messieurs, vos Caaaaaaannnnnaaaaaaaadddddddiiiiieeeeeeeennnss!!!"

Tant pis. Nous sommes tout de même au Centre Bell: c'est quelque chose pareil!

Nous sommes assis juste derrière le filet des Black Hawks, gardés par Cristobàl Huet. Il patine nerveusement devant sa cage. Sa tension est palpable: c'est la première fois, depuis son échange à Chicago, qu'il affronte son ancienne équipe. Mieux encore: il a, en face de lui, son ancien élève, celui à qui il a tout appris, j'ai nommé Carrey Price. Il sait que tous les regards des supporters du Centre Bell vont s'attacher à la moindre de ses erreurs afin de justifier son échange, un an plus tôt, aux Capitals de Washington. La transaction a laissé un goût amer d'imparfait dans la bouche de plus d'un, et ce d'autant que Carrey Price, trop jeune pour supporter la pression, s'était écroulé durant les séries de la saison précédente. Je supporte le Canadien mais, ce soir, j'aimerais donner toute mon énergie à Huet car sa place est loin d'être enviable.

Très vite, elle est devenue intenable: du fait d'une erreur de ses défenseurs et du talent de Kovalev, Cristobàl est déjoué dès la 25e seconde du match. Tout est joué: peu importe qu'il ait bloqué 29 tirs, par la suite, qu'il ne soit pas responsable des trois autres buts, et que Price ait été moins sollicité. La foule est rassurée et peut s'adonner à cœur joie aux huées et aux quolibets. Des cris qui grondaient dans le Centre Bell comme le souffle d'un monstre assoiffé de ridicule et de moquerie: la méchanceté aux lèvres, l'ingratitude dans les visages et l'absence totale de raison animaient la masse, qui inondait celui qui l'avait sauvée, deux ans plus tôt, de son mépris.

Voir un match au Centre Bell est merveilleux. Vraiment. C'est à voir. Mais hier soir, j'ai eu mal. J'ai véritablement souffert d'assister à une telle bassesse d'un public réputé pour son enthousiasme et son attitude. J'ai été déçue.

Paradoxalement, les critiques sur RDS étaient moins cinglantes que celles de la foule à l'endroit de Huet. Pour une fois, les journalistes, pourtant si prompts au jugement hâtifs et versatiles, ont tenté un examen objectif du match. Pas la foule. ça donne à réfléchir, non?

11 mars 2009

Hockey au Centre Bell.

La toute première fois que j'ai regardé du hockey, c'était il y a cinq ans: la finale de la coupe Stanley qui opposait Calgary à Tampa Bay. Montréal n'avait même pas fait les séries (comprendre: les phases finales) et, de toute façon, je vivais, à l'époque, à Sherbrooke, à cent mille lieues de toute l'effervescence liée aux fameux Canadiens. Aussi, lorsque je suis revenue à Montréal, en janvier 2008, j'ai commencé à regarder les matchs sans grande motivation: parce que c'était le sport national, parce que ma sœur était fan, parce que, depuis deux ans que nous recevions toute sorte de cadeaux avec le logo de l'équipe dessus, il était temps de savoir qui elle était vraiment.

Surprise. Ils jouent vraiment bien, les matchs sont enlevant, l'intensité des joueurs est palpable, la foule est en liesse: j'adhère entièrement au fan club des Canadiens de Montréal. A vrai dire, tous les joueurs sur la glace s'investissent tellement que j'ai mal au cœur dès qu'un gardien est déjoué. (Oui, je suis un peu trop sensible... ^_^) J'aime surtout leur gardien: Cristobal Huet. Il est français, certes, mais c'est moins sa nationalité que l'image qu'il renvoie qui me le rend sympathique. Il est secondé dans son travail par un jeune prodige: Carrey Price. Les commentateurs l'encensent à n'en plus finir tandis qu'ils détruisent Huet.

Je n'aime pas les Dieux. Je n'ai jamais aimé les idôlatres car ils faussent les perceptions: nul n'est parfait, aussi talentueux soit-il. Mais il faut en convenir, à la fin de la saison régulière de l'an dernier, les résultats de Huet déclinent tandis que Price accomplit des miracles: Cristobal finit par être échangé aux Capitals. L'effet de surprise est grand et la décision discutable à bien des égards: un échange, au hockey, signifie que tu prends tes cliques et tes claques dans la journée et tu vas jouer dans l'équipe qui t'a acquis dès le lendemain. Un brin brutal, selon moi, mais qui s'avère à chaque fois. Huet parti, Price tient la barre un moment mais il s'écroule lors des phases finales. Trop jeune? Peut être. Mais l'équipe laisse tout de même une excellente impression: elle a le potentiel pour gagner la coupe Stanley la saison suivante. C'est à dire cette année.

Mauvaise surprise lors de cette saison: le Canadien de Montréal est inconstant. Un jour, ils gagnent à presque rien, le lendemain, ils s'écroulent majestueusement. Cahin cahan, ils parviennent à se maintenir dans le classement mais ils ne donnent aucune illusion sur leurs chances de remporter la coupe. L'entraîneur a été renvoyé ce lundi et remplacé par le directeur de l'équipe lui même. C'est ainsi dans ce monde du hockey: tu es, ni plus ni moins, un pion et ta carrière peut s'arrêter du jour au lendemain. Un peu angoissant tout de même...

Toujours est-il que hier soir, j'ai eu la chance d'aller assister à un match de ce nouveau Canadien de Montréal au Centre Bell, patinoire officielle de l'île. Eh bien j'en étais toute émue. L'immensité du stade, la mascotte Youppi qui danse au dessous de nous, mais surtout la vue des joueurs qui se déplacent avec aisance sur la glace à quelques mètres à peine, m'ont rendue toute chose. Pour la première fois depuis longtemps cette saison, je suis vraiment rentrée dans la partie. Non pas qu'ils jouaient mieux que les dix dernières fois, mais à cause de l'atmosphère du lieu, de la magie de la place, de la proximité de la patinoire... Je ne rentrerai pas dans les détails du match: ici, tout le monde sait plus ou moins comment ça fonctionne et puis, pour les curieux, vous pouvez toujours lire cet article de Pari/Bali : Finale de la coupe de France de Hockey, vue par une néophyte qui est très bon!

Une chose est sûre: les matchs du Canadien au Centre Bell n'ont pas volé leur réputation! Go Habs Go! ^_^