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1 avril 2009

Déception de masse.

Dernier match au Centre Bell cette saison pour mes amis et moi.

J'avais acheté des billets pour assister à la rencontre opposant les Canadiens de Montréal aux Black Hawks de Chicago. Parce que Cristobal Huet gardait désormais les buts de cette équipe américaine et que, somme toute, je l'aime bien ce garçon. Je ne le connais pas personnellement, bien sûr, mais il m'est sympathique avec son air ingénu et timide. Et puis je suis farouchement contre les comportements girouettes de 95% des fans de sport, capables de passer de l'adoration indécente au lynchage en règle en moins de temps qu'il n'en faut au soleil pour achever sa révolution. Carrey Price en a d'ailleurs fait les frais cette année: de Dieu en puissance,"Le nouveau Patrick Roy" (personnage qui demeure, au reste, brutal et arrogant, mais qui savait merveilleusement attraper la puck lorsqu'il le devait!) de l'an dernier est passé au stade de sombre passoire en début de saison, avant de retrouver, hier soir, son statut de jeune Hercule! Bref, parce que je me rappelais des nombreux services rendus par Huet alors qu'il gardait les buts du Canadien de 2005 à 2008 et parce que je le trouvais aimable, je voulais le voir jouer contre ses anciens coéquipiers afin de faire taire les mauvaises langues à son endroit.

La soirée a commencé avec une petite déception: mes amis et moi étions encore dans les couloirs lorsque la voix de stantor de Michel Lacroix résonna dans l'aréna du centre Bell:

-"Mesdames et Messieurs, vos Caaaaaaannnnnaaaaaaaadddddddiiiiieeeeeeeennnss!!!"

Tant pis. Nous sommes tout de même au Centre Bell: c'est quelque chose pareil!

Nous sommes assis juste derrière le filet des Black Hawks, gardés par Cristobàl Huet. Il patine nerveusement devant sa cage. Sa tension est palpable: c'est la première fois, depuis son échange à Chicago, qu'il affronte son ancienne équipe. Mieux encore: il a, en face de lui, son ancien élève, celui à qui il a tout appris, j'ai nommé Carrey Price. Il sait que tous les regards des supporters du Centre Bell vont s'attacher à la moindre de ses erreurs afin de justifier son échange, un an plus tôt, aux Capitals de Washington. La transaction a laissé un goût amer d'imparfait dans la bouche de plus d'un, et ce d'autant que Carrey Price, trop jeune pour supporter la pression, s'était écroulé durant les séries de la saison précédente. Je supporte le Canadien mais, ce soir, j'aimerais donner toute mon énergie à Huet car sa place est loin d'être enviable.

Très vite, elle est devenue intenable: du fait d'une erreur de ses défenseurs et du talent de Kovalev, Cristobàl est déjoué dès la 25e seconde du match. Tout est joué: peu importe qu'il ait bloqué 29 tirs, par la suite, qu'il ne soit pas responsable des trois autres buts, et que Price ait été moins sollicité. La foule est rassurée et peut s'adonner à cœur joie aux huées et aux quolibets. Des cris qui grondaient dans le Centre Bell comme le souffle d'un monstre assoiffé de ridicule et de moquerie: la méchanceté aux lèvres, l'ingratitude dans les visages et l'absence totale de raison animaient la masse, qui inondait celui qui l'avait sauvée, deux ans plus tôt, de son mépris.

Voir un match au Centre Bell est merveilleux. Vraiment. C'est à voir. Mais hier soir, j'ai eu mal. J'ai véritablement souffert d'assister à une telle bassesse d'un public réputé pour son enthousiasme et son attitude. J'ai été déçue.

Paradoxalement, les critiques sur RDS étaient moins cinglantes que celles de la foule à l'endroit de Huet. Pour une fois, les journalistes, pourtant si prompts au jugement hâtifs et versatiles, ont tenté un examen objectif du match. Pas la foule. ça donne à réfléchir, non?

11 mars 2009

Hockey au Centre Bell.

La toute première fois que j'ai regardé du hockey, c'était il y a cinq ans: la finale de la coupe Stanley qui opposait Calgary à Tampa Bay. Montréal n'avait même pas fait les séries (comprendre: les phases finales) et, de toute façon, je vivais, à l'époque, à Sherbrooke, à cent mille lieues de toute l'effervescence liée aux fameux Canadiens. Aussi, lorsque je suis revenue à Montréal, en janvier 2008, j'ai commencé à regarder les matchs sans grande motivation: parce que c'était le sport national, parce que ma sœur était fan, parce que, depuis deux ans que nous recevions toute sorte de cadeaux avec le logo de l'équipe dessus, il était temps de savoir qui elle était vraiment.

Surprise. Ils jouent vraiment bien, les matchs sont enlevant, l'intensité des joueurs est palpable, la foule est en liesse: j'adhère entièrement au fan club des Canadiens de Montréal. A vrai dire, tous les joueurs sur la glace s'investissent tellement que j'ai mal au cœur dès qu'un gardien est déjoué. (Oui, je suis un peu trop sensible... ^_^) J'aime surtout leur gardien: Cristobal Huet. Il est français, certes, mais c'est moins sa nationalité que l'image qu'il renvoie qui me le rend sympathique. Il est secondé dans son travail par un jeune prodige: Carrey Price. Les commentateurs l'encensent à n'en plus finir tandis qu'ils détruisent Huet.

Je n'aime pas les Dieux. Je n'ai jamais aimé les idôlatres car ils faussent les perceptions: nul n'est parfait, aussi talentueux soit-il. Mais il faut en convenir, à la fin de la saison régulière de l'an dernier, les résultats de Huet déclinent tandis que Price accomplit des miracles: Cristobal finit par être échangé aux Capitals. L'effet de surprise est grand et la décision discutable à bien des égards: un échange, au hockey, signifie que tu prends tes cliques et tes claques dans la journée et tu vas jouer dans l'équipe qui t'a acquis dès le lendemain. Un brin brutal, selon moi, mais qui s'avère à chaque fois. Huet parti, Price tient la barre un moment mais il s'écroule lors des phases finales. Trop jeune? Peut être. Mais l'équipe laisse tout de même une excellente impression: elle a le potentiel pour gagner la coupe Stanley la saison suivante. C'est à dire cette année.

Mauvaise surprise lors de cette saison: le Canadien de Montréal est inconstant. Un jour, ils gagnent à presque rien, le lendemain, ils s'écroulent majestueusement. Cahin cahan, ils parviennent à se maintenir dans le classement mais ils ne donnent aucune illusion sur leurs chances de remporter la coupe. L'entraîneur a été renvoyé ce lundi et remplacé par le directeur de l'équipe lui même. C'est ainsi dans ce monde du hockey: tu es, ni plus ni moins, un pion et ta carrière peut s'arrêter du jour au lendemain. Un peu angoissant tout de même...

Toujours est-il que hier soir, j'ai eu la chance d'aller assister à un match de ce nouveau Canadien de Montréal au Centre Bell, patinoire officielle de l'île. Eh bien j'en étais toute émue. L'immensité du stade, la mascotte Youppi qui danse au dessous de nous, mais surtout la vue des joueurs qui se déplacent avec aisance sur la glace à quelques mètres à peine, m'ont rendue toute chose. Pour la première fois depuis longtemps cette saison, je suis vraiment rentrée dans la partie. Non pas qu'ils jouaient mieux que les dix dernières fois, mais à cause de l'atmosphère du lieu, de la magie de la place, de la proximité de la patinoire... Je ne rentrerai pas dans les détails du match: ici, tout le monde sait plus ou moins comment ça fonctionne et puis, pour les curieux, vous pouvez toujours lire cet article de Pari/Bali : Finale de la coupe de France de Hockey, vue par une néophyte qui est très bon!

Une chose est sûre: les matchs du Canadien au Centre Bell n'ont pas volé leur réputation! Go Habs Go! ^_^