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28 mars 2009

Rêve d'une Vie.

"Faîtes que le Rêve dévore votre Vie, afin que la Vie ne dévore pas votre Rêve."

Tout est dit. En une phrase, Saint Exupéry a mieux exprimé ma philosophie de vie que je ne pourrais le faire en noircissant des pages entières. Vivre pour réaliser ses rêves, atteindre ses objectifs, dépasser ses limites, est, à mon sens, dix mille fois plus beau que de survivre pour réussir socialement, ou que de se laisser entraîner par le quotidien, imposé par la société qui nous entoure.

Le Rêve ne quitte jamais vraiment notre vie: il grandit en même temps que nous, il se développe et s'affine avec les années. Lorsque nous devenons adultes, il se tapit parfois dans un coin de notre tête, pour faire de la place aux soucis et aux besoins matériels immédiats. Mais il est encore présent. Il attend son heure. Un jour, il en est certain, ce sera son tour. Il sortira de sa léthargie et occupera le devant de la scène.

Mon Rêve ne m'a jamais quittée, lui non plus. Patiemment, il me regarde me débattre avec ce que notre société considère être les priorités: les études, le travail, l'argent, la situation sociale. Mon Rêve n'a pas sa place dans ces domaines. Il n'appartient pas à ce monde là. Il est libre, léger comme l'air que nous respirons. Il est doux et réconfortant: les jours où tout semble aller de travers, les instants où la vie paraît se déchirer par petits bouts, il sort de son silence pour me donner le courage et l'espoir nécessaires à la poursuite du chemin.

Aujourd'hui, ma maman s'est envolée vers la France. Elle a regagné la terre des Gaulois, laissant derrière elle un arrière goût de vide, d'imparfait. Je n'ai jamais été très douée pour m'exprimer: les mots restent pris dans ma gorge, enrouant ma voix. Il y a tant de choses que j'aurais aimé te dire, maman. Sur ce que je ressens, sur ce que tu représentes pour moi, sur mon Rêve, sur ta vie. Tant de mots qui n'ont, une fois encore, pas trouvé le chemin de ton cœur. Invariablement, ce sont les sarcasmes et le silence qui prennent leur place. On dirait que je ne suis pas capable de vaincre ce comportement d'adolescente renfermée, qui se protège en étant agressive. Se protège de quoi? Je n'en sais rien. Toujours est-il que je n'ai rien dit.Tant pis. Ce sera pour la prochaine fois. Encore.

En attendant ton retour, maman, avant que je te raconte durant des heures entières tout ce qui bouillonne en moi, ce qui me donne le courage de me lever tous les matins, avant que je ne t'écoute vraiment, sans sourire, sans sarcasme, parler de ce qui te fait vibrer, je voudrais te dire: je vais bien. Ne t'inquiètes pas. Je ne suis pas encore quelqu'un de bien car je n'ai pas encore laissé toute sa place à mon Rêve. Mais bientôt, ce sera chose faite. J'aime à le penser. Alors, embrasse papa, Bounty et tout le monde. Dis leur que je les aime. Et toi aussi, maman, si je ne te le dis pas, si je ne le montre pas assez, n'en doute jamais.

Je t'aime.

4 mars 2009

Complexité de l'incompréhension.

Être une femme est handicapant à bien des égards: on réfléchit trop, on a des sautes d'humeur, on ne sait jamais vraiment ce qu'on veut, on s'attache en moins de temps qu'il n'en faut pour le dire, on pleure pour un rien, ... Bref, tout un échantillon de qualités dont on se passerait bien parfois. Vraies ou pas, toutes ces idées collent à la définition de la femme plus efficacement qu'une mouche sur une tartine de miel. Elles ne s'avèrent pas toujours: on s'entend que mon constat ne s'appuie pas sur un sondage sérieux, effectué auprès d'un panel représentatif de la gente féminine mondiale. Mais, dans l'ensemble, la plupart des gens s'accordent pour définir la femme en ces termes et la résumer par le vocable "compliquée", devenu presque un pléonasme de son sexe.

En toute honnêteté, je ne peux que reconnaître le bien fondé, en ce qui me concerne, de la plupart de ces éléments. J'en ai parfaitement conscience mais, que voulez-vous? J'ai un esprit tordu, ça a l'air! Toujours est-il que j'en refuse le monopole! Je n'aime pas les classifications générales du type: "c'est bien un gars!" ou "c'est un truc de femme", et je clame haut et fort que certains hommes sont plus difficiles à suivre que leurs comparses du sexe opposé! En guise d'explication, je serais grandement tentée d'invoquer le manque cruel, voire total, de communication de ces personnes, qui se traduit par de longs silences lorsque des questions claires sont posées, ou bien, encore, par un refoulement constant des reproches, jusqu'à ce que la rancœur devienne si forte qu'elles doivent la déverser en cascade sur l'autre, un brin désemparé. Alors, certes, je le reconnais, cette tendance peut aussi se retrouver chez certaines femmes: je n'aurais pas la prétention d'en faire une caractéristique des hommes. Mais j'avoue l'avoir plus souvent côtoyé chez eux et la réaction que cela suscite chez moi est toujours la même:

-"Exprimez-vous, tabarnak!"

Y a t'il quelque chose de plus frustrant que de s'apercevoir, un mois, une semaine, un an après les événements que si Pierre ou Paul avaient exprimé ce qu'ils avaient sur le coeur, ou bien avaient répondu à la question claire que vous leur aviez posé, vous ne seriez pas passé à côté de un mois, une semaine, un an de votre vie?

En dépit de toutes les apparences, je ne suis pas née avec le don de la communication. Je pense même, parfois, très mal me faire comprendre. Mais j'essaie toujours de rendre compte de ce que je pense ou crois, quitte à ce que mon interlocuteur me rie au nez. Je n'en mourrai pas et l'autre pourrait s'apercevoir que ce qu'il prenait pour du lard est, en fait, du cochon. J'ai conscience que tout n'est pas facile à exprimer: parfois les mots mêmes ne rendent pas compte de ce qu'on voudrait signifier. Mais le silence est souvent la pire des solutions.

Bref, je m'égare un peu. Au fond, ce n'était qu'une réflexion intérieure car je suis en révolte contre les quiproqos et les mauvaises interprétations des gestes posés par les autres. Bien sûr, je le répète, ce n'est pas tout le monde qui opte pour le silence plutôt que l'expression et certains s'en sortent très bien dans la suppression d'abcès. Mon ami, par exemple, qui a su me dire que je l'avais blessé. La discussion a mis au jour des incompréhensions qu'il aurait été triste de conserver.

J'ai toujours voulu être un garçon. Parce que ça me semblait plus simple, plus franc, plus chouette comme vie et comme état. Parfois, encore, lorsque je me surprends à avoir mal à l'intérieur de moi, comme si du plomb liquide coulait le long de mes poumons, j'aimerais sortir cette hyper émotivité et me détacher de tout. Mais, en défininitive, il semblerait qu'être un homme ou une femme ne change rien aux difficultés que chacun se crée: il nous faut juste vivre avec nos complexités de caractère, en tenant compte de celles des autres, et tenter, tant bien que mal, de tirer vers le haut nos relations interpersonnelles.

Peut-être qu'être un chat serait plus simple? ^_^