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22 juillet 2012

Et si le Rêve devenait Réalité...

On ne le répétera jamais assez: Rien ne sert de courir, il faut partir à point. Oui mais voilà, perso, je ne sais pas faire. À peine ai-je un projet qui me tient à coeur que je commence à me projeter et à me faire douze millions de films. Pire: si je ne suis pas arrêtée à temps, je m'engage et je signe avant même de vraiment me poser - trop emballée que je suis par mon projet. On appelle ça, dans le jargon psychologique, être impulsif. Notez que comme je suis parfaitement au courant que je souffre de ce syndrome, je devrais déjà avoir pris la décision qui s'impose: ne plus prendre aucune décision finale. Oui mais non: je ne peux pas m'en empêcher. Soudain, un projet se dessine, je commence à passer en revue les millions de possibilités qui pourraient me permettre de le réaliser, je passe des heures à naviguer sur Internet, à feuilleter des bouquins, afin de mieux me faire une idée - le tout accompagné de mes petits papillons d'excitation dans le ventre qui empêchent ma raison de se faire entendre. 

Ma dernière passion est un Projet qui est né tout doucement après le mariage: avec notre urne, nous voulions éventuellement acheter un Westfalia et faire le tour du Canada. Mais une autre idée a germé dans notre esprit: un budget pareil (qui n'est pas suffisant pour acheter un bon West mais quand même...) pour un voyage, ça peut faire un sâcré voyage. Même qu'on pourrait peut-être faire un mini tour du monde! Pas quelque-chose de grandiose, comme tous ceux qui partent en vélo, en bâteau ou à pieds pour des années et profitent des mois de chaque pays, mais au moins quelque-chose de conséquent. Le plus long voyage que nous n'aurions jamais fait, Jules et moi: un six mois de par le monde! L'idée semblait folle au début : Six mois, c'est prendre un sâcré congès de la job! C'est aussi prévoir un sâcré budget... Et puis, on s'y est habitué - on a même fini par la trouver très sympa! Après tout, les congès sans solde, c'est fait pour ça et puis, si on veut le faire, c'est maintenant ou jamais. L'air de rien, dans un mois, j'ai 30 ans. Demain, il sera déjà trop tard...

Bref, on se laisse aller à rêver. On réfléchit à notre budget et aux pays qu'on veut voir. On pense au frère de Jules qui veut partir au Pérou durant son congès annualisé l'an prochain : ce serait cool de le retrouver là-bas. Genre pas tout de suite, mais fin d'année prochaine. Octobre 2013: c'est un bon mois pour commencer notre périple. Et puis, quitte à être au Pérou, on pourra enchaîner sur l'Argentine: on a des amis là-bas, à Buenos Aires et ailleurs! Pourquoi pas? On dit toujours qu'on ira les voir et on ne le fait jamais! Nous, on pourrait le faire! Et puis l'Argentine, c'est magique dans nos têtes. C'est aussi la Patagonie et le bout du monde: qui n'a jamais rêvé du bout du monde? Après, bah, on partira vers l'Océanie! Il y a la Polynésie sur le chemin de la Nouvelle-Zélande et de ses moutons. Peut-être une escale au milieu du Pacifique, sur ces bouts d'îles trop loin pour qu'elles sortent de leur aura brumeuse de rêve. Et puis après, la Nouvelle Zélande, ce pays des All Blacks et des verts paysages, avant d'enchaîner avec l'Asie : Indonésie, Laos, Cambodge, la Grande Muraille de Chine et mon rêve d'Enfant: le Japon! Ne serait-ce pas le plus beau des voyages? Un rêve qui se réalise, une chance incommensurable qui ne se vit qu'une fois? 

Alors je rêve, je m'emballe, je m'enflamme. Je fais le tour des blogs de voyage, je calcule, je compte, je fais semblant d'acheter les billets d'avion et je me dis : Pourquoi pas? Jules se laisse peu à peu gagner par mon engouement. Il a sans doute raison lorsqu'il hausse les sourcils en voyant mon budget qui s'allonge mais on ne vit qu'une fois. Et puis, depuis le temps qu'on le repousse ce grand voyage, n'est-il pas temps de le réaliser? Il nous faut aller voir ailleurs si nous y sommes et Octobre 2013 est un bon mois pour cela. Après, nous verrons. Mon frère me l'a dit, citant St Exupéry, "Faîtes que le Rêve dévore votre vie, afin que la Vie ne dévore pas votre Rêve". Notre Rêve nous attend, Chéri....

12 juillet 2010

La magie du Cirque: Totem du Cirque du Soleil est rempli d'étoiles.

Samedi soir, j'ai regardé pour la cinquième fois le spectacle du Cirque du Soleil Allegria. Oui, sur Art TV, c'est pas mal toujours lui qui est diffusé. Remarquez, ça ne me dérange pas: j'ai été le voir deux fois sous chapiteau, tellement je suis une admiratrice fanatique de cirque et de ce spectacle, tout particulièrement. Donc, samedi soir, 22h00, je contemple, les yeux embués de larmes, des numéros que je suis sur le bord de connaitre par coeur. Pourtant, invariablement, je tremble devant les trapézistes, qui sautent de mains en trapèzes avec la légèreté d'une plume, je suis émue devant ce clown a l'air triste qui déchire sa lettre en un million de confettis soufflés par le vent, je m'émerveille en écoutant les voix des chanteuses, profondes et vibrantes. Bref, je suis, une nouvelle fois, conquise. Que voulez-vous? Ne pas avoir été enlevée par l'un des cirques de mon enfance restera un de mes grands regrets de vie, j'imagine! Ceci dit, étant donné ma forte capacité à tomber sans obstacle, je n'aurais sûrement pas fait une très bonne trapéziste...

Bref, je contemplais une nouvelle fois ce spectacle et, telle une réminiscence, je me suis rappelée que je n'avais point parlé de mon expérience Totem. Eh oui: j'y ai été. Évidemment, dirai-je même. En tant que passionnée, je ferais sûrement une dépression le jour où je n'aurais pas les moyens d'aller voir ces spectacles. J'exagère, je sais. Le cirque existe depuis si longtemps qu'il parait peut concevable que je ne puisse, un jour, me rendre dans un chapiteau, quand bien même ce ne serait pas celui du Cirque du Soleil. Donc Totem: qu'en dire? Magnifique? Non. Ineffable? Oui, nous sommes plus proches de ce que j'ai ressenti. Et c'est bien là, la raison pour laquelle j'ai mis tant de temps à en parler. Lorsque que quelque chose vous émeut au point que tous les mots que vous pourriez utiliser vous paraissent creux, il vaut mieux ne rien dire. La magie se briserait dans l'instant si vous usiez de phrases vides. Alors, il est clair que ce billet n'est pas objectif: je ne suis pas une artiste alors juger d'un point de vue technique m'est difficile. En outre, je le mentionne depuis suffisamment longtemps pour savoir que je suis juste complétement vendue au cirque. Pourtant, si j'ai bien aimé Ovo, le spectacle du Cirque du Soleil de l'an dernier, il ne jouait pas, à mon sens, dans la même cour que Totem. Avec cette dernière performance, la grande machine de Guy Laliberté renoue avec la qualité, la magie sans fin, le monde à part qui se retrouvaient dans Allegria. Acrobates à couper le souffle, décors aux allures de terre première, des voix et des chants qui vous font vibrer jusqu'aux tréfonds de vous-mêmes: tout était en place pour un merveilleux spectacle. A regarder virevolter le trapéziste, à contempler ces patineurs tourner, tourner, et tourner encore, nous devenons papillons ou hirondelles, épris de liberté et de rêves. Nous volons. Littéralement. Mon regard se perd si intensément dans les sauts, les acrobaties, les salto que plus rien ni personne ne peut pénétrer ma bulle: je suis chaque mouvement avec, non pas l'appréhension de la chute, mais l'avidité de l'aspirante. Des étoiles dans les yeux, je fixe chaque geste et je comprends alors, une nouvelle fois, pourquoi le rêve est si cher à l'être humain, pourquoi certaines choses peuvent à ce point faire résonner notre cœur, causer de telles vibrations dans notre corps, au point d'être à l'unisson avec ces artistes. Deux heures de spectacles pour une telle quantité de magie, de beauté et de contacts avec un monde fabuleux, au sens propre.

Le cirque et ses artistes représentent une somme de travail impressionnante. Ils ne sont pas aussi magiques dès le premier instant: ils travaillent pour le devenir. Totem est, à mon sens, une réussite. Félicitations à tous et merci pour ces instants de magie et ces étoiles dans mon cœur. Un instant, un instant seulement, j'ai eu l'impression que la Terre s'arrêtait de tourner. Peut-être est-ce un peu à ça aussi que sert le Cirque. Peut-être.

14 mai 2010

Superstition autour de l'examen de l'ONU

En fait, je dois être superstitieuse. Pas au sens où je dois égorger trois poules avec un cure-dent pour contrecarrer le mauvais sort du miroir brisé mais plutôt parce que je m'impose plein de mini-défis pour mettre des chances de mon côté. Enfin, c'est ce que je me dis. 

-"Pourrais-tu être moins claire?"

Eh bien, d'une manière générale, je fais référence aux petits riens que nous faisons tous ou presque lorsque quelque-chose nous tient à cœur. Mettons, par exemple, éviter de marcher sur les fissures du trottoir nous permet d'accumuler des points bonus pour un vœu x (pas un désir cochon, là! "x" comme dans "n'importe lequel"! Esprits tordus! ;) ) tandis que se faire dépasser par une voiture avant d'avoir franchi le feu de circulation, en vélo, nous en retire autant. Ces petits jeux qui servent surtout à meubler des trajets parfois trop longs ou à occuper nos pensées se doublent dans mon cas d'une certaine superstition héritée de Cendrillon. Les adeptes de la blonde souillon qui parle aux souris se rappelleront de ce passage fleur bleue au début du dessin-animé où la jeune fille explique à ses amies Myomorphes (avouez que c'est quand même plus classe de prétendre parler à des Myomorphes qu'à de vagues mangeuses de gruyère!) que si elle raconte ses rêves, ils ne se réaliseront pas. Bien. Je ne raconte plus mes rêves agréables depuis mes 10ans à cause d'elle mais ce n'est qu'un détail! J'ai poussé sa théorie plus loin: je n'ose pas parler de choses qui sont importantes pour moi, dont je n'ai pas encore le résultat, de peur de me porter la poisse et d'en précipiter l'échec. 

Ainsi, par exemple, mardi, j'ai passé un concours de l'ONU. Etant donné que c'est ma perspective d'emploi prioritaire et idéale, j'aurais dû exploser d'une joie indécente: je l'ai d'ailleurs partiellement fait, une fois ma sélection pour ce concours confirmée, en appelant toute ma famille. Je n'ai pas osé, cependant, en parler sur ce blog ou même diffuser plus largement la nouvelle. La première raison est qu'il s'agissait "simplement" d'une sélection pour PASSER le concours et non la réussite à celui-ci. A part moi, qui interprète ce choix comme un premier pas vers le succès, la plupart des personnes aurait pu, très normalement, s'étonner d'un tel enthousiasme pour "si peu" de choses. La seconde raison, et la plus importante, est que je craignais, tout bonnement, de me porter la poisse et d'entraîner une déception de taille: si j'échoue à ce concours, et que j'en ai parlé à tout le monde, objectivement, il n'y aura pas mort d'homme. La plupart des candidats qui l'ont passé avec moi étaient là pour la troisième, voire la quatrième, fois. Subjectivement, cependant, je vais être très déçue et j'aurais l'impression, infondée, j'en conviens, de décevoir ceux à qui je devrais apprendre cet échec. Se retrouve ici, finalement, mon éternel pessimisme qui me permet de me protéger de la chute et de m'émerveiller de tout succès. En partant battue, je songe que je ne pourrais pas tomber plus bas. Fondamentalement, ce raisonnement est faux: au fond de moi, j'espère avoir réussi cet examen, sinon le passer n'aurait eu aucun sens (surtout vu la longueur de l'affaire!). 

Bref, l'examen en lui-même s'est très bien passé. Trop même. Étant donné que la plupart des candidats qui étaient là avaient déjà échoué à plusieurs reprises, il parait un peu prétentieux de penser l'avoir réussi à la première fois. J'ai donc du tomber dans tous les pièges qui devaient se trouver dans les textes. Je ne le saurais jamais, cependant, car, dans six mois, lorsque les résultats vont tomber, on m'informera juste de ma réussite ou de mon échec, sans autre détail. C'est un peu dommage car il est toujours utile de connaitre nos faiblesses. En attendant octobre, il ne me reste plus qu'à faire des incantations et des sacrifices de fourmi sur des cure-dent. Superstitieuse? Non! Mais dès fois que ça fonctionnerait... ;)

7 août 2009

Fascination pour un autre monde.

Bon. Nous avons une fois de plus la preuve que j'ai, en dépit de tous mes beaux discours, un côté fleur bleue prononcé!

-"Tu as écrit un poème avec ton sang pour déclarer ta flamme?"

... Quel romantisme, en effet! Mais ce n'est pas si loin, remarquez: je me suis mise à lire Twilight!

-"Quoi? Ce roman à l'eau de rose pour une jeunesse chrétienne?"

(Héhéhé! Non, je ne cite personne, pourquoi?;) )

Eh bien oui. Commençons par le début: mardi, tristement, je monte dans l'avion qui devra me reconduire en terre Canadienne. Pas que j'étais malheureuse de revenir mais la sérénité acquise au sein de ma campagne ne m'incitait pas à trépigner de joie pour revenir me plonger dans le stress d'une vie qui n'avance pas! Bref, je m'éloigne, une fois de plus, du sujet qui nous occupe!

Mardi, donc, je prends l'avion pour Montréal. Comme premier film, Air Transat nous passe Star Trek 9. Plus par esprit de contradiction que par réelle animosité envers ce produit cinématographique, je me refuse à suivre ce défilé de mini-jupes et me concentre sur la musique de mon MP3. Mes voisines de couloir, peu convaincues non plus par les premières images des hommes aux oreilles pointues, sortent leur portable et se mettent en devoir de visionner Twilight! Bilan: je regardai, par intermittence, le film vampiresque, sans le son.

-"..."

Non! C'était très bien! J'ai vraiment aimé ça! ^-^

-"Re "..." !"

Pff!!! Bref, tombant par hasard, il y a deux jours, sur le tome Fascination de la série Twilight, je me décidais à en parcourir quelques pages! Bon, soyons honnête, j'ai lu la totalité du volume en deux jours. Curieusement, je suis entrée pleinement dans le monde de Bella et de la famille Cullen, au point que je ne parvenais pas à m'arrêter. Je me suis sentie aussi étrange, à la fin, que lorsqu'un livre me passionne trop, au point de me faire oublier ma réalité. Cela m'était dèjà arrivé avec Germinal de Zola: j'étais tellement entrée dans l'histoire que je ne cessais de lire que fort tard le soir, persuadée que j'étais affamée et incapable de me procurer de la nourriture. Il me fallait quelques secondes avant de retrouver mes esprits.

A la fin de Twilight, j'ai passé quelques heures ailleurs, sur un nuage, regardant d'un air absent ma vie et ses événements. Tout me paraissait insipide et sans but à côté des aventures que je venais de lire. A vrai dire, et c'est certainement ce qui fait la réussite de l'écriture de cet ouvrage, je me suis entièrement identifiée à l'héroïne: maladroite sans égale, elle se considère comme un élément dans une masse, invisible pour les autres, peu douée dans les domaines qu'elle apprécie. Ses arguments pour ne pas aller au bal de fin d'année, parce qu'elle ne sait pas danser, m'ont fait sourire car j'avais déjà sorti les mêmes, en d'autres circonstances!

Bref, en dépit des commentaires négatifs de la plupart de mes amis, du regard découragé d'Ami lorsque je lui en ai parlé hier soir, j'ai vraiment aimé ce livre. Je m'oblige à ne pas aller lire la suite car j'ai beaucoup de travail en ce moment et ce n'est pas l'idéal pour la concentration! ^-^

Lorsque j'étais enfant, je m'asseyais dans le jardin pour essayer d'apprendre à voler, comme dans Dragon Ball Z. Je rêvais que soudainement, une araignée radioactive allait me mordre ou que je tomberais entre les mains de vils scientifiques qui feraient de moi un être à part, qui sortirait du commun, qui serait enfin autre chose qu'une ombre de plus dans une société sans but. Je me surprends encore, parfois, à souhaiter vivre un événement surnaturel qui bouleverserait mon quotidien. Bien sûr, tout un chacun aimerait quelque chose de similaire. Pourtant, nous construisons tous notre vie comme les autres, selon notre éducation et nos moyens. Les marginaux eux mêmes deviennent une pièce standard de notre société. Alors il nous reste le rêve et l'imagination: Twilight, Harry Potter, la plupart des dessins animés et des animations japonaises sont le reflêt de nos aspirations secrêtes. Ces productions nous donnent le rêve et l'espoir nécessaire à l'être humain. Un jour, j'espère sincèrement être capable d'écrire un peu de notre âme sur papier. C'est sans doute l'un des plus beaux métiers du monde.

...Je pourrais peut-être ne lire que le second tome???

31 mars 2009

Esprit de voyages.

-"Steph, pourquoi tu restes jamais au même endroit? Pourquoi tu veux toujours parcourir le monde avec ton sac à dos? Tu cherches quoi?"

La première fois que mon ami m'a posé cette question, j'ai levé un sourcil. La réponse me semblait bien trop évidente: il n'était pas besoin d'y mettre toute une emphase psychanalytique derrière pour comprendre le goût de la découverte. A bien y réfléchir, je me demande parfois si ce besoin irraisonné de changer de lieu, de ville, de vie n'est pas simplement le reflet d'une peur irrationnelle d'un futur prévisible et ordinaire, où, à l'instar de tout un chacun, mon quotidien se résumerait à travail, famille, patrie. Si j'ai le dit travail, d'ailleurs, car cette étape là est loin d'être gagnée pour l'instant.

Un voyage, au fond, peut prendre plusieurs visages: il peut autant être source de dépaysement, de découvertes, de contacts qu'un simple vol de quelques heures à la recherche du soleil. En somme, il n'est jamais que ce que nous voulons en faire. Le tourisme s'est tellement développé ces dernières années qu'il est désormais possible de passer trois semaines à Cancun sans rien connaître du Mexique. C'est un peu triste, à mon sens, mais chacun est libre de chercher ce qu'il souhaite dans les voyages.

Pour ma part, la beauté du voyage réside dans l'anonymat. Je m'explique: lorsque j'ai la chance de me rendre en terre étrangère, accompagnée ou seule, je ne suis personne. Nul ne sait qui je suis, je ne connais rien de ce qui m'entoure: je suis entièrement en mode découvertes. Tout est source d'émerveillement, de la spécialité locale à base de sauterelles à la magnificence des pyramides. Je n'ai aucune attente, aucun complexe: je m'efforce de m'imprégner de cette culture, souvent différente, mais en même temps si proche, de la mienne, et de me fondre dans le décor. Je ne cherche pas à retrouver mes habitudes à Mexico, par exemple: si j'avais voulu un hôtel avec Spa, je n'aurais eu qu'à prendre le métro jusqu'au centre ville de Montréal (Pas que le Spa soit vraiment une habitude mais bref...). De fait, les découvertes de nouvelles contrées entrainent, inéluctablement, une remise en cause de soi même et une ouverture d'esprit par rapport à ce qui nous entoure: ce sont sans doute là les plus beaux trésors des voyages car ils permettent de mieux comprendre pourquoi le monde ne tourne pas toujours rond. La compréhension est le premier pas vers la solution, n'est ce pas? ^-^

Lorsque je suis partie au Mexique, en 2003, j'ai enfin compris que nous étions bien peu de chose au regard de la nature et des cultures qui nous entourent. Je m'estime chanceuse de pouvoir voir et connaître tant des richesses qui parsèment notre bonne vieille Terre. Et je ne voudrais jamais arrêter, toujours découvrir et partager le plus longtemps possible ces instants privilégiés. Une photo n'est qu'un morceau d'écorce sèche arrachée à un arbre millénaire. Alors, mon ami, peut-être y a t'il des raisons psychologiques à mon instabilité géographique. Peut-être. Mais au fond, on s'en fout un peu. L'important, c'est ce que ces expéditions nous apportent n'est ce pas? ^-^

M'en vais tâcher de terminer ma thèse dans les temps, je pense. Mon sac à dos trépigne: je dois encore montrer et découvrir tant de lieux avec Jules! ^-^

28 mars 2009

Rêve d'une Vie.

"Faîtes que le Rêve dévore votre Vie, afin que la Vie ne dévore pas votre Rêve."

Tout est dit. En une phrase, Saint Exupéry a mieux exprimé ma philosophie de vie que je ne pourrais le faire en noircissant des pages entières. Vivre pour réaliser ses rêves, atteindre ses objectifs, dépasser ses limites, est, à mon sens, dix mille fois plus beau que de survivre pour réussir socialement, ou que de se laisser entraîner par le quotidien, imposé par la société qui nous entoure.

Le Rêve ne quitte jamais vraiment notre vie: il grandit en même temps que nous, il se développe et s'affine avec les années. Lorsque nous devenons adultes, il se tapit parfois dans un coin de notre tête, pour faire de la place aux soucis et aux besoins matériels immédiats. Mais il est encore présent. Il attend son heure. Un jour, il en est certain, ce sera son tour. Il sortira de sa léthargie et occupera le devant de la scène.

Mon Rêve ne m'a jamais quittée, lui non plus. Patiemment, il me regarde me débattre avec ce que notre société considère être les priorités: les études, le travail, l'argent, la situation sociale. Mon Rêve n'a pas sa place dans ces domaines. Il n'appartient pas à ce monde là. Il est libre, léger comme l'air que nous respirons. Il est doux et réconfortant: les jours où tout semble aller de travers, les instants où la vie paraît se déchirer par petits bouts, il sort de son silence pour me donner le courage et l'espoir nécessaires à la poursuite du chemin.

Aujourd'hui, ma maman s'est envolée vers la France. Elle a regagné la terre des Gaulois, laissant derrière elle un arrière goût de vide, d'imparfait. Je n'ai jamais été très douée pour m'exprimer: les mots restent pris dans ma gorge, enrouant ma voix. Il y a tant de choses que j'aurais aimé te dire, maman. Sur ce que je ressens, sur ce que tu représentes pour moi, sur mon Rêve, sur ta vie. Tant de mots qui n'ont, une fois encore, pas trouvé le chemin de ton cœur. Invariablement, ce sont les sarcasmes et le silence qui prennent leur place. On dirait que je ne suis pas capable de vaincre ce comportement d'adolescente renfermée, qui se protège en étant agressive. Se protège de quoi? Je n'en sais rien. Toujours est-il que je n'ai rien dit.Tant pis. Ce sera pour la prochaine fois. Encore.

En attendant ton retour, maman, avant que je te raconte durant des heures entières tout ce qui bouillonne en moi, ce qui me donne le courage de me lever tous les matins, avant que je ne t'écoute vraiment, sans sourire, sans sarcasme, parler de ce qui te fait vibrer, je voudrais te dire: je vais bien. Ne t'inquiètes pas. Je ne suis pas encore quelqu'un de bien car je n'ai pas encore laissé toute sa place à mon Rêve. Mais bientôt, ce sera chose faite. J'aime à le penser. Alors, embrasse papa, Bounty et tout le monde. Dis leur que je les aime. Et toi aussi, maman, si je ne te le dis pas, si je ne le montre pas assez, n'en doute jamais.

Je t'aime.

24 février 2009

Désillusion des larmes.

Étudier en Doctorat implique de s'accoutumer aux réactions semi admiratives des personnes qui font mine de s'intéresser à ce que tu fais. Comme si réaliser un Doctorat était un exploit. Pour ma part, j'ai plus l'impression d'avoir compris comment fonctionnait l'Université et de m'être moulée à ses critères. Sans être extraordinaire, je suis dans la moyenne. Comme toujours. Comme partout. A bien y réfléchir, je n'ai jamais vraiment réussi quelque chose qui me tenait à cœur: je n'ai jamais eu de vrai talent pour mes passions. J'ai écrit un livre, mais il est, en toute objectivité, très mauvais. Je dessine mais sans grand talent, je joue au Volley Ball mais avec difficulté, je voyage mais trop peu... Je m'y suis accoutumée et, au final, j'ai tout de même de la chance de vivre ces expériences.

Lorsque j'ai commencé le Kung Fu, je ne pensais pas pouvoir passer un niveau: je pensais encore me fondre dans la masse et demeurer un numéro parmi tant d'autres. Un an a passé: Fujiao a parlé de l'examen de niveau 1 et j'ai commencé à y croire. A l'idée de réaliser un passage, de concrétiser avec talent une passion, j'avais des papillons dans le ventre. Alors que j'ai parfois l'impression que ma vie fout le camp par petit bout, j'ai cru voir de la lumière au bout du tunnel. Pourtant, j'aurais du savoir que je m'emballais trop vite. La chute n'en fut que plus douloureuse.

-"Tu as beaucoup progressé, Stéphanie. Mais tu n'as pas encore le niveau."

Des bruissements dans mes oreilles m'empêchent d'entendre le reste correctement. Je sens les larmes affleurer mais je tente de les retenir. Soudain, tout le stress des dernières semaines, toute la souffrance que je gardais dans mon ventre, qui me brûlait jusqu'au tréfond de mes entrailles, s'est mué en ondes salées. Mes larmes coulaient devant Fujiao, quelque peu désemparé, et je n'étais pas même capable de sourire. Je pleurais mon frère, je sanglotais mon père, j'hoquetais mon chum, je noyais ma vie et je sentais le poids de la déception face à un rêve qui se fêle. Un espoir trop espéré? Une illusion trop illusionée ? Peut-être...En tout cas, j'avais mal.

C'était un peu idiot, quand on y pense...Au fond, ce n'est pas un "jamais", c'est un "plus tard". Ma réaction a certainement du paraître démesurée: elle l'était pour le seul examen. Parfois, je me dis que je devrais sortir mon hémisphère de cerveau dédié aux émotions et regarder où ça pêche... Ce serait sans doute un gain pour la science.

Je m'excuse Fujiao. Je ne voulais pas te mettre mal à l'aise. Au fond, tu l'auras compris, ce n'est pas vraiment ta faute: tu étais simplement au mauvais endroit au mauvais moment. Tu m'aurais dit:

-"Merveilleux! Mais tu devrais changer de coiffure!"

J'aurais sangloté pareil. Ne t'en fais pas: je vais m'en remettre et tenter d'être irréprochable la prochaine fois. En attendant, merci d'avoir voulu, quelques instants, alléger ma peine. Un jour, j'arriverai à réaliser quelque chose. Bientôt, j'aime à le croire...

21 février 2009

Cirque Magique.

Les rayons d'un pâle soleil d'hiver éclaire un ciel bleu sans nuage: Montréal s'éveille doucement en ce samedi matin glacé. Aujourd'hui, je vais assister au Festival Mondial du Cirque de Demain à la Tohu: je suis aussi excitée qu'une enfant avant sa première descente en luge! ^_^

Petite, j'avais une fascination un brin idolâtre pour les trapézistes. Ils m'impressionnaient par leur agilité, leur grâce et leur aisance dans les airs. Ils volaient littéralement. Étrangement, cette impression s'avérait surtout pour les femmes, peut-être plus souples. Les yeux brillants, le corps tendu vers ces êtres magnifiques qui évoluaient à trois mètres du sol, je ne perdais pas une miette de leurs prouesses aériennes. Les tigres et les lions me plaisaient également, bien sûr, mais je trouvais toujours qu'ils avaient l'air malheureux, sale et tristes. Oui, j'"humanisais" déjà tout ce qui m'entourait. ^_^ De fait, j'étais partagée entre l'émerveillement de voir de mes propres yeux ces majestueux animaux et la tristesse de les savoir loin de leurs contrées natales.

J'aurais aimé être une artiste de cirque: vivre dans une roulotte, donner de la magie aux enfants et aux adultes qui me regardent, voler pour quelques secondes dans une réalité différente. Mais le spectacle prenait fin et nous devions retrouver nos vies, pour le meilleur et pour le pire. De toute façon, maladroite comme je suis, j'aurais certainement trouvé le moyen de trébucher sur le pilier central du chapiteau ou de déchirer la toile. ^_^

Au Québec, j'ai découvert le Cirque du Soleil et j'ai vraiment été fascinée par la beauté des représentations. Très complet, alliant théâtre, musique, chant, numéros, il rappelle les fameux "Mystères" médiévaux. Le temps s'arrête pour laisser place aux poussières de magie et de rêve. Je suis au premier rang et, pourtant, je ne suis plus là.

Je retourne au cirque dans quelques heures et un grand sourire ne me quitte déjà plus. Il paraît que j'ai des étoiles dans les yeux, à défaut d'en être une. ^_^

20 février 2009

Ironie d'une vie.

Mon père est certainement une icône de mon enfance. La majeure partie de mes études ou de mes réussites diverses ont eu sa reconnaissance pour principale motivation. Il a tenté, durant de longues années, d'inculquer à ses enfants la débrouillardise, l'autonomie, de les prémunir contre la désillusion et la déception en leur montrant le revers de la médaille. L'un des principaux traits de caractère qu'il a forgé en nous est certainement la persévérance et la ténacité: ne jamais abandonner, ne jamais montrer de faiblesse et toujours se relever après une chute.

Le principal reproche que mon père me fait encore aujourd'hui est de vouloir sauver le monde. Au sens figuré, bien sûr: je ne projette pas d'en prendre le contrôle pour éradiquer la race humaine...

Quoique... Si Dart Vador veut passer un marché avec moi...

Mais je m'égare, une fois de plus. Aujourd'hui, j'aimerais être capable de "sauver le monde" pour vrai.

Il est toujours délicat d'accompagner un malade au travers des épreuves qu'il traverse. Parce que, en tant que personne saine, nous avons parfois du mal à imaginer et à ressentir sa souffrance. Pourtant, on ne peut pas s'éloigner et le laisser seul, face à lui même. Car le moins que nous puissions faire, c'est d'être là et de l'écouter, même si le poids de ses souffrances est parfois trop lourd pour nos épaules. Lorsque je pense à mon frère, j'ai des remords de ne pas avoir été présente au moment où il en avait le plus besoin. J'ai mal à l'intérieur de moi, comme si un feu consumait en permanence mes organes internes. Mais je ne peux pas revenir en arrière: je dois regarder vers l'avant.

Aujourd'hui, c'est une amie qui a besoin d'être soutenue. En un instant, son rêve de vie et de futur a basculé dans un cauchemar sans fin et elle souffre. J'essaie, cette fois, de ne pas m'enfuir, d'écouter et d'encourager. Mais que répondre à une enfant qui vous écrit qu'elle n'a plus le goût de vivre? Comment lui expliquer que sa vie n'est pas finie, que tout n'est pas perdu, qu'elle n'est pas la première à vivre cette épreuve?

La vie est ironique. Pour ma part, je ne veux pas d'enfants, pour toute sorte de raison. Elle, c'était sa raison de vivre. Je pourrai en avoir dix. Elle, aucun.

Parfois, j'aimerais croire en un Dieu quelconque, juste histoire d'avoir quelqu'un à qui en vouloir pour les dures réalités. Je sais: c'est pas sa job...

Il paraît que la vie est bien faîte.

On dirait qu'elle fout le camp, elle aussi...