9 mars 2009

Morphée en grève!

-"Ma chérie, fais attention à ton corps! Tu es fatiguée."

Remarque d'une maman inquiète à sa fille, concentrée sur son travail de correction. Certes, je ne suis pas très copine avec Morphée en ce moment: je ne sais pas ce qu'il a mais il semblerait qu'il refuse de me prendre dans ses bras depuis quelques semaines. Bon, rien de grave: je n'ai pas le projet de grimper le Mont Everest dans les prochains mois! Ecrire, lire, corriger ne devraient pas être tellement source de fatigue. Et puis, une maman, ça s'inquiète toujours pour un rien.

Là où ça se corse, c'est lorsque plusieurs subtils indices semblent lui donner raison. Ainsi, par exemple, lorsque votre sœur vous appelle pour vous signifier que ses amies, vous ayant croisée dans le métro, ont eu peur de votre teint olive et de vos cernes bleues royal, il est possible que votre mère ne soit pas tant dans le champ que vous le pensiez. De la même manière, lorsque vous commencez à ranger votre boite de céréales dans le frigo, à jeter votre poche de thé dans le placard de la poubelle, tout en tenant le dit réceptacle à déchets dans votre main droite car vous veniez tout juste de le retirer, il est permis de remettre en question le bien fondé du lever matinal.

Bref, je ne peux qu'en convenir: il semblerait que je sois entrée dans une phase léthargique à tendance comateuse, qui génère une accélération du nombre de bourdes à la minute. Bon. Pas de panique: je vais simplement m'assoir sur le canapé, terminer mes corrections et me reposer pour être à l'égal du lapin rose de Duracell ce soir, lors de mon cours de Kung Fu.

N'empêche...C'est fou ce que je peux être jalouse de la Belle au Bois Dormant, en ce moment...Bon, c'est sûr, il faudrait que je me mette à filer autre chose qu'un mauvais coton pour pouvoir me piquer le doigt... ^_^

6 mars 2009

Bêtise de l'image.

Le proverbe le dit: il n'y a pas de sot métier. Aussi, lorsque l'on m'a proposé de faire la correction d'élèves au bac (comprendre, en Licence version Universités Québécoises), j'ai eu un tressautement de joie: après tout, les temps sont difficiles, mes heures de travail à la chaire de recherche ont été coupées de moitié faute de budget, il est temps de prendre des mesures!

J'avais déjà effectué des travaux de correction, il y a cinq ans, alors que j'étais à l'Université de Sherbrooke. Je me rappelais vaguement de quelques perles que j'avais lues alors, mais j'ignorais tout de ce qui m'attendait. Pleine de bonne volonté, je me saisis de mon paquet d'examens à corriger ainsi que de la grille de correction, je me prépare un petit thè au Ginseng, j'attrape mon plus beau stylo rose (ben oui, j'avais pas de rouge...De toute façon, c'est moins agressif, rose.), et je m'installe dans mon salon, aussi sombre à 8h du matin que le fond d'une caverne.

Petit tour quotidien sur Internet: entre mes mails et les quiz de Facebook, ça devient plus ritualisé que si je souffrais de TOC (Troubles Obsessionnels Compulsifs et non Thérapie Orale de la Calvitie, bien sûr...). Pas de mails intéressants, le test a décrété que j'étais une gentille romantique aux lèvres pulpeuses (résumé de trois résultats de quiz), je peux donc me lancer dans ma correction. Je suis un brin enthousiaste car les examens portent sur les communautés autochtones au XIXe siècle: je vais donc accroître mes connaissances!

"3 principes vont créer le Canada et modifier le mode de vie des autochtones.
1/Tout territoire doit être occupé, ce qui veut dire cultiver. Puis l'expression qui va à la chasse perd sa place provient sûrement de là."

Tiens, je viens de cracher ma gorgée de thé bouillant sur le chat, confortablement installé sur mes genoux, qui pousse un petit miaulement de protestation. Comme pour me faire pardonner, je lui lis à haute voix la phrase à l'origine de cette maladresse. Rien à faire: il ne semble pas se rendre compte qu'un élève en troisième année d'Histoire vient d'affirmer que cette proverbiale expression sur la chasse et la place avait pour origine la colonisation Britannique. Impassible, il se roule en boule dans l'autre sens et reprend un somme complétement imérité, puisqu'il est sa seule activité quotidienne. J'envierais presque, un instant, son insouciance.

Mettons les choses au clair immédiatement: je suis loin, à des années lumière même, de tout connaître en Histoire autochtone. Et les fautes d'orthographe, même si elles suscitent parfois, chez moi, une petite électrisation de ma pilosité des bras, sont un problème, somme toute, assez courant. Là, où j'ai vraiment du mal à ne pas m'étrangler en lisant ces examens, c'est lorsque je songe que ce garçon, qui a, en toute ingénuïté, marqué que l'expression sur la chasse venait de la colonisation, est en troisième année à l'Université et qu'il va s'en tirer avec une moyenne tout à fait convenable parce que les professeurs ne veulent pas avoir d'ennuis et que l'établissement veut des résultats. En d'autres termes, on va donner à cet ignorant crasse un diplôme de haut niveau en histoire pour que la côte de popularité de l'UQAM n'empire pas et que le professeur n'ait pas à gérer un litige sur la note.

Certains jours, je me demande ce que je fais là: je n'ai pas une très grande réflexion, je ne suis pas érudite, et pourtant je termine un Doctorat. Je me présente souvent comme un imposteur. Mais lorsque je lis les travaux de ceux qui sont amenés à me succèder dans ce cursus, je ne peux m'empêcher de douter. Comment pouvons-nous espérer une quelconque compétence de ces jeunes si leurs travaux ne sont jamais sanctionnés à leur juste valeur, sous prétexte qu'il faut préserver une fausse image publique?

"Les différents traités ont amené les autochtones à demeurer près du Saint Laurent. Certains se sont mariés à la Paroisse et ils sont devenus seigneur. Les nomades ont plus ou moins changé leur mode de vie."

Tiens, faudrait leur demander, aux autochtones, qui ont été décimés par les guerres, les famines et les maladies, ce que ça leur fait d'être devenus "seigneur" l'espace d'un examen...Une bonne nouvelle, tout de même: les deux citations étaient de la même personne. Gardons espoir pour les 45 travaux qu'il reste...

4 mars 2009

Complexité de l'incompréhension.

Être une femme est handicapant à bien des égards: on réfléchit trop, on a des sautes d'humeur, on ne sait jamais vraiment ce qu'on veut, on s'attache en moins de temps qu'il n'en faut pour le dire, on pleure pour un rien, ... Bref, tout un échantillon de qualités dont on se passerait bien parfois. Vraies ou pas, toutes ces idées collent à la définition de la femme plus efficacement qu'une mouche sur une tartine de miel. Elles ne s'avèrent pas toujours: on s'entend que mon constat ne s'appuie pas sur un sondage sérieux, effectué auprès d'un panel représentatif de la gente féminine mondiale. Mais, dans l'ensemble, la plupart des gens s'accordent pour définir la femme en ces termes et la résumer par le vocable "compliquée", devenu presque un pléonasme de son sexe.

En toute honnêteté, je ne peux que reconnaître le bien fondé, en ce qui me concerne, de la plupart de ces éléments. J'en ai parfaitement conscience mais, que voulez-vous? J'ai un esprit tordu, ça a l'air! Toujours est-il que j'en refuse le monopole! Je n'aime pas les classifications générales du type: "c'est bien un gars!" ou "c'est un truc de femme", et je clame haut et fort que certains hommes sont plus difficiles à suivre que leurs comparses du sexe opposé! En guise d'explication, je serais grandement tentée d'invoquer le manque cruel, voire total, de communication de ces personnes, qui se traduit par de longs silences lorsque des questions claires sont posées, ou bien, encore, par un refoulement constant des reproches, jusqu'à ce que la rancœur devienne si forte qu'elles doivent la déverser en cascade sur l'autre, un brin désemparé. Alors, certes, je le reconnais, cette tendance peut aussi se retrouver chez certaines femmes: je n'aurais pas la prétention d'en faire une caractéristique des hommes. Mais j'avoue l'avoir plus souvent côtoyé chez eux et la réaction que cela suscite chez moi est toujours la même:

-"Exprimez-vous, tabarnak!"

Y a t'il quelque chose de plus frustrant que de s'apercevoir, un mois, une semaine, un an après les événements que si Pierre ou Paul avaient exprimé ce qu'ils avaient sur le coeur, ou bien avaient répondu à la question claire que vous leur aviez posé, vous ne seriez pas passé à côté de un mois, une semaine, un an de votre vie?

En dépit de toutes les apparences, je ne suis pas née avec le don de la communication. Je pense même, parfois, très mal me faire comprendre. Mais j'essaie toujours de rendre compte de ce que je pense ou crois, quitte à ce que mon interlocuteur me rie au nez. Je n'en mourrai pas et l'autre pourrait s'apercevoir que ce qu'il prenait pour du lard est, en fait, du cochon. J'ai conscience que tout n'est pas facile à exprimer: parfois les mots mêmes ne rendent pas compte de ce qu'on voudrait signifier. Mais le silence est souvent la pire des solutions.

Bref, je m'égare un peu. Au fond, ce n'était qu'une réflexion intérieure car je suis en révolte contre les quiproqos et les mauvaises interprétations des gestes posés par les autres. Bien sûr, je le répète, ce n'est pas tout le monde qui opte pour le silence plutôt que l'expression et certains s'en sortent très bien dans la suppression d'abcès. Mon ami, par exemple, qui a su me dire que je l'avais blessé. La discussion a mis au jour des incompréhensions qu'il aurait été triste de conserver.

J'ai toujours voulu être un garçon. Parce que ça me semblait plus simple, plus franc, plus chouette comme vie et comme état. Parfois, encore, lorsque je me surprends à avoir mal à l'intérieur de moi, comme si du plomb liquide coulait le long de mes poumons, j'aimerais sortir cette hyper émotivité et me détacher de tout. Mais, en défininitive, il semblerait qu'être un homme ou une femme ne change rien aux difficultés que chacun se crée: il nous faut juste vivre avec nos complexités de caractère, en tenant compte de celles des autres, et tenter, tant bien que mal, de tirer vers le haut nos relations interpersonnelles.

Peut-être qu'être un chat serait plus simple? ^_^

3 mars 2009

Clair comme de l'eau de roche.

A vrai dire, lorsque j'ai commencé à écrire ce blog, mon objectif était simplement d'écrire des bouts de pensées, des poussières de ceux qui m'entourent et de moi même. Je suis certainement trop naïve mais je n'ai jamais songé que mes textes pourraient être mal interprétés et blesser des êtres qui me sont chers. Ainsi, hier, lorsque mon ami m'a signifiée qu'il avait été affecté par ce que j'avais écrit dans Maladresse de corps et d'esprit, je suis tombée des nues: dans ce billet, j'évoquais une situation délicate avec deux personnes que j'avais envie de mieux connaître mais qui m'intimidaient tellement que j'en perdais tous mes moyens. Pour mon ami, cette mise en valeur de ces personnages lui enlevait une part de son importance pour moi.

C'est faux.

Ce que je cherchais à exprimer était le profond trouble que suscitait mon incapacité à partager avec les deux personnes évoquées mais cet état de fait n'enlève rien à mes amis: au contraire, cela met en lumière combien je suis à l'aise lorsque je suis avec eux. Aucune hiérarchie d'amitié, nul critère d'intérêt, ne président mes relations interpersonnelles. Qu'on se le dise...

Lorsque j'écris, tout est clair dans ma tête. Je n'ai jamais l'impression de poser des phrases ambigües ou ambivalentes. Pour être tout à fait honnête, peu importe le contexte, j'ai horreur des sous-entendus peu explicites. Lorsque je veux exprimer quelque chose, je vais utiliser des mots qui ne laisseront jamais place au doute: si je propose à quelqu'un d'aller prendre une bière, je n'y mets pas d'autre sens derrière. Si je veux autre chose, je vais utiliser les mots qu'il faut. Car à trop user de métaphores complexes et alambiquées, on crée des quiproquos et des situations incongrues, parfois désagréables, souvent susceptibles de blesser les protagonistes impliqués. De fait, lorsque je n'apprécie pas quelqu'un, pour X raison, cela va se voir: je fige et ne parle plus que par onomatopée. En revanche, si je rie en permanence en votre compagnie, si je la recherche, si j'apprécie de passer du temps avec vous, il n'y a rien à interpréter non plus: on est amis et je profite de la chance que j'aie de vous connaître.

Bref, je tenais à publier ce billet pour que mes écrits ne puissent plus affecter qui que ce soit de mes amis. Il ne faut pas creuser derrière mes phrases: elles ont le sens qu'elles semblent avoir à la première lecture. L'amour ou l'amitié, partagés par des êtres, ne sont pas des données quantifiables: en donner à d'autres n'enlève rien à ceux qui en bénéficient déjà.

Quant à toi, mon Ami que mes mots ont blessé, sache que je ne m'oblige pas à partager du temps avec des personnes: si j'échange dix mails par jour avec toi, alors que nous avons déjà discuté des heures entières la veille ou la même journée, c'est que j'apprécie sincèrement ces instants, cette complicité que j'ai l'audace de penser avoir avec toi, ces conversations un peu folles qui font que nous sommes toujours un peu à part. N'oublie jamais que je suis une création de ton esprit, et que tu es toi même imaginé par une autre jeune femme qui tient à toi. Alors, en définitive, notre amitié est quand même la plus originale qui soit et ne laisse que peu de place au doute, n'est ce pas? ^_^

Force et Honneur, ptit homme!

1 mars 2009

Péripéties nocturnes!

Dimanche matin, 11h00. Cette nuit, c'était la Nuit Blanche de Montréal: endormie à 4h00, je me sens comme un lendemain de veille. Patraque, je bois mon thé matinal en me demandant ce que ça serait si j'avais bu de l'alcool. La même chose, sans doute, avec une haleine d'ours brun au sortir de son hibernation en prime...

La soirée à été très agréable. Bien entendu, je ne pouvais pas la laisser se dérouler sans anicroche: je me suis efforcée de mettre en relief mon petit côté poisse ambulante.

-"Bon! Qu'est ce qui s'est passé encore? Tu as renversé ton verre sur quelqu'un?"

Pantoute, mauvaises langues! ^_^ Tout a très bien commencé: prévoyant une soirée glacée et longue, mes compagnons d'aventure et moi même nous sommes rendus à La Banquise pour goûter, enfin, après presque cinq ans au Québec, leurs fameuses poutines. Adepte de la non-ingestion de viande si ce n'est pas nécessaire, j'ai opté pour celle décrite comme "végé". De fait, pas de surprise de ce côté là, le plat, débordant de frites imbibées de sauce, arborait fièrement quatre lamelles de poivrons verts, à moitié digérées par la quantité de fromage en crottes qui chapeautait le tout. Ignorant les tressautements de peur de mon foie à la vue de ce choléstérol déguisé en pommes de terre, je plantais gaiement ma fourchette dans cet ensemble. La sauce épaisse, rendant les frites un brin molles, ne tarda pas à me rébuter, et ce d'autant qu'elle se mélangeait fort mal avec les champignons noirs-brûlés-mais-cachés-sous-les-poivrons que je découvris assez rapidement. Qu'à cela ne tienne, une nuit blanche nous attendait: j'avalais le reste de mon plat, en prenant soin de sortir tous les légumes et le fromage du dessus (comprendre: je mangeais les frites molles...) et nous partîmes vers de nouvelles aventures.

La soirée s'est déroulée en deux temps: je commençais par faire un tour au Vieux Port avec Jules et ma maman. Nous découvrîmes avec émerveillement les souffleurs de verre et les navettes gratuites...Oui, parce que, en définitive, nous passâmes plus de temps dans le bus que sur les sites. Je pus, cependant, me rendre compte que je n'aimais toujours pas les foules et qu'un collant sous un pantalon est aussi efficace qu'une planche à voile sur une mer d'huile, lorsque les températures avoisinnent les -20 °. Vers 23h, je retrouvai une amie au métro Square Victoria pour aller prendre des cours de tango...en dessous de l'académie de Kung Fu: oui, c'est un signe! ^_^ Là, nous pûmes assister aux mouvements lascifs, et propres à éveiller l'imaginaire, du professeur: Julio! Il était si convainquant que nous avons hésité, tout le reste de la soirée, à nous lancer dans la pratique du Tango. Eh bien oui: derrière toute motivation sportive, se cache le corps d'un homme, c'est bien connu! :p Dépourvues de partenaires, nous dûmes nous contenter de deux frères, sympathiques au demeurant mais, pour ma part, peu mon genre et surtout, un peu trop "je-suis-trop-une-bête-en-tango".

La fin de la soirée se gâte légèrement: en tête de file pour le Planétarium à 1h23, je me rends compte que l'exposition d'une amie que je devais voir ferme à...2h00. S'ensuit une course rapide, oubliant le Planétarium et les saveurs du Vieux Port, vers Saint Laurent et sa population enivrée. Nous arrivâmes à destination à 2h01 et nous rentrâmes de justesse, grâce à mon amie sur place. Par la suite, épuisées par nos dernières péripéties, nous avons terminé notre soirée avec des discussions de filles sur la complexité des hommes et des relations, tout en sirotant un jus de fruit, assises à la table d'un vieux resto sur Saint Laurent: le seul capable de brûler des chips et de rater des grilled cheese.

Bref, ce fut une excellente soirée! ^_^