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3 mars 2009

Clair comme de l'eau de roche.

A vrai dire, lorsque j'ai commencé à écrire ce blog, mon objectif était simplement d'écrire des bouts de pensées, des poussières de ceux qui m'entourent et de moi même. Je suis certainement trop naïve mais je n'ai jamais songé que mes textes pourraient être mal interprétés et blesser des êtres qui me sont chers. Ainsi, hier, lorsque mon ami m'a signifiée qu'il avait été affecté par ce que j'avais écrit dans Maladresse de corps et d'esprit, je suis tombée des nues: dans ce billet, j'évoquais une situation délicate avec deux personnes que j'avais envie de mieux connaître mais qui m'intimidaient tellement que j'en perdais tous mes moyens. Pour mon ami, cette mise en valeur de ces personnages lui enlevait une part de son importance pour moi.

C'est faux.

Ce que je cherchais à exprimer était le profond trouble que suscitait mon incapacité à partager avec les deux personnes évoquées mais cet état de fait n'enlève rien à mes amis: au contraire, cela met en lumière combien je suis à l'aise lorsque je suis avec eux. Aucune hiérarchie d'amitié, nul critère d'intérêt, ne président mes relations interpersonnelles. Qu'on se le dise...

Lorsque j'écris, tout est clair dans ma tête. Je n'ai jamais l'impression de poser des phrases ambigües ou ambivalentes. Pour être tout à fait honnête, peu importe le contexte, j'ai horreur des sous-entendus peu explicites. Lorsque je veux exprimer quelque chose, je vais utiliser des mots qui ne laisseront jamais place au doute: si je propose à quelqu'un d'aller prendre une bière, je n'y mets pas d'autre sens derrière. Si je veux autre chose, je vais utiliser les mots qu'il faut. Car à trop user de métaphores complexes et alambiquées, on crée des quiproquos et des situations incongrues, parfois désagréables, souvent susceptibles de blesser les protagonistes impliqués. De fait, lorsque je n'apprécie pas quelqu'un, pour X raison, cela va se voir: je fige et ne parle plus que par onomatopée. En revanche, si je rie en permanence en votre compagnie, si je la recherche, si j'apprécie de passer du temps avec vous, il n'y a rien à interpréter non plus: on est amis et je profite de la chance que j'aie de vous connaître.

Bref, je tenais à publier ce billet pour que mes écrits ne puissent plus affecter qui que ce soit de mes amis. Il ne faut pas creuser derrière mes phrases: elles ont le sens qu'elles semblent avoir à la première lecture. L'amour ou l'amitié, partagés par des êtres, ne sont pas des données quantifiables: en donner à d'autres n'enlève rien à ceux qui en bénéficient déjà.

Quant à toi, mon Ami que mes mots ont blessé, sache que je ne m'oblige pas à partager du temps avec des personnes: si j'échange dix mails par jour avec toi, alors que nous avons déjà discuté des heures entières la veille ou la même journée, c'est que j'apprécie sincèrement ces instants, cette complicité que j'ai l'audace de penser avoir avec toi, ces conversations un peu folles qui font que nous sommes toujours un peu à part. N'oublie jamais que je suis une création de ton esprit, et que tu es toi même imaginé par une autre jeune femme qui tient à toi. Alors, en définitive, notre amitié est quand même la plus originale qui soit et ne laisse que peu de place au doute, n'est ce pas? ^_^

Force et Honneur, ptit homme!

23 février 2009

Orgueil et Vanité.

Il est rare que j'émette des opinions sans avoir lu ou vu le produit en cause. Je vais faire une exception aujourd'hui: hier soir, comme tout dimanche soir qui se respecte, armé d'une succulente assiette de riz, je me suis installée devant Tout le monde en parle. J'aime beaucoup cette émission qui, à la différence de la version originale française, est animée par des personnes amusantes et intéressantes qui s'appliquent à aborder des sujets d'actualité. Cela change de ce cher Thierry Ardisson et de ses commentaires salaces perpétuels.

Bref, je m'égare. Confortablement installée sur mon canapé, avec "chat-cassé" d'un côté et riz de l'autre, je regarde avec amusement défiler les invités au rythme des questions de Guy A. Lepage. Arrive une parfaite inconnue, répondant au nom de Anne-Sophie Dutoit qui, née en Californie, a grandi au Québec, avant de retourner dans sa région natale il y a quatre ans, et qui est une scénariste-réalisatrice de 18ans...

-"Hein? Comment elle fait pour faire un film à cet âge là???"

Petite fille d'un grand chef d'orchestre...

-"Ah ok! J'imagine qu'elle a un bon financement..."

... elle est déjà l'auteur de plusieurs courts métrages, dont Marked, qui fut primée lors d'un festival Londonien.

Très bien. Félicitations, mademoiselle.

Elle est invitée ce soir à l'émission car elle s'est lancée dans la réalisation et la scénarisation d'un long métrage, qui sort vendredi, Faded Memories. Guy A. Lepage diffuse quelques images: deux jeunes adolescents dansant, à moitié nus, sous la pluie, en riant. Ce n'est qu'un extrait donc, même si, au prime abord, cela me laisse un arrière goût de navet, je ne peux être catégorique là dessus. Ce qui me gêne vraiment est le personnage de Mademoiselle Dutoit: durant les quelques minutes qu'a duré son passage à l'émission, elle a illustré magistralement ce qu'était l'orgueil et la "grosse tête".

Guy A. Lepage: "En combien de temps avez vous écrit le scénario (à 14ans)?
A.S. Dutoit: 3 jours!"

Mmh...Il doit être travaillé. Mais je ne peux juger: je ne suis pas très expérimentée dans l'écriture de scénario. En revanche, lorsqu'elle raconte avoir terminé son premier roman"en cinq jours, sans l'avoir relu", puis, après l'avoir finalement revu, déclare de manière péremptoire: "c'est vraiment bon!", je ne peux qu'avaler mon riz de travers. Elle l'a envoyé à des éditeurs et je suis presque sûre qu'elle sera éditée parce qu'elle est médiatique. Cette enfant, née avec une cuiller en argent dans la bouche, pense avoir l'étoffe d'un génie parce que tout lui réussit. A la question de Guy A. concernant ses études, elle répond qu'elle ne voit pas l'utilité de suivre des cours de cinéma puisqu'elle fait déjà des films...

Je le répète: je n'ai pas vu son film et je n'ai pas lu son roman. Je ne peux donc pas juger de leur qualité. Mais tant d'arrogance et de suffisance à 18ans, ça me donne la nausée. Je lui souhaite d'apprendre l'humilité si elle veut continuer dans le domaine artistique car elle risque de tomber de haut. J'irai voir son film, histoire de savoir si l'orgueil de cette jeune femme est justifié ou bien si elle a juste gâché mon dimanche soir, en soulignant les écarts sociaux qui font que de grands artistes passent leur vie dans l'ombre tandis que d'autres exposent leurs ratés sous le feu des projecteurs, tout simplement parce qu'ils possèdent les dits projecteurs...