17 mars 2010

Arnaques et voluptés au pays des pigeons du Web!

Ah! Être pris pour les plus naïfs des pigeons! On ne s'en lasse pas! ... Ou peut-être que si finalement. 

Il est notoire que lorsqu'on reçoit un mail de la princesse cachée de l'Ouganda qui voudrait que vous lui envoyiez vos coordonnées bancaires complètes afin qu'elle puisse, la brave enfant, vous sacrifier sur l'autel de la générosité des sommes astronomiques, il s'agit simplement d'une arnaque. Dans le même registre, les fenêtres pop-up, qui s'ouvrent à n'en plus finir pour vous informer que, Ô chance incroyable! Vous venez de gagner un tour du monde en navette spatiale, ont des petits caractères implicites:

-"Enfin..."Gagnant"...C'est une façon de parler. Peut-être l'es-tu... si tu vas sur mon site et que tu remplis tous les formulaires nécessaires à la pollution de ta boîte mail par mes milliers de courriels chaque jour. Ben, si tu y souscris, tu pourras éventuellement participer au tirage au sort qui aura peut-être lieu le 30 février prochain..."

Lorsqu'on discute de ces arnaques du web avec les personne qui nous entourent, aucune n'a l'air dupe. Pourtant, ces mails et ces fenêtres sont sans cesse plus nombreux et il n'est pas rare de lire telle ou telle article narrant la malheureuse histoire de Mr ou Mme Pigeon-de-bonne-foi. Conclusion: les arnaques web de cet acabit ont beau être connues comme la palourde, elles fonctionnent encore. J'avoue que leurs auteurs font montre de beaucoup d'inventivité et d'originalité pour paraître un peu moins "ver de terre sur un hameçon". Ainsi, tantôt, alors que je vagabondais sur un site de mangas (oui je sais: fort peu de rapport avec mes archives mais c'était ma pause déjeuner! Bon!), une fenêtre s'est ouverte à droite de la page:

"Ceci n'est pas une blague. Vous venez de vous connecter sur ce site le 17 mars à 12h38 et avez ainsi remporté une Mini Cooper."

En petit caractères:

"Cliquez sur cette annonce pour participer au tirage au sort."

Le tout magnifiquement rédigé en Arial, dans une fenêtre grise digne des premiers Amstrad, arborant une allure de page Bios destinée, j'imagine, à rendre le tout plus réel. Déjà, rien que pour cette erreur esthétique, je renverrais le concepteur Marketing prendre des cours de rattrapage, si j'étais l'auteur. Au delà de ça, je me demande si ils réussissent vraiment à convaincre du monde ainsi: l'entourloupe y est tout de même translucide! A vrai dire, le concept en lui-même de la fenêtre pop-up, même sans arnaque, destiné à faire la promotion de tel ou tel site et configuré de telle manière que tu n'as presque pas le choix de cliquer dessus, est vraiment abusif, selon moi. Honnêtement, lorsque j'ai prévu d'aller voir une page sur les Westfalia et que je me retrouve sur celle d'un jeu de poker, je n'ai aucune envie d'en découvrir les services. Au contraire, je suis énervée de cet harcèlement et je m'empresse de fermer la fenêtre, en me promettant que si je cherche un jour un site de poker, ce ne sera sûrement pas celui-ci. Mais bon, ceci est un autre sujet: ces "visites obligatoires" sur des sites ne sont pas des arnaques...Quoique...

14 mars 2010

L'Homme est un Tournesol!

Ce matin, je suis arrivée à une conclusion d'une logique évidente. L'homme est un tournesol.

-"..."

Pas de jugement hâtif! Je m'explique: Le tournesol est une grande plante, à l'épaisse tige verte, qui se caractérise par une fleur énorme, jaune, magnifique dans un champ parmi ses congénères et parfaitement inadaptée dans un vase de taille classique. Le principe de ce végétal, comme son nom l'indique, est qu'il se tourne vers le sol... 

C'est une mauvaise blague, j'en conviens! ^-^ Donc, la fleur jaune se tourne vers le soleil afin de profiter pleinement de sa vitamine D et ainsi avoir de beaux cheveux! Bon ce ne sont pas exactement les mêmes  vitamines mais ce n'est pas grave: on ne va pas leur casser leur trip alors que les tournesols y croient depuis des années! Bref, afin d'arriver à leurs fins, les grandes jaunes font de l'héliotropisme. D'après notre référence à tous et notre ami des jours pluvieux, Wikipédia, il s'agit globalement de suivre le soleil dans sa course afin de profiter au maximum de ses rayons. ça ne vous rappelle rien?

La majorité de nos congénères ont une phase de déprime intense en hiver, alors que le soleil commence à se faire de plus en plus rare, et l'envie de devenir un drap parmi les draps s'avère beaucoup plus marquée les jours où les gouttes frappent nos carreaux par rapport à ceux où Hélios nous chatouille les orteils. Autre argument de taille, la population détentrice de capitaux (comprendre ceux qui ont des REER ou qui comprennent pleinement l'utilité d'un compte-épargne), autrement dit les retraités et les travailleurs invétérés, suit le soleil dans son parcours terrestre afin de ne pas en perdre une seconde et d'avoir des réserves de vitamine D à rendre jaloux Adrien Gagnon. Moralité: l'homme fait également de l'héliotropisme.   

Sophisme inévitable: Tous les tournesols sont héliotropes, l'homme est héliotrope donc l'homme est un tournesol. Limpide. Je viens enfin de comprendre pourquoi les journées comme aujourd'hui, où l'aspect soupe est de rigueur dès qu'on pose un orteil dehors, me filaient le bourdon. J'ai surtout, enfin, une véritable bonne raison de haïr les limaces: ces dégoûtants gastéropodes me grignotent les feuilles, sûrement. 

Tous les hommes sont des tournesols sauf un: ma mère. Elle aime la pluie. Conclusion: ma mère est une plante verte. Logique.

10 mars 2010

L'orthographe volontairement maltraitée!

Alors, je le souligne tout de suite: je suis vieux-jeu. Ceci étant dit, je peux me lancer dans une longue diatribe sur l'orthographe et l'écriture aujourd'hui. J'appartiens à une génération, pas si vieille finalement, pour qui l'ordinateur n'a été, pendant les 18 premières années de sa vie, qu'un énorme engin prenant des disquettes et permettant de jouer à un Prince of Persia en 2D, avec des cheveux blonds et un rectangle pour corps (Même ainsi, d'ailleurs, je ne suis jamais parvenue à sauter par dessus  le tapis de piques! SIC...). Alors, c'est évident, je n'ai pas su utiliser MSN et Internet avant d'ouvrir un livre. C'est certainement pour cette raison que mes poils du bras droit se hérissent à chaque fois que je lis sur la toile des remarques, des commentaires écrits au son, et, surtout, que je retrouve ces mêmes "orthographes" dans les devoirs d'universitaires que je corrige. Je n'y peux rien: lorsque je lis une phrase du genre:

-"ba sa va trankil quoi tu part vraiment en touriste toi !!!! tu caire t'es parti bosser mais rien du tout en faite lol"

Ben, j'ai une poussée d'urticaire dans le dos. Parce que, honnêtement, "ba" ou "bah" ne prendrait pas plus de temps à écrire, ni même le "ça" au lieu du "sa" et peut-être cela éviterait-il que je trouve dans une copie d'étudiant au Bac (Licence française) une phrase du même type. Car oui, sur plus de cinquante copies qui passent entre mes mains, je peux compter sur les cinq premiers doigts ceux qui écrivent quatre mots de suite sans faute. Alors, je le reconnais: tout le monde n'aime pas particulièrement lire, d'autres n'ont pas forcément la facilité de l'écrit et de l'apprentissage en général. J'en conviens. Mais les langages SMS, MSN et tout le reste n'aident vraiment pas! Souvent, lorsque j'écris des phrases au complet et que je fais remarquer à mes interlocuteurs que le langage-son est vraiment peu élégant, j'ai droit à la réponse désormais populaire:

_"Oui mais c'est trop long d'écrire des phrases au complet."

Enfin, plutôt: "oui mé c tro lon decrir d phrase o complé!"

J'ai envie de répondre que cette réponse est complétement incohérente: cela prend vingt secondes de plus d'écrire avec la bonne orthographe et cela donne des réflexes pour toute une vie. Parfois, lorsque j'ai fini de corriger une bonne vingtaine de copies de suite, je ne me rappelle plus de l'orthographe de certains mots tant je l'ai vu écrit de manière étrange. Alors je n'ose même pas imaginer ce que cela donnerait si c'était moi qui l'écrivais souvent sur des plateformes Internet. Entendons-nous bien: je ne prétends pas ne jamais faire de fautes! J'en fais régulièrement et c'est même, parfois, mon yankee préféré qui doit me reprendre. Oui mais voilà: j'essaie de bien écrire et si je me trompe parfois, ce sont des erreurs d'inattention ou, plus simplement encore, des mots dont j'ignore l'orthographe. Lorsqu'on me reprend, j'apprends la bonne manière de l'écrire et j'essaie de ne plus me tromper. Mal écrire ou écrire au son volontairement parce que, soi-disant, cela va plus vite, c'est dénaturer la langue. A quoi servirait d'en avoir une belle si on la maltraite à la moindre occasion?
 
 En fait, ce ne sont pas les fautes qui me dérangent. Comme je l'ai souligné, il peut très bien arriver qu'on ne maîtrise pas bien la langue écrite pour X ou X raison. C'est correct. Non, ce qui me perturbe, c'est cette volonté d'écrire au son, parce que c'est plus "cool", plus "rapide" ou je ne sais trop...

Je sais. Je suis vieux-jeu. Mais j'avoue que je vais le rester, tout au moins pour ce domaine particulier.

4 mars 2010

La vie est Bell sans Vidéotron!

Notez que, les premiers temps, j'étais enthousiaste! Que dis-je "enthousiaste"? Je frisais l'euphorie. Oui, exactement: se désabonner de Vidéotron pour passer à la concurrence a quelque-chose de profondément euphorisant. Il faut préciser que, ici, si nous voulons Internet, téléphone et câble, on est rarement dépassé par le choix de fournisseurs. La première option s'appelle Vidéotron, avec un service à la clientèle proche du néant et des factures qui ne correspondent absolument jamais avec le montant souscrit initialement. Son principal avantage réside dans l'usage du câble car oui, ici, tout le monde préfère le câble au bon vieux ADSL. Il est vrai que cela permet à Mr Québécor de faire gras régulièrement grâce aux surplus qu'il nous charge en cas d'abus de bande passante.

Le second choix qui pourrait éventuellement nous venir à l'esprit, c'est Bell. "La vie est Bell", qu'ils disent... Si leurs publicités sont parfois amusantes, il faut le reconnaître, c'est bien là leur seul avantage. Outre les défauts reprochés au premier, il nous faut aussi, si nous optons pour ce dernier fournisseur, nous affubler d'une magnifique coupole digne de la Nasa. Bien évidemment, les propriétaires acceptant de transformer leur immeuble en tour de transmission ne sont pas légion et les limites d'une antenne extérieure nous apparaissent rapidement lors de la première tempête de neige. Pour le reste, c'est bien simple, il n'y a rien, ou presque. Tous les autres fournisseurs se greffent au filage de Bell ou de Vidéotron, avec tous les charmes que la concurrence entre les deux nous procurent. Parce que bon, il serait légitime de penser que la volonté d'être plus compétitif que son adversaire jouerait sur les prix mais curieusement, pour cette question, il demeure une certaine cohésion dans le domaine: nous avons le choix entre cher et "ça me coûte un bras" ou une "blinde", tout dépendant de qui parle. La seule réalisation de cette concurrence entre ces deux géants de l'Internet à Montréal est que, selon si l'on installe l'un ou l'autre, leurs techniciens s'entêtent à couper les fils de l'autre afin que, si tu décides de retourner ta veste, tu payes un petit 100 dollars de raccordement. Charmant. 

-"Mais l'ADSL n'existe pas?"

Mais si, mais si! Quelques minuscules entreprises ont émergé ces dernières années afin de valoriser ces connexions. Elles s'appuient à 98% sur le filage de Bell, donc raccordement hors de prix lorsque l'on vient de Vidéotron, et quelques marginales sur les installations de Vidéotron. Lorsque Jules et moi avons décidé de couper le cordon ombilical qui nous reliait à ces derniers, nous avons opté pour le 2% qui ne nous obligeait pas à manger des patates le reste du mois parce que Chose avait coupé trois fils dans une boîte: nous avons rejoint la grande famille de Vif Internet. A priori, tout était parfait, mise à part une petite erreur de communication (j'ai ainsi appris que"un technicien viendra chez vous" signifie "j'espère que vous saurez brancher votre modem toute seule"), le transfert d'un fournisseur extorqueur de fonds à un autre, un peu moins gourmand,  semblait s'être fait dans la joie et le bonheur les plus stricts. Bon, bien-sûr, il fallait que le modem fourni soit défectueux et que nous allions le faire remplacer à leurs bureaux (comprendre: un condo au 3e étage d'un immeuble à logements qui a des allures d'atelier clandestin), mais que voulez-vous? Il n'y a pas de gloire sans péril! ^-^ Les semaines ont passé et, si je suis toujours heureuse d'avoir abandonné aux deux tiers (car non, pour la télévision par câble, il n'y a pas de concurrence) le Trou Noir de l'Internet et de son service à la clientèle, je ne peux que me rendre à l'évidence: leur filage demeure leur filage. La connexion saute en moyenne trois à quatre fois par jour et, généralement, au moment le plus inopportun. Sommes-nous tomber de Charybde en Scylla? Je n'en jurerais pas. L'avantage de commencer par une tranche de pain sec, c'est que, par la suite, même une tranche de brioche rance a des goûts de festin! ^-^

3 mars 2010

Politique amicale ou triste individualisme?

Tout le monde le sait: parler de politique avec ses amis est le meilleur moyen de se brouiller. Cette remarque, proche de l'adage, serait évidemment à nuancer en fonction des dits amis et des situations mais elle demeure vraie en général. 
Un fait à priori anodin m'a amenée à pousser la réflexion plus loin, cependant: poursuivant actuellement mes études entre le Canada et la France depuis quelques années, je me suis installée au pays des neiges éternelles il y a quelques années maintenant. Je m'y plais, j'y ai tissé des relations amicales des plus agréables, parfois profondes, bref, j'ai fini par entamer des procédures pour transformer ce séjour étudiant en aventure professionnelle. Je n'ai pas le droit de vote actuellement et je ne l'aurais pas plus avec ma Résidence Permanente: à priori, le monde politique ne devrait pas me captiver outre mesure de ce côté de l'océan, étant donné mon incapacité à faire entendre ma voix. Ce n'est pourtant pas le cas: mon éducation et ma manière de comprendre le monde me poussent malgré tout à m'y intéresser et je peux ainsi connaître, au moins dans ses grandes lignes, les importantes questions de la société dans laquelle je vis.
Tout ceci est très bien mais quel est le lien avec mon introduction? Patience, j'y arrive! ^-^ Parmi mes amis, une personne est député pour le parti bleu. Jusque là, rien de bien troublant! Même si je ne prendrais sa vie pour rien au monde, ayant fort peu d'espoir dans les possibilités idéelles de la politique, je ne peux qu'admirer la volonté et le courage d'un être allant jusqu'au bout de ses convictions. Mon problème se situe à un autre niveau, beaucoup plus abstrait. Je m'interroge en fait sur les limites entre l'amitié et le métier de mon député (Tiens, j'ai fait une rime...^-^). Prenons un cas concret: cet ami a établi une pétition pour un service dans une région relativement éloignée de mon lieu d'habitation. Dois-je la signer? Plus exactement, pourquoi devrais-je la signer? Clairement, si je ne connaissais pas la personne à l'origine de cette pétition, je ne me serais même pas posée la question. Pire: je n'aurais jamais su qu'un tel document existait. Une telle réaction peut paraître égoïste, profondément individualiste, (et elle l'est!), mais elle n'en demeure pas moins vraie. Qui, sincèrement, se préoccupe du financement d'un service dans une ville qu'il n'habite pas? Le problème est que cette mentalité très individuelle est certainement, au moins en partie, la cause de l'indifférence générale pour la politique et les mesures parfois aberrantes prises par le gouvernement. Ce raisonnement est un des facteurs permettant à des partis au programme douteux d'accéder au pouvoir. Parce que, de toute façon, les mesures les plus discutables ne nous concernent pas ou bien parce qu'ils ont promis telle ou telle chose qui nous arrange, nous, au détriment des autres. 

Alors, finalement, ma question est la suivante: pourquoi devrais-je signer cette pétition? (ou pourquoi ne le devrais-je pas, les deux étant liés). Parce que mon ami en est l'auteur? La réponse négative paraît évidente ici. Ce serait valider un système douteux de réseaux et de relations qui prévaudrait sur le fond même des idées. Ce serait triste pour une démocratie. Je pourrais la signer parce que je suis d'accord avec son énoncé? Ce serait le meilleur argument mais, en toute honnêteté, et comme je l'ai déjà dit, je ne me serais jamais intéressée à la question si je n'avais pas connu l'auteur. Dans le fond, je ne peux pas être contre la requête au cœur de la pétition: à habiter dans la ville concernée, je serais sûrement enthousiaste. Mais je n'y habite pas et ce serait hypocrite d'appuyer une idée qui, fondamentalement, m'importe peu. Ne pas la signer, cependant, c'est cautionner cette dé-responsabilisation politique dont je parlais plus tôt et accentuer notre nombrilisme latent.

Bilan?