28 août 2009

"Se vaincre soi-même"...

Eh bien voilà! Hier soir, j'ai passé mon niveau un de Kung Fu White Crane. Oh, bien entendu, tout n'est pas terminé: il reste encore deux épreuves pour véritablement finaliser l'examen mais la partie la plus stressante est achevée. Je suis heureuse d'avoir mené à bien cette étape: pour la première fois depuis longtemps, j'ai l'impression d'avoir réussi quelque chose d'important pour moi. Un peu comme ce que j'expliquais dans mon billet Désillusion des Larmes et J-7: une alliance du corps et de l'esprit, finalement, j'ai affronté mes démons!

Le déroulement de l'examen ne différait pas de la première fois où j'y avais assisté. Nous étions une quinzaine à passer et le public débordait largement sur le plancher de la salle. Il faut dire que la place n'était pas particulièrement étudiée pour recevoir pareille foule! Certains de mes camarades de Kung Fu assistaient au passage de ceinture, mêlés au public. Je dus présenter ma forme individuelle seule car mon partenaire de Kung Fu, Jo, ayant déjà passé son niveau, n'avait donc pas à participer à ce stade de l'examen. Je tentai de ne pas aller trop rapidement et de songer à tout ce qui est généralement imparfait dans ma forme. L'exercice ne durait pas plus de deux minutes et ce fut heureux. De retour parmi mes camarades d'examen, en effet, je me rendis compte que le teint bleuté de mes joues ne devait rien à ma chute en vélo mais était plutôt dû à un oubli de respirer prolongé. L'adrénaline semble avoir pallier ce manque d'air criant mais il est heureux que ma forme n'ait pas été plus longue: cela aurait sûrement fait désordre si j'étais morte, asphyxiée, par distraction...

La suite de l'examen consistait en une forme à deux, avec Jo, et un combat libre. Ce dernier était particulièrement intense car je n'avais pas vraiment l'habitude de me battre avec un protège-dents.

-"Le truc des Rugbymen?"

Oui, exactement. Cet objet particulièrement inconfortable qui te donne l'impression, au bout de quelques minutes, d'avoir la rage, tant avaler sa salive s'avère une épreuve à part entière! J'ai au moins réussi à ne pas le cracher sur le sol, dégoulinant de bave, dans un réflexe de rejet du corps humain. Au point de vue du combat en tant que tel, je n'ai sans doute pas assez bien maintenu ma garde haute car Jo parvenait sans cesse à me toucher la tête. Qu'à cela ne tienne, il me faut bien garder des défis à relever!

Bref, l'examen angoissant est achevé et je suis fière comme Artaban de ne pas m'être enfuie au moment clé! Merci Fujiao de m'avoir laissé cette chance, merci Jo, Sim, Pablo, Ami, tout le monde de m'avoir supportée et entraînée pour arriver jusqu'ici! C'est un très beau cadeau de fête!!!!

Force et Honneur, comme disait l'autre. ^-^

27 août 2009

Le retour de Donald Duck!

Hier, c'était mon anniversaire. Désormais, de manière officielle, j'ai atteint le chiffre vénérable de 27ans, âge où ma grande soeur a eu son premier enfant, où je pensais être diplômée depuis longtemps et où je me voyais déjà "adulée et riche", comme disait Aznavour. Bref, un autre 27ans que le mien. On ne peut visiblement pas tout prévoir...

Hier a été une journée mémorable: j'ai pris ma première portière en vélo! A vrai dire, je n'ai absolument rien vu venir et, en moins de temps qu'il n'en faut pour le dire, j'avais rejoint le plancher des vaches, quelque peu empêtrée dans mon vélo. La dame, fort peu attentive, sort de son véhicule pour m'aider à me relever et ne trouve rien de mieux à prononcer que:

-"J'ai à peine ouvert la porte! "

J'avais envie de lui répondre bien des choses mais j'étais pressée et je n'ai pas un tempérament très Italien pour le conflit. Je me suis donc contentée de hausser les sourcils alors qu'elle refusait de me laisser partir, prétendant que je devais retrouver mes esprits, de remonter sur mon vélo qui faisait un horrible bruit de ferraille, et de m'éloigner le plus rapidement que mes orteils écorchés et mon doigt pelé le permettaient. Joyeux Anniversaire, Donald!

Pour être honnête, je me sens un peu étrange. Hier, Nico est rentré en France. J'étais heureuse qu'il soit là mais je ne sais pas si j'ai réellement su le montrer. J'aime écrire mais je ne suis pas très douée pour m'exprimer. Il en va de même pour ma famille. Je suis toujours prise dans une aporie: je voudrais être avec eux, leur montrer que je les aime, mais j'ai toujours cette impression d'être transparente, le lot de consolation dans l'espoir de gagner le vrai cadeau. Peut-être suis je simplement trop négative...

Ce soir, je passe mon examen de Kung Fu. Ce soir, je vais enfin réussir, je l'espère, quelque chose qui me tient à coeur! Un peu de nervosité n'a jamais fait de mal à personne mais je pense que j'en ai suffisamment pour en donner au peuple entier du Québec! ^-^ Force et Honneur avant tout!!!!!!

19 août 2009

Etrange angoissée!

-"Stéphanie...Tu es une femme remarquable...mais étrange!
- Merci. "

En dépit du hérissement de ma peau au mot "femme", cette petite phrase m'a curieusement fait très plaisir. Le plus amusant, c'est que mon amie, présente lors de cet énoncé, n'a eu de cesse de grommeler que ce n'était sûrement pas moi la plus étrange, que l'énonciateur devrait se regarder, et autres remarques qui visaient fort gentiment à me protéger de quelque chose de vexant. Pourtant, j'ai plus été flattée que vexée. Le premier adjectif était un compliment, aucun doute là dessus, et même si je ne peux m'empêcher de m'interroger sur les sources d'une telle affirmation, j'en trouve l'écoute fort agréable. Le second qualificatif est celui qui a fait bondir mon amie. J'avoue que, au prime abord, il peut paraître dépréciateur. Pour ma part, je préfère l'interpréter comme une qualité, un signe de particularité, un indice que, quelque part dans la masse que notre espèce forme, je ne donne pas trop dans le conformisme. Bien sûr, tout est sujet à interprétation mais bon: c'est tout de même bien agréable de comprendre cet adjectif de cette manière et j'en ai été heureuse toute la soirée. J'ai ainsi eu mon petit moment détente dans un monde de stress.

-"Bon! Tu angoisses encore!"

Oui, on ne change pas une équipe qui gagne!

-"Faut-il encore qu'elle gagne!"

Tss tss! Pas de remarques désagréables, je vous prie! ^-^

Vendredi matin, 10h, je dois réaliser une présentation concernant l'avancée de mes recherches devant mes camarades de travail. Techniquement parlant, ce ne serait pas très angoissant: ce sont tous mes amis et personne n'a vraiment l'intention de me juger. Oui mais voilà: je suis un imposteur dans ce monde de doctorants! Il me faut donc parvenir à donner le change pour ne pas être le cancre de la classe et, surtout, ne pas lire la déception dans les yeux de mes amis. En outre, je suis supposée être préparée à parler durant quinze minutes, à échanger durant un autre quart d'heure, bref à être réactive...Heureusement, mon yankee préféré me donne ses impressions sur quelques réalisations avant que je passe et il me corrige. Mais bon, il a ses propres travaux à terminer également... Bref, vendredi matin est un peu un moment clé dans l'histoire de mon doc. Nous verrons bien comment ça se passera.

Mon directeur semble se douter que je ne suis pas à l'aise à l'oral. Peut-être que mes mails tentant de le dissuader de tenir pareille réunion de groupe lui ont mis la puce à l'oreille. En tous les cas, il a du avoir peur que je meure d'un arrêt cardiaque dans la journée, ou que je m'enfuie dès la première heure sous prétexte que mon chat est déprimé, car il m'a placée en premier. Chanceuse que je suis....

17 août 2009

Poussières de souvenirs.

Poussières de rien, poussières de toi.

"Le temps est assassin et emporte avec lui le rire des enfants", chantait Renaud.

Une journée comme une autre, ni meilleure ni pire. Le jour J où je franchirai l'étape des 27ans approche à grands pas et je ne semble pas y prêter une grande attention. A vrai dire, je ne réalise pas. Certes, je suis loin de ce que j'aurais voulu être à cet âge là, j'ai également largement dépassé les 25ans, temps limite que je m'étais assignée lorsque j'étais adolescente. Pourtant, je ne sais pas trop comment je me sens.

Je ne fête généralement pas mon anniversaire: je suis née au cœur de l'été! La plupart des enfants sont en vacances au mois d'août, alors les goûters de fête...Je me rappelle l'unique semblant de réception que j'avais tenue, pour mon dixième anniversaire. A vrai dire, je l'avais faite en juin, pour être sûre d'avoir des amis. Seuls trois étaient venus mais il y avait mon amoureux de l'époque: Kévin. Le tombeur de la classe de CM2, celui qui était super cool, le petit blond aux yeux bleus qui était le chef de la bande. J'en étais amoureuse secrètement, comme toutes les filles, mais, du fait de mon handicap social déjà prononcé, j'aurais préféré qu'on m'arrache les ongles avec les dents plutôt que de l'avouer. Dès fois qu'il se sente insulté d'être l'objet de convoitise d'une personne comme moi... De toute façon, j'avais déjà bien établi ma réputation de garçon manqué: j'étais son "pote" depuis longtemps. On s'entendait bien d'ailleurs et on faisait une équipe d'enfer aux billes.

Et il était un des rares à être venu à mon petit goûter marquant la fin du primaire, à jouer avec moi dans la piscine à boudin jaune vif, ornée d'éléphants en maillots de bain. On a été deux ans au même collège, un établissement privé, puis il est parti au public et moi, dans une autre ville. Les nouvelles que j'eus par la suite n'étaient guère reluisantes: il prenait de la drogue (on ne prononçait jamais "marijuana" à 14ans, dans mon coin de pays. ^_^Oui, je sais: c'est bien différent d'ici! ;) ) et en vendait même! Les plus folles rumeurs couraient à son sujet: il serait poursuivi par une bande de zonards et aurait fait de la prison!!!!

-"..."

Ouais, je sais. On était des adolescents et le facteur "déformation", doublée de l'"exagération", rendaient le moindre événement digne des plus grands polars! ^_^ Il n'empêche: je ne l'ai jamais revu! Chaque année, à l'approche de mon anniversaire, je repense à mon ami des cours de primaire, mon amoureux secret qui n'a jamais su que je tremblais dès qu'il m'effleurait les joues. Je me demande où il est, ce qu'il devient... On m'a raconté qu'il avait perdu sa maman d'un cancer, il y a quelques années. Je me rappelle de sa mère: tout le monde l'admirait à l'école tellement elle ressemblait à une barbie. Elle était aussi belle que son fils! ;)

Le 26 approche et j'ai une pensée pour toi, Kévin. Un jour, peut-être, nos routes se croiseront à nouveau. Ce serait drôle de se revoir, 15 ans plus tard...J'espère que tu vas bien!

16 août 2009

Réadaptation à la vie Montréalaise.

Bon. Je l'ai demandée, je l'ai eue: la chaleur semble avoir pris ses quartiers d'été à Montréal. Cette moiteur lancinante, qui donne en permanence à notre peau une texture collante, paraît décider à nous faire dégorger toute l'eau que notre corps conserve. Remarquez, je ne vais pas me plaindre: je l'ai réclamée plus souvent qu'à mon tour, quoique cette chaleur n'ait rien à voir avec celle du Sud de la France. Cela donne l'occasion de faire fi de tous nos complexes: il fait trop chaud pour se traîner en jean et en pull sous prétexte qu'on n'a pas le corps de Jessica Alba. ^_^

Hier soir, je me suis rendue à une soirée organisée chez Fujiao. Il faisait doux et le party avait, pour l'essentiel, lieu dans le jardin. Seuls les adeptes de Guitar Hero jouaient à l'intérieur. J'y suis arrivée à 23h, j'ai discuté un peu avec mes amis présents, avant de raccompagner Nadège à son domicile. Ce fut une petite soirée tranquille mais très sympathique.

Le retour à Montréal fut plus difficile qu'à l'ordinaire, tant j'étais partie tourmentée et revenue paisible. Je commence à retrouver mes marques et à me réadapter à la vie Québécoise, à passer du temps, à nouveau, avec mes amis et à apprécier ce que je vis ici. Un de mes amis m'avait un jour dit qu'il ne voulait pas voyager trop longtemps car il craignait de laisser ses compagnons derrière lui, un peu comme son père l'avait fait avec lui du fait de son travail. J'avoue que les voyages font tellement partie de moi que j'avais eu du mal à comprendre son point de vue, sur le coup. Retrospectivement, je songe que ce que j'ai vécu en revenant de France doit avoir un lien avec son message: j'étais triste de laisser mes amis et ma famille derrière moi, même si je sais que je ne les perdrai pas, alors que j'aime retrouver mes camarades d'ici. Viendra le temps où il me faudra faire des choix de vie qui me contraindront à laisser des gens derrière et ce sera sûrement déchirant.

En dépit de ces considérations, je continuerai de voyager et de rencontrer des gens captivants car ce sont des instants qui n'ont pas de prix. Encore une fois, je peux m'identifier au Renard du Petit Prince: je veux être apprivoisée, tout en sachant très bien que je serai un peu triste lorsque mes nouveaux amis ou moi même devrons prendre un autre chemin.