30 octobre 2014

L'échec d'un rêve.

Parmi les choses qui me sont difficiles dans la vie, citer mes qualités arrivent dans le peloton de tête. Je suis fondamentalement incapable de me trouver des qualités. N'y voyez pas une fausse modestie mal placée ou un manque de confiance en moi trop profond: c'est simplement à cause de ma trop grande propension à tergiverser. J'ai passé (et je passe encore) tellement de temps à analyser ce qu'il se passe autour de moi, ce que je dis, ce que je fais, jusqu'à ce que je ressens que je ne peux qu'y trouver des failles en permanence: on appelle ça de l'égocentrisme poussé à l'extrême. Et si je faisais semblant, inconsciemment, d'être "drôle et sympathique" (SIC) pour qu'on ne me rejette pas? Toutes mes actions me paraissent faussées et cela me pose un réel problème lorsque je dois énumérer des qualités. Bien sûr, je vais arriver à argumenter lors d'un entretien d'embauche (avec succès, d'ailleurs, comme on peut le voir...) car ce qu'on me demande ne relève pas du personnel: je sais ce qu'on attend de moi et je peux m'appuyer sur ce que je sais faire pour défendre ce que je suis. C'est une autre paire de manche lorsque cette question arrive sur le plan personnel. Je ne sais pas comment je me débrouille mais, alors que j'hais cette question qui me laisse toujours sans voix, je finis toujours par créer cette situation. Le pire, c'est que cela donne à mon interlocuteur l'impression que je voudrais qu'il cite mes qualités à ma place (summum de la fausse modestie!) mais cela ne fait que me mettre plus mal à l'aise tant j'ai l'impression que je ne corresponds pas au portrait qu'il me dépeint. Pousser mon égocentrisme jusqu'au bout, je pourrais sans doute débattre pied à pied chaque argument qui m'est donné mais à quoi bon? Je ne souhaite pas réellement que ceux que j'aime s'aperçoivent que je ne suis pas celle qu'ils croient et que toutes les qualités qu'ils me prêtent ne sont que les effets d'un mirage. Je suppose que le temps leur dira pour moi, comme cela semble être le cas pour Jules...

Je ne sais donc pas définir mes qualités mais il y a une chose dont je suis sûre me concernant: je suis une rêveuse. Une vraie de vraie, mais une version "moi, je" encore. En clair, je ne rêve pas de paix dans le monde et de bisounours - mon cynisme a eu raison de ceux-là il y a longtemps - mais je suis toujours pleine de millions de projets que je voudrais réaliser la semaine prochaine si je le pouvais: faire le tour du monde, vivre au Japon, réaliser des missions humanitaires, faire des études de médecine (ouin, je sais...), de vétérinaire, de biologiste (mon prof de biologie qui m'a vu réaliser mes plus beaux dessins durant ses cours doit s'étouffer quelque-part dans ce monde), écrire des romans à succès et des nouvelles sans lendemain, ouvrir un magasin de robes de mariées (c'est une longue histoire...), élever des golden retrievers, ouvrir un refuge pour animaux, un orphelinat de type Neverland pour tous les enfants du monde, voir les cerisiers en fleur au Japon, les temples du Laos et du Cambodge, traverser le Canada en Westfalia,... Bref, j'aurais besoin de quelques vies de rechange j'imagine. 

Lorsque j'étais enfant, je me disais que j'aurais au moins fait la moitié de tout ça à mes trente ans. En Doctorat, je me disais que je prenais du retard dans mon planning mais c'était reculer pour mieux sauter: avec la pléthore d'emplois que j'aurais en terminant, je pourrais tout faire en deux ans! Et puis, un jour, tout doucement, je me suis heurtée de plein fouet à cette saleté de réalité qui vous attend au détour du chemin. Quelle idée de faire des tournants sur les chemins, d'abord! Elle m'attendait là et ça la faisait doucement rigoler de m'entendre babiller mes projets comme si rien ne pourrait m'empêcher de les réaliser. Après tout, j'ai toujours tout réussi dans la vie - beaucoup par esprit de contradiction, certes (il est vrai que lorsque tout le monde ou presque pense que vous allez vous planter, y a moins de risque à tenter le coup. Personne ne sera déçu sauf vous si ça ne marche pas). Alors, même si les Augures ne paraissaient pas très bonnes après mon Doctorat d'Histoire, je n'ai juste même pas réfléchi que je pouvais, trois ans plus tard, réaliser mon premier échec. Et il est de taille. J'ai 32ans, un Doctorat qui ne sert à rien et une douzaine de hottes remplies de rêves impossibles qui pourrissent dans un coin de mon cerveau. Autour de moi, je regarde mes amis et ma famille grandir, vivre, évoluer, avancer sur leur chemin de vie tandis que je ne trouve pas le moyen d'enjamber cette réalité qui me barre la route. Et avec moi, je garde Jules, prisonnier, incapable d'avancer sur son chemin parce que cela fait plus de dix ans qu'il attend demain avec moi. Car demain, tout ira mieux. Ou peut-être pas finalement...Et parfois, je me demande si j'ai le droit de le retenir ainsi.

Je me sens comme prisonnière derrière une vitre, condamnée à regarder vivre ceux qui me sont chers, à échafauder des projets sans jamais pouvoir les atteindre ou les réaliser. Et si je m'étais menti à moi-même sur ce que j'étais réellement? 

26 février 2014

Être la coqueluche de son système immunitaire!

Je me disais aussi que ça faisait longtemps que je n'avais pas été malade. Je me demandais même si mon système immunitaire n'aurait pas repris du service et engagé un peu de personnel pour renvoyer tous les microbes chez eux. En fait, non: il me concoctait une plus grande surprise. Il est parti en vacances sur une île déserte, me laissant paisiblement faire la connaissance de sa dernière copine en date: la Coqueluche. Alors, voyez-vous, jusqu'à il y a 2 jours, la Coqueluche, c'était 1/ Une maladie infantile (donc, comme son nom l'indique, elle ne s'attaque qu'aux mignons petits anges à la voix fluette - non, à une vieille de presque 32 ans) et 2/ un terme pour désigner de façon imagée quelque-chose de populaire (d'ailleurs, pourquoi??). Bref, cela n'avait rien à voir avec moi. Mais bon, après deux semaines de toux sèche, désagréable, par quintes à m'en étouffer, il a bien fallu me rendre à l'évidence: ce n'était pas un simple rhume. Je suis donc allée chez le docteur qui a prononcé ma sentence: la coqueluche. 

Alors, bon, vu ma connaissance de la maladie (voir les deux points ci-haut), je n'ai pas été prise d'une panique absolue. Je me disais bien que je devais être contagieuse mais je ne pensais pas générer un tel vent de panique autour de moi. À chaque fois que je l'annonce (mon papa, mes amis, mes collègues), il y a comme un émoi et un moment de latence. Genre, je viens d'annoncer que j'avais une maladie qui allait me condamner à des mois d'hospitalisation. Sauf que non. Je veux dire, certes, c'est pas agréable: je tousse beaucoup (quoiqu'après deux semaines et demie et deux jours d'antibiotiques, cela va déjà mieux), je m'étouffe, je ne dors pas (et empêche Jules de dormir aussi par la même occasion) et mes muscles fatiguent mais ce n'est pas non plus la pire maladie que j'ai eue, me semble. Je garde un souvenir beaucoup plus désagréable de l'hépatite A qui m'empêchait de manger et me donnait des malaises à tour de bras, dès que je faisais trois pas. Bon, me direz-vous, c'est peut-être le côté contagieux de la chose qui fait peur. J'avoue. Surtout que c'est dangereux pour les tout-petits alors si on en a la maison, c'est sûr, c'est flippant. 

Pour ma part, chaque jour est une petite victoire. Cela ne m'empêche pas de travailler - même si je reste cloîtrée chez moi - et les médicaments (ou le temps?) ont quelque peut calmé ma toux: c'est déjà bon pour mes muscles qui voulaient me quitter. Tout le monde me parle aussi de la durée de la maladie. Perso, ça fait deux semaines et demie et j'espère en avoir pour une dizaine de jours max encore parce que j'ai quantité de choses à faire! C'est vrai, quoi, j'ai un poste à trouver cette année! ;)

20 février 2014

Les intégristes catholiques ou la vision rétrograde de la société au 21e siècle.

Civitas veut interdire la diffusion de Tomboy. Rhââ! Arrêtons-nous quelques instants pour regarder notre magnifique société du 21e siècle: les héros sont les Américains, les gros méchants ne sont plus les Russes (quoique...) mais les vilains intégristes musulmans et l'idéal de la société consiste en un beau petit couple - blanc de préférence - qui vit dans un pavillon de banlieue avec deux enfants et un chien. C'est pas beau tout ça??? Alors, j'aimerais prendre quelques minutes pour pointer du doigt ce qui se passe depuis quelques mois en France: le retour en force des intégristes catholiques! Alors, certes, ils ne viennent pas se faire exploser dans un bus pour défendre leurs idées mais ils militent ardemment pour censurer tout ce qui ne leur convient pas dans notre société - au diable la liberté d'expression et l'Art, si vous me permettez ce mauvais jeu de mot! Le plus beau dans tout ça, c'est que ces gens-là se battent contre des moulins à vent: je ne vais pas rentrer dans le débat de la théorie du genre enseignée à l'école, tout ça, tout ça, cela a déjà été démontré cent fois que 1/ ce n'était pas dans les plans et 2/ce n'était pas aussi extrême que les militants veulent bien le dire. Non, je m'interroge surtout sur le cerveau de ces personnes qui semblent complétement dénuées d'esprit critique et suivre bovinement ce qu'ils entendent à la télé. Je note aussi, avec une petite pointe d'amertume, que s'il n'y a pas de kamikazes au sens strict, on a quand même un paquet de gens qui veulent revenir au Moyen-Âge et à l'Inquisition pour tous ceux qui pensent différemment! Personnellement, je ne vois pas vraiment la différence de mentalité...


17 février 2014

L'internationale incompétence de la Poste.

Ce qu'il y a de bien avec la Poste, c'est que, peu importe le pays, tu te sens toujours un peu chez toi. C'est incroyable comment un service qui paraît pourtant simple (tu envoies à une adresse/tu reçois à une adresse) devient kafkaïen quand la mauvaise volonté s'installe du côté du facteur... Parce que, bon, c'est quand même un peu lui l'acteur central du bon déroulement du service alors si ça ne lui tente pas de venir porter ton courrier chez toi parce qu'aujourd'hui il a poney, ben tu l'as un peu dans l'os... On se rappelle tous, avec une petite pointe de nostalgie, l'épique épisode de mon paquet d'anniversaire livré chez la voisine (parce que Stephanie et Thérèse, c'est pareil), alors laissez-moi vous conter le pan français d'un même constat - notre dépendance à la bonne volonté d'un être humain...

Habituée à me procurer mes livres de référence sur Amazon, plateforme pratique qui me permet de trouver des ouvrages peu courants et indispensables à mes recherches, j'ai osé faire de même en France, il y a quelques semaines déjà. Le colis part de son point de départ et doit arriver, me dit le suivi colissimo, jeudi 13 ou vendredi 14 février. Très bien. Je prévois donc de travailler de la maison ces deux jours en attendant Monsieur Facteur. Le jeudi passe dans un silence digne d'une bibliothèque lorsque, vers la fin d'après-midi, je vois le statut de mon colis se changer en "colis non livré car destinataire absent". Mmh??? Euh non non, j'étais là! Vous pouvez demander aux chats, ils n'ont pas arrêté de me mettre des poils partout sur les vêtements. Bref, je suis d'un naturel magnanime, je suppose que le facteur était dans le jus et qu'il n'a pas eu le temps de passer. Je râle un peu mais j'attends au lendemain.

Lendemain qui, il faut le dire, ressemble beaucoup à la veille: travail depuis la maison dans un silence de mort jusqu'au soir où, subtilement, le statut change de la même façon que la veille. Là, par contre, je le prends mal: que le facteur ait eu piscine la veille et n'ait pas voulu monter les sept étages pour me porter mon colis, soit. Ça peut arriver. Mais s'il n'a juste jamais l'intention de le faire, pourquoi ne pas juste me laisser un avis dans ma boîte aux lettres pour que je puisse aller le chercher moi-même à la poste? Non, parce que ça sert à rien de le trainer dans sa voiture pour ne jamais me le donner... Qui plus est, il n'a laissé aucun avis. Je râle ouvertement auprès du service client colissimo qui fait une enquête auprès de son "agent" et me "rappelle tout de suite" (j'attends encore.). Comme par miracle, les avis de passage apparaissent dans ma boîte aux lettres le samedi matin, datés de la veille et mentionnant que mon paquet sera disponible au dépôt (à 50m de chez moi) dans ... quatre jours! Oui, oui: quatre jours pour aller déposer un paquet dans le dépôt situé à un coin de rue de là. Pour un paquet, rappelons-nous, que ce cher facteur n'a jamais daigné me porter lui-même, estimant sans doute que je n'étais pas là puisque je n'avais pas mis de banderole "Welcome Facteur" sur ma porte...

Bref, je suis plutôt en colère. Je vais avoir mis autant de temps pour recevoir ce livre que si je l'avais commandé au Canada! Et j'habite à Paris, hein? Pas dans un village au fin fond de la campagne où ils coupent des postes de facteur! Non, non! C'est quand même impressionnant... J'ai évidemment porté réclamation, tout en sachant que ma plainte a dû être "déposée" dans la déchiqueteuse - au moins, ça m'a soulagée. Moralité: la poste, c'est partout pareil - si tu veux être sûr de recevoir quelque-chose, ce n'est pas par eux que ça passe...

14 février 2014

Avoir un enfant.

Avoir un enfant. Ne pas en avoir. La question est dans toutes les têtes, ces temps-ci. Entre ceux qui militent contre le droit de tout un chacun d'avoir le choix d'en avoir ou pas et les articles de journaux présentant la parentalité comme une norme sociale, il n'y a pas un angle qui ne soit abordé. C'est étrange car c'est une question qui se pose dans nos société ultra modernes, hyper connectées, dans lesquelles nous n'avons plus le temps d'avoir le temps - alors de s'occuper d'un enfant... Pourtant, il est vrai que peu sont les gens qui avouent ne pas vouloir d'enfant. La plupart pense juste qu'ils en auront plus tard, après avoir vécu tout leur soûl, un peu comme s'ils pensaient que leur vie s'éteindrait dès l'instant où ils auront un enfant. Il est vrai que plus rien n'est pareil ensuite...

Personnellement, je n'ai jamais vraiment ressenti le désir de pouponner. J'ai une peur bleue de me réveiller un matin avec cette envie et qu'il soit trop tard mais, pour l'heure, rien de cela sous le soleil - même si je trouve vraiment classe tout ce qu'on peut sortir pour les bébés aujourd'hui. Jules non plus ne manifeste pas un désir flagrant de fonder une famille. Bref, on vacille en fonction du vent, de nos hormones, de nos humeurs sans jamais vraiment nous décider. Je discute parfois du sujet avec mes amis mais ce n'est pas vraiment notre sujet de prédilection, d'autant que beaucoup sont en voie de commencer leur famille. Et puis, il y a le fait que je trouve presqu'arrogant de ne pas vouloir d'enfants quand tant de personnes en voudraient sans vraiment le pouvoir. Je repense souvent à ma soeur qui, sans jamais l'exprimer vraiment, à porter son désir d'enfants envers et contre tout, passant par des moments douloureux (la PMA n'est pas la promenade de santé que l'on croit) et d'innombrables doutes. Même si elle n'est pas la championne de la communication, je pouvais presque sentir sa tristesse de ne pas y arriver. Elle qui voulait une fratrie soudée, nombreuse, un peu à l'image de la nôtre, elle devait se battre pour en avoir un second - sans doute le dernier. Mais elle n'est pas la seule. Autour de moi, mes amies devant affronter les embûches de la nature pour avoir un bébé sont légion. 

Dans ce tourbillon de désirs blessés, peu de personnes s'expriment. Parce que ça touche quelque-chose de personnel, d'intérieur, un tesson de bouteille jetée à la mer. Emmurés dans leur silence, dans leur tristesse, ils voient leur rêve se heurter à la limite de la science, à la fragilité de la nature humaine puis, tout doucement, ils glissent vers la détresse solitaire. Car c'est un sujet que l'on aborde peu dans notre orgie d'articles et de manifestation pour ou contre le droit des autres d'avoir des enfants. Personne ne parle de la solitude de ceux qui n'ont juste pas d'autre choix que de vivre sans, situation que nos sociétés stigmatisent. La norme, c'est la famille parents-enfants. Si tu n'en as pas, tu n'es pas vraiment "normale", on te range dans la catégorie de ceux qui ont échoué, dans cet espèce de trou noir où on met tout ceux dont on ne connaît pas le mode d'emploi. Isolé par ta détresse, tu te retrouves aussi laissé sur le bord de la route par la société parce qu'elle ne sait pas trop quoi faire de toi: tu ne fais pas partie de ceux qui ne voulaient pas d'enfants ( à qui on peut facilement jeter la pierre car c'est clairement des égoïstes, nous disent les bien-pensants) mais tu n'en as pas quand même alors on t'ignore. 

La Nature est bien faite, dit-on. Peut-être mais pas la société et aujourd'hui, plus que jamais, on est bien seul lorsqu'on ne rentre pas dans la norme. Bien seul et bien triste. 

7 février 2014

La dépendance à l'ésotérisme.

C'est impressionnant comment nous sommes influencés par notre environnement familial. Pour les idées, bien-sûr, on a plus tendance à suivre les exemples de nos parents lorsqu'on a baigné toute notre enfance dans des discussions orientées et un modèle de vie que nous avons inconsciemment catégorisé comme étant la norme. Mais je remarque que nous pouvons aussi hériter d'un rejet profond des choses lorsque leur pratique par notre entourage nous a énormément choqué: je suis, pour ma part, profondément et intrinsèquement allergique à toute forme de crédit - je ne parle même pas de ceux à la consommation qui me provoquent des nausées - et, il faut bien l'avouer, de plus en plus à toute forme d'ésotérisme, religion et autre spiritualité. J'ai toujours pensé que cette dernière tendance devait être personnelle: "crois en ce que tu veux mais laisse-moi tranquille avec mes convictions et, surtout, ne pense pas que cela te donne la science infuse". Voilà, grossièrement, ce que serait ma vision des choses en matière de spiritualité. 

Or, ces derniers temps, j'ai envie de renvoyer bouler d'un revers de la main tous ces trips chamano-trucs et médiuméniques. Pourquoi? Eh bien parce que je vois ma maman se noyer dedans. Voyez-vous, ma maman, un peu comme mon papa, ont toujours été des exemples pour moi: ils ont leurs défauts, c'est indéniable, mais ils m'ont élevée dans la communication, la discussion, la remise en cause de tout ce qui m'entourait et que je croyais pour garder un esprit ouvert. Comme disait l'autre, "Je sais que je ne sais rien". C'était un peu notre credo chez nous - même si nous avions quand même des petites orientations. Ma maman, par contre, a toujours eu le don de s'enticher d'amis étranges, qui s'avèrent plus dans une logique de "preneur" (selon la définition d'Adam Grant dont vous pouvez lire la thèse ici) tandis que ma mère est clairement un "donneur". Bilan? Ma maman se fait essorrer émotivement jusqu'à la moëlle alors que ses "amis" abusent largement de son désir de plaire et d'être appréciée. Rien ne me fait autant de peine que de voir ces échanges inégaux. L'amitié, c'est quelque-chose de gratuit: qu'on ne puisse pas espérer l'entretenir sans avoir à participer à douze mille trucs payants, envahissants et obnubilants, ça ne rentre pas dans ma tête. 

Bref, le dernier trip de ma maman est de faire partie d'un groupe de médiums - canalisateurs - transes truc. À la limite, si ça reste un point commun d'amis et une spiritualité personnelle, pourquoi pas? Mon problème, c'est que pour devenir médium-canalisateur truc, il faut (évidemment, oserais-je dire!) payer! Des stages, des livres, des rencontres, des transes, etc. tout est prétexte à payer et comme c'est une croyance non encadrée car non reconnue officiellement, il n'y a évidemment pas de grille tarifaire ou de promotions! Du coup, ma maman, convaincue que ça lui fait du bien (mais je me demande, pour ma part, si c'est de passer du temps avec ses amis OU la transe qui fait ce "bien" là), n'hésite pas à dire oui à tout, la bouche en coeur. Etant donné la petite retraite qu'elle touche, un mois sur deux, elle est dans le trou et un mois sur deux, elle a une peur panique dès que papa lui demande de payer un stationnement à 4 euros ou des courses, parce qu'elle n'a plus une cenne et qu'elle n'ose pas lui dire (le côté bourru et obtus de mon papa à ce sujet n'aide pas, je le reconnais). Personnellement, ce stress la met dans un tel état de colère contre elle-même que je ne vois pas clairement le "bien" qu'elle a retiré de ces séances...

Ce qui m'ennuie vraiment dans tout ça, c'est le changement que cela a eu chez ma maman ouverte d'esprit. Elle est devenue dévote. Impossible de penser différemment: c'est choquant si on ne croit pas ce en quoi elle croit. Si je ne veux pas utiliser ses "couleurs" pour guérir d'une angine, c'est que je mérite d'être malade! Nous avons même eu une discussion enflammée sur les vaccins car elle est à la limite de ne plus jamais vouloir voir un médecin classique, préférant se soigner avec des jets de lumière et des transes. Son esprit est celui de n'importe quel croyant trop intense: il pense avoir la science infuse et toi, pauvre infidèle, tu ne sais même pas le reconnaître. C'est un peu ça... Suite logique de cette façon de penser, elle veut passer plus de temps avec ses "amis", ceux qui savent, eux, la Vérité, et moins avec nous, sa famille, qui est bien gentille mais visiblement barbare. Insidieusement, ses rencontres et stages ont grignoté son temps en France: avant, elle s'arrangeait pour que les semaines que nous passions en France, elle soit avec nous. Maintenant, ça a l'air d'être un poids monstrueux dès qu'elle doit annuler ou déplacer une séance et elle n'hésite pas à y aller si on reste trop longtemps. Vous comprenez, six semaines sans transe, elle pourrait peut-être perdre ses amis ou son ange... Bref, lentement mais sûrement, et quoiqu'elle en dise, elle nous fait passer au second plan pour se consacrer pleinement à ses croyances et aux exigences que cela demande. Telle une dévôte. Le terrain étant suffisamment gagné en France, c'est au Canada que désormais il cherche à avancer: avant, elle venait nous voir, passait du temps avec nous, allait voir ses amis, etc. lors des quelques semaines qu'elle passait au pays des glaces. Maintenant? Elle se planifie des stages de deux semaines avec des gens qu'elle connaît à peine mais qui sont forcément ses amis puisqu'ils partagent le même trip qu'elle. Eux, ce ne sont pas des infidèles comme nous. 

Je deviens allergique à toute dépendance: financière, spirituelle, etc. Elles vous avilissent, vous emprisonnent, vous éloignent de ce qui est important dans la vie. Je perds ma maman à cause de ses croyances. Petit à petit, elle s'éloigne de nous en prétextant que tout ça, c'est notre faute, c'est parce qu'on ne la comprend pas. Il n'y a rien à comprendre: lorsqu'il y a exigence de temps, d'argent et qu'on préfère y succomber qu'être auprès de nos proches, il y a clairement un choix à faire. Elle l'a fait. Elle me manque...

4 février 2014

Déménagement à Paris: le doute est dans la place.

Ce n'est pas nouveau: j'aime déménager. En fait, j'aime changer de lieu de façon un peu paradoxale car j'aime aussi être installée et me sentir chez moi. Bref, je suis un être complexe. Au Canada, cela nous a permis, Jules et moi, de trouver THE appartement: grand, beau et bien placé, l'amélioration par rapport à notre ancien logement ne faisait aucun doute. À Paris, ce n'est pas tout à fait la même chose. D'abord, il y a les importants dossiers qui sont un frein pour bien des appartements: aller chercher les rapports d'impôts de sa famille sur trois générations pour justifier qu'on peut payer son loyer a de quoi refroidir même le plus motivé des déménageophiles! Ensuite, il y a aussi le montant des loyers: changer, oui, y passer toute sa paye, non. Du coup, le changement de logement pour le meilleur n'est pas toujours évident. 

Jules et moi avons pourtant tenté l'aventure. Non pas que nous soyons fondamentalement mal dans l'appartement où nous sommes actuellement - le côté septième étage et duplex rend la chose parfaitement agréable. Mais bon, toujours impulsive et croyant voir la bonne affaire partout, je me suis laissée attirer par l'annonce d'une jeune-fille sur le site de mon ancienne école. Nous visitons: le quartier est sympa, l'appartement est plus grand et meublé et la jeune demoiselle est arrangeante. Sans doute trop d'ailleurs mais je n'y accorde pas d'importance. Le choix n'est cependant pas facile: contrairement à Montréal, les avantages et les inconvénients se retrouvent de façon différente dans les deux appartements et trancher n'est pas facile. Si nous avons plus de cachet dans le nouveau - appartement typiquement parisien - nous avons aussi une micro salle de bains. En outre, elle nous demande de payer la moitié du loyer de février. C'est un peu intense pour nous... Malgré tout, nous décidons de continuer car nous gagnons en espace et en indépendance: la vie en résidence étudiante a ses limites à nos âges. Hier soir, nous avons récupéré les clés et nous entamons les démarches de déménagement: à compter du 24 février, j'espère bien être dedans.

Aujourd'hui, ma maman, en transit avant son vol vers Montréal, arrivait à Paris. Je l'ai amenée voir l'appartement. Nous nous rendons alors compte que le frigo coule car il n'a pas été dégivré et qu'il n'y a plus d'électricité. Nous passons une bonne heure à nettoyer le lieu. Nous constatons aussi que la jeune fille n'a pas commencé l'ombre d'un carton et que le couvercle de la boîte aux lettres a tout bonnement été enlevé. Insidieusement, le doute s'installe: et si c'était finalement un plan louche? J'essaie de réprimer ces pensées. Après tout, nous avons les clés. Mais pour une fois, ce changement ne s'est pas fait de façon évidente - même si très (trop?) facilement - et joyeuse. Le doute est encore là et j'ai hâte qu'il s'en aille...

25 janvier 2014

Gorfou - Jules à l'assaut de la capitale française!

Une fois n'est pas coutume, je vais faire un peu de publicité! :) Jules est un musicien de formation et de passion. Même s'il n'haït pas le dessin, il aimerait percer dans ce milieu et il en a le talent, c'est indéniable. Après, que ce soit super méga mieux de dépendre de son talent pour vivre que d'une job alimentaire, le débat est ouvert. J'ai toujours pensé que cela rendait l'Art esclave des besoins matériels lorsqu'on n'avait que ça pour vivre. Parce que bon, à moins d'être David Guetta ou Bono, les artistes qui percent immédiatement et peuvent vivre sur leurs oeuvres choisies uniquement par eux ne sont pas légion. Du coup, j'imagine que si on veut ne vivre que de son Art, on est exposé au risque de devoir faire des concessions, des compromis pour celui ou celle qui va vous donner l'argent pour payer vos factures. Je ne l'ai jamais vécu personnellement mais j'avoue avoir plutôt la philosophie de Cyrano de Bergerac sur ce point. Lorsque je pense à mes écrits, "mon sang se coagule en pensant qu'on y peut changer une virgule".  

Mais je m'égare. Donc, Jules est un musicien et il pratique son Art depuis des années, sans relâche, dans un coin de notre appartement. Avec le temps, sa musique a évolué, suivi des chemins de traverse pour s'inspirer de différents courants et pour finir par n'appartenir à aucune véritable catégorie mais bien par refléter son âme. Car ce n'est pas une étiquette qui fait la qualité d'une oeuvre, n'est-ce pas, mais bien la vie qu'on y insuffle. Aussi, n'irais-je pas dans la description trop poussée, à laquelle je n'entends rien de toute façon, mais je vous invite à découvrir par vous-mêmes ses oeuvres et à l'encourager autant que possible en les diffusant, en les commentant (toujours de façon constructive), en les aimant. Tout talent mérite sa place publique pour y être exposé! 






Si vous aimez son style et que vous faîtes partie de la grande famille Facebook, il a sa propre page:
https://www.facebook.com/gorfoumusic

N'hésitez pas à partager! :) 

5 janvier 2014

Les joies des appartements-placards parisiens!

Retour à Paris donc retour aux micro-appartements hors de prix. Je n'aime pas les généralités mais certaines, il faut le reconnaître, ont un relent de vérité nue. Nous sommes donc passés de notre superbe 5 1/2 (comprendre: un 110m2 composé de trois chambres + Salon + cuisine + SDB + Balcon) à l'équivalent de notre cuisine toute seule. 34m2 qualifié de "duplex" (c'est à dire avec 20m2 au sol et le reste en mezzanine ouverte sur la pièce principale) au 7e étage d'une résidence étudiante. Au prime abord, l'ensemble est relativement bien entretenu - quoique nous ne finissons pas de remplir la liste des dysfonctionnements et autres ennuis rencontrés depuis notre installation. L'avantage du côté "faux duplex", c'est qu'on a de très hauts plafonds et une grande fenêtre qui nous laisse une belle vue sur les toits parisiens et le lever de soleil. Le désavantage de cet appartement-placard, c'est que la cuisine, elle, est vraiment un placard. Elle est "rangée" dans un coin de la pièce et se ferme par des portes coulissantes. 

Dans un espace aussi restreint, forcément, oubliez la machine à pain, la yaourtière et les douze robots trucs que nous collectionnions avec un mélange de passion et de fétichisme dans notre logement montréalais. Ici, tu vas à l'essentiel: un frigo de la taille d'un nain de jardin, deux plaques électriques qui se serrent contre le mur, un micro-espace pour poser deux assiettes à sécher, un évier si petit que pour laver un plat, il faut s'y prendre de côté et un four micro-ondes le plus basique qui soit. Oui, votre esprit observateur ne vous a pas trompé: pas de four. Cela peut paraître insignifiant mais c'est impressionnant ce que nous pouvons faire avec un four en fait. 

J'ai réalisé cruellement son absence hier, alors que j'avais entrepris de cuisiner une délicieuse pizza artisanale comme j'en faisais durant mon jeune temps. Je mélangea mes ingrédients pour faire ma pâte, pétris le tout, laissa gonfler et obtint une boule aérée et odorante: un régal s'en venait. Sauf que, on s'en rappelle, je n'ai pas de four. Pour faire cuire une pâte de pizza sans four, ça va mal. Ne me laissant pas désarçonner par l'adversité, je me tourne vers Internet - puits de science et d'ânerie en ce bas-monde. J'y trouvais l'avis d'Annie qui déclarait fièrement avoir réalisé une pizza à la poêle exquise. Parfait, me dis-je! Je m'attèle donc à faire cuire ma pizza dans ma poêle un peu cabossée - fournie par la Résidence. Détail qui n'était cependant pas mentionné par Annie et dont je n'ai pas tenu compte: j'ai des plaques électriques. Et alors, me direz-vous? Eh bien, c'est le genre de plaque qui mettent dix jours à chauffer mais qui, lorsqu'elles ont commencé, ne sont plus capables de s'arrêter. Du coup, entre ma poêle de qualité supérieure et ces plaques ultra performantes, ma pizza ressemblait soudainement à un morceau de charbon du côté face et à de la pâte crue chaude du côté pile. Clairement, j'ai du travail à faire pour apprivoiser ma cuisine-placard. En attendant, on va manger des pâtes...

4 janvier 2014

Des chapitres douloureux de nos vies.

Eh voilà! Six ans plus tard, nous revoilà à Paris. J'ai obtenu une bourse de Postdoctorat de neuf mois et c'était une chance à ne pas rater: les deux dernières années nous ont montré qu'il ne fallait rien laisser passer si on voulait s'en sortir en Histoire. Ce départ s'est fait dans le déchirement, cependant. Aussi enthousiaste que je suis d'avoir retrouvé mon pays, mes racines - même si nous sommes encore un peu trop au Nord pour qu'elles s'épanouissent pleinement - ma famille et mes amis, j'ai laissé derrière moi d'autres amis, d'autres bouts de ma famille avec qui j'avais tissé des liens étroits. Ma soeur avec qui je partageais l'éloignement du pays natal, mes neveux qui vont grandir sans moi et sans mes poissons panés purée, ma cousine et son chum avec qui nous avions établi des relations hebdomadaires - sinon quotidiennes - intenses. Ces deux dernières années, notamment, avec ma soeur et ma cousine, ont été exceptionnelles. Installées dans le même quartier, on s'est sans doute plus rapproché que les quinze dernières années nous avaient permis de le faire. Et pourtant, il a fallu partir, laisser tout cela derrière nous et avancer vers un avenir incertain. 

Ce n'est pas la première fois que je ressens ce déchirement, cette sensation de laisser un bout de moi à chaque départ et de ne plus appartenir à aucun univers. Mais ce départ laisse un goût rance dans la bouche, probablement parce qu'il n'a pas de date officielle de retour, parce qu'il n'a pas de solution miracle pour que tout soit pour le mieux. Je n'oublie pas à quel point j'ai souhaité revenir ici, près de ma famille et de mes amis restés en métropole mais mon coeur se serre à l'idée que tout ce qu'il a vécu au cours de ces six dernières années sont bel et bien finies. Désormais, je verrais mon Yankee préféré et sa douce, leur petit garçon, mes amis d'Histoire, du Kung-Fu et d'ailleurs bien moins souvent et ce ne sera jamais pareil. La vie continue, chacun va voguer de son côté et, petit à petit, on va se réveiller chacun d'un côté du Lac sans qu'on ait eu bien conscience de dériver à ce point. Je pense que c'est en partie pour ça que je déteste grandir ou vieillir. Ce n'est pas tant que j'haïs la vie que je mène en tant qu'adulte: très honnêtement, je suis tellement gâtée d'avoir une famille et des amis comme les miens pour m'accompagner et m'éviter de trébucher trop souvent. Par contre, je déteste l'effet qu'a le temps sur les relations longue distance de n'importe quelle type. J'exécre ne plus pouvoir partager la complicité au quotidien que je pouvais avoir avec ma soeur et ma cousine, ne plus avoir la possibilité de partager une glace, un thé ou une raclette comme ça, sur un coup de tête ou de téléphone avec mon Yankee préféré et sa blonde, avec nos nouveaux voisins d'en face, avec mes amis de là-bas... Pour certains, ce n'est pas tant que je les voyais tous les jours. Je ne suis pas protégée des affres du quotidien: on se laisse happer et on se dit qu'on appellera demain ou la semaine prochaine, qu'on a le temps. Mais j'avais toujours la possibilité de, le choix de décider comme d'un lavement que là, tout de suite, on allait se voir. Aujourd'hui, je ne l'ai plus. Et je sais que c'est un nouveau chapitre de ma vie qui se termine et ça, j'haïs ça au plus profond de moi. Je n'ai jamais demandé à ce qu'on tourne les pages de ma vie aussi vite. Je n'ai jamais voulu avoir mal à chaque fois que je pars d'un endroit, à chaque fois que je quitte quelqu'un qui compte, parce que je sais qu'au détour de sa vie, je risque un jour de n'être plus qu'un souvenir. 

Ces six dernières années ont été intenses. Par les rencontres que j'ai faites, les coups de déprime, les joies, les moments partagés avec ma famille et mes amis, les découvertes et les voyages. Elles sont un nouveau pan de ma vie si chanceuse, si gâtée. Si ça fait si mal aujourd'hui, après tout, c'est parce que je m'étais attachée, parce que je dois abandonner quelque-chose et que c'est comme si ma peau restait collée dessus. Je ne regrette pas ces années de bonheur et je sais que je dois regarder vers l'avenir mais je me demande parfois si, à force de laisser des bouts de moi un peu partout, je ne finirai pas par ne plus rien garder à la fin...

Itte Rashaï Mina-san! 

7 juin 2013

Le Dieu Apple ou les abus de la surconsommation.

Bon, c'est officiel: je suis anti-Apple. Outre leurs prix exhorbitants, qui ne se justifient même pas par une éthique de fabrication (tous leurs joujoux technologiques sont quand même fabriqués par des petites mains chinoises), ils ont une vision de la consommation à outrance qui me provoque régulièrement des petites crises d'urticaire. Qui n'a pas entendu parler des files d'attente devant leur magasin, d'une année sur l'autre, pour se procurer le nouveau modèle Ipod, Ipad, Iphone ou Itruc qui a un plus grand choix de couleurs, de mémoire, etc.? Sans égard pour le devenir du précédent modèle que l'on possédait (parce que, tout comme les frigos, c'est pas parce qu'on en veut un neuf que l'ancien disparaît comme par enchantement de la surface de la Terre), on se jette sur ce nouveau jouet en ayant l'impression d'avoir mis la main sur le dernier cri de la technologie. Ce n'est déjà pas une vision qui me fait tripper mais c'est le principe même de la consommation: entraîner les foules à désirer ce dont elles n'ont pas besoin. Ce qui me dérange plus encore, cependant, c'est qu'Apple abuse, sans vergogne, de ce principe et frôle le vol éhonté pour pousser les individus à se départir de leurs anciens modèles pour le nouveau - qui coûte évidemment une petite fortune. 

Ainsi, il se trouve que j'ai reçu pour mon anniversaire, en 2008, un Ipod Touch. À l'époque, ce devait être la seconde ou la troisième génération, je ne m'en rappelle plus, et j'y ai, depuis, installé un petit nombre d'applications. Petite fille sage que je suis, je me suis même habituée à ne plus télécharger illégalement comme je pouvais le faire dans ma tendre jeunesse et à acheter la musique, les films ou les jeux qui m'intéressaient via Itunes. Bien-sûr, je râlais déjà un peu que le système d'exploitation de mon Ipod réchigne à faire entrer tout autre format que le sien dans sa mémoire, m'empêchant du même coup d'écouter la musique sur CD que j'avais déjà achetée. Qu'à cela ne tienne, je parvenais tout de même à trouver mon bonheur et je me servais principalement de ce petit objet éléctronique comme d'un lecteur MP3 amélioré. Ma colère est montée d'un cran lorsque je me suis rendue compte que, pour Apple, il était intolérable que j'ai un aussi "vieux" modèle en ma possession et qu'il m'était donc impossible d'installer de nouvelles applications - telles que celles du Journal Le Monde, la Météo ou encore Angry Birds Star Wars- en raison de la "vétusté" de mon système d'exploitation. Je trouve scandaleux que, à peine cinq ans après sa création, Apple considère qu'il n'a plus de services à fournir à ce modèle. Mais ma surprise ne s'arrêta pas là: il y a un mois, mon Itunes me signale que je devrais mettre à jour plusieurs applications sur mon ordinateur. Parmi elles, une majorité de payantes dont je disposais depuis un an ou deux maximum. Toujours petite fille sage, j'obéis et mets en route les mises à jour qui se font sans problème. Je branche ensuite mon Ipod afin que le système se synchronise, comme il dit, lorsque je constate avec un mélange d'incrédulité et de colère froide que cette action est en train de supprimer la moitié des icônes sur mon Ipod. Un message d'Apple apparaît alors sur mon Itunes, m'informant à peu près en ces termes:

Votre système d'exploitation n'est pas assez dévelopé pour supporter les applications mises à jour. En conséquence, Apple vous les a désinstallées de votre Ipod Touch. 

J'en riais tellement je trouvais le vol grossier. Parce que nous ne parlons pas d'applications gratuites, qui auraient pu être mises gracieusement en service pour un temps X, avant d'être retirées: même si cela m'aurait fait râler, il n'y aurait pas eu de transaction derrière. Là, il s'agit d'applications que j'ai achetées, payées, et qui me sont arbitrairement retirées parce que le Dieu Apple a décidé qu'il était bien temps que je rachète un nouveau modèle d'Ipod à 500 dollars. Cela me révolte. Je ne doute pas que les vicieux penseurs de la boîte aient tout prévu: ils changent les réglements d'Itunes environ une fois aux deux mois et noient les informations importantes dans 50 pages de micro-écriture. Ils font certaienement le pari que personne ne va vraiment lire le document à chaque fois et ils ont dû glisser dans une des dernières versions qu'ils n'étaient pas responsables si le genre de mésaventures qui m'est arrivée se produisait. Mais, voyez-vous, cela ne fait que me dégoûter plus encore du fonctionnement de cette boîte: ils sont suffisamment pervers pour faire leurs coups en douce. Aucun message ne vous avertit avant la mise à jour que si votre Ipod est antérieur à telle année, il se verra retirer l'application ou qu'il ne pourra pas lire la vidéo téléchargée. Ils attendent que vous ayez payé ou agit pour perfidemment vous mettre devant le fait accompli. Avoir la renommée d'Apple et se livrer à de telles méthodes, c'est mépriser ouvertement sa clientèle. C'est se dire que peu importe jusqu'où on abuse, les clients pigeons seront toujours en file devant le magasin pour avoir un nouveau jouet. C'est être le symbole de ce que je déteste dans le capitalisme: le pognon avant le respect. 

Du coup, et bien que, sans doute, le Dieu Apple n'en aura cure - il ne s'appercevra même pas de mes récriminations - j'ai décidé de faire un boycott de la pomme. Je vais continuer d'utiliser mon Ipod Touch jusqu'à ce qu'ils me le refusent complétement sur Itunes ou jusqu'à ce qu'il tombe en miettes - la première hypothèse devrait arriver avant la seconde sans aucun doute - et, ensuite, je ne serai plus jamais une cliente-pigeonne. S'ils ne sont sûrement pas les seuls à avoir cette pensée, ils sont les seuls à être suffisamment arrogants pour le faire à la vue et au su de tous, sans aucune crainte pour leur marché. Je souhaite qu'un jour, ils paient le prix de leur mépris. 

24 mai 2013

Un Gouvernement versatile.

"Les politiques sont tous les mêmes", "Ce sont tous des pourris": autant de phrases que l'on entend à l'envie, de la part de ceux qui refusent de voter ou qui se tournent vers les extrêmes pour exprimer leur mécontentement. Personnellement, c'est le genre de commentaire qui m'agace particulièrement car il est peu constructif, généralisateur et défaitiste: selon moi, il n'est que la simple auto-justification d'un refus du jeu de la Démocratie par quelques-uns. Tant que nous pouvons voter librement, il ne faut pas laisser passer cette chance de faire entendre notre voix. De la même manière, je refuse de voter stratégique à moins d'être confrontée à ce que j'identifie comme une situation dangereuse pour la Démocratie et la liberté - à savoir un duel impliquant un parti d'Extrême Droite. Du coup, j'ai plutôt tendance à voter selon mes convictions et à encourager mes proches à en faire autant. Après tout, comme je le soulignais dans l'un de mes derniers billets, il n' y a aucune satisfaction à élire un Parti avec lequel on n'est pas d'accord, sous prétexte que cela en éliminerait un autre que l'on n'aime pas non plus. 

C'est sans doute parce que j'ai suivi mes convictions profondes en 2012 que je suis aussi déçue aujourd'hui de mon Président de la République et de son Gouvernement. Moi qui voyais, rayonnante, arriver une nouvelle ére sociale, qui renverrait à leur place tous ces magnats du capitalisme, ces "traders" de Bourse qui parient sur la ruine d'un pays pour s'enrichir, et qui défendrait une politique de croissance en opposition à toutes ces mesures d'Austérité qui n'ont jamais, au grand jamais, sorti un pays de la crise, ma chute est longue et douloureuse. Les unes après les autres, les propositions du Candidat Hollande sont abandonnées par le Président de la République, sous des prétextes plus ou moins fallacieux. Finalement, j'ai l'amère impression d'avoir simplement réélu Sarkozy ou n'importe quel candidat UMP, qui ferait sa politique de Droite, sans égard pour les classes populaires et moyennes qu'il piétinerait de son indifférence. A vrai dire, c'est même pire: j'aurais moins mal si c'était le cas car je ne serais pas surprise de ses décisions. Là, je vois un homme de gauche qui avait tous les pouvoirs en mains, toutes les clés pour rendre à la France ses couleurs sociales mais qui, au lieu de ça, se roule dans la fange et foule au pieds tous ses beaux principes. Pourquoi? A quel moment, une personne élue sur un programme donné, peut y renoncer une fois qu'elle obtient les moyens de l'appliquer? Qu'attendez-vous, Monsieur le Président, pour taper du point sur la table et montrer que vous avez des valeurs, des convictions solides et que vous n'êtes pas une poule sans tête? Qu'avons nous à perdre en appliquant vos mesures? Alors que les scandales et les compromissions se mulitiplient, j'en arrive presque à regretter que Sarkozy n'ait pas été réélu. Ce n'est pas que je pense qu'il aurait fait mieux, loin s'en faut. À mon avis, il aurait fait exactement la même chose et, je ne le répéterai jamais assez, je ne partage pas cette vision du monde valorisant l'argent à tout crin. Sauf que, au moins, je ne l'aurais pas porté au pouvoir: il ne trahirait pas ma confiance puisque, dans le fond, je ne la lui aurais jamais donnée. Là, mon estomac se change en pierre à chaque fois que je lis dans les journaux un revirement du gouvernement: je suis responsable de ses agissements car je l'ai élu. Ça me donne envie de vomir.

Le pire, c'est sans doute que ces politiciens ne se rendent même pas compte qu'en se reniant eux-mêmes, ils font le jeu de l'Extrême Droite. En bafouant leurs principes, en ne suivant pas le programme pour lequel ils ont été élus, ils confirment aux indécis que Droite et Gauche ne sont que deux noms différents pour la même chose et qu'ils doivent voter plus extrême pour se faire entendre. Dans les moments de crise, on a besoin d'un modèle qui encourage la solidarité et non les dissensions. Les situations grotesques auxquelles on assiste en ce moment en France, où quelques intolérants refusent aux autres un Droit dont ils bénéficie eux-mêmes, occultant par leurs propos haineux la situation délicate dans laquelle se trouve la France, sont autant de preuves que nous ne suivons pas le bon chemin - alors même que nous avions élu un gouvernement "social". Voyez-vous, si un jour le Parti de la Haine et de la Xénophobie arrive à avoir plus de voix et de pouvoir qu'ils en ont aujourd'hui, Hollande en sera certainement en partie responsable. Ce sera sans doute le début de la  Fin pour beaucoup de choses qui ont pourtant construit l'identité de la France et sa caractéristique. Aujourd'hui, je me sens infinimment dégoûtée et triste de voir mes convictions bafouées par ceux-là mêmes que j'ai élus...

17 mai 2013

"Vers l'Infini et plus loin encore!!!! "(Enfin, on va commencer par le Pérou...)

Quoi de mieux pour reprendre le trépidant récit de mes sautes d'humeur qu'une perspective de voyage? Car ce qu'il y a de bien dans les mariages, c'est quand même le voyage de noces. Bon, vous me direz, nous, nous partons plus d'un an après et en sac à dos: on est loin de l'image de l'île paradisiaque et des cocktails à volonté. Pas que ça nous aurait déplu: parmi la multitude des idées que j'ai proposées à Jules, il y avait un six mois de mini tour du monde, avec escale à Thaîti. Je me voyais déjà parcourir la planète avec mon teint halé et mon sac à dos, main dans la main avec Jules! En moins de dix jours, j'avais déjà fait une simulation des trajets en avion, estimé les coûts de transports et de logement, écrémé les forums des pays préalablement sélectionnés, emprunté les guides touristiques et soumis une ébauche de périple à Jules. Bon, Jules n'est pas fun: il a usé d'arguments fallacieux du type "travail, argent, dettes" pour repousser mon tour du monde. Du coup, je me suis tournée vers un plan B: soit on s'achetait un Westfalia et on traversait le Canada en six semaines, soit on partait à la Conquête du Pérou et de la Bolivie. Finalement, pour de multiples raisons, c'est l'Amérique du Sud qui l'a emportée! :)

Bref, d'ici quelques semaines, nous affronterons l'altitude et les lamas pour découvrir les fameuses Cités d'Or. :) A défaut, on devrait au moins voir des condors et le Macchu Pichu! Evidemment, comme à chaque fois, je m'emballe: j'ai déjà tout lu et tout prévu! Régulièrement, je coince Jules dans un coin et lui expose les millions de projets que j'ai imaginés. Patiemment, il sourit et hoche la tête. Il est toujours d'accord pour tout mais je me dis parfois que je prends trop de place... Maintenant que les billets d'avion sont achetés, je lis mes guides touristiques en détail avec un mélange d'excitation et d'inquiétude. Je redoute le mal de l'altitude qui pourrait compromettre pas mal de visites sur place: après tout, il ne faut pas aller très loin pour être haut au Pérou, et je ne parle même pas de la Bolivie. Mais j'ai hâte d'y être et de découvrir autant de beautés et de richesses culturelles et humaines. On va faire une partie du voyage avec le frère de Jules et son chum. C'est chouette: c'est toujours plus agréable d'être un petit groupe. Ça me rappellera le Mexique, qui demeure l'un de mes plus beaux voyages. 

Une coupure dans notre vie, dans nos soucis, dans notre quotidien. Une découverte d'un ailleurs, pour nous remettre en question, pour prendre conscience de la chance que nous avons mais aussi des façons de vivre différentes. Toutes ces richesses du voyage qui font que lorsqu'on a commencé, on n'est plus capable de s'arrêter. Souvent, je parcours, un brin envieuse, les blogs des arpenteurs du Monde qui, sac sur le dos, bâton dans la main, ont un jour décidé de tout laisser là pour partir à la rencontre des Autres. Au fond, il n'y a pas meilleur moyen de se comprendre que de se rendre sur place pour vivre, un instant, un jour, une vie, dans le quotidien d'Autrui. 

18 novembre 2012

L'intolérance des fanatiques: la plaie de nos sociétés!

Comme quoi, il faut parfois attendre la goutte qui fait déborder le vase pour retrouver l'envie de protester! J'étais déjà outrée que certains se pensent suffisamment géniaux dans leur vie pour ne pas hésiter à raconter un paquet d'inepties dans les journaux concernant le mariage homosexuel. Je pensais qu'on leur accordait trop d'importance et que c'était le genre d'ignares intégristes qui passaient leur vie à aligner les phrases chocs et rétrogrades. Du coup, je n'étais pas trop choquée qu'ils organisent une manifestation contre le projet de loi - quitte à adhérer sans recul à tout ce que dit un monarque dans sa tour d'ivoire, qui prétend faire voeu de pauvreté en mangeant dans des assiettes en or, il ne faut pas avoir peur du ridicule. Personnellement, je trouve ça pathétique, en 2012 et en France, d'avoir encore des gens qui se préoccupent de la sexualité des autres avant même de balayer devant leur porte. 

C'est tout de même assez ironique d'entendre des Catholiques associer homosexualité et pédophilie lorsqu'on sait tous les abus que leurs représentants religieux ont fait subir à des milliers de jeunes enfants. Et je ne parle même pas des pensionnats autochtones des années 1970 au Canada, où les religieux catholiques ont fait preuve d'une brutalité sans bornes à l'égard de leurs élèves...Mais que voulez-vous? On est toujours plus prompts à critiquer Autrui qu'à se regarder dans un miroir et assumer ses propres failles. Entendons-nous bien: ce n'est pas tant les adeptes de Jésus qui me gênent que ceux du clergé. On peut être catholique et désavouer cette élite religieuse qui se gargarise dans ses bonnes intentions et détruit des peuples entiers par son prosélytisme et ses abus. Ceux là n'ont certainement pas grand chose à voir avec des associations telles que Civitas. Parce qu'ils ont compris que, de la même manière que le Coran n'a jamais autorisé le massacre d'innocents, la Bible n'a pas plus pris position sur les moeurs de nos sociétés modernes. Ce sont les intermédiaires, les hommes, qui en font une interprétation arriérée, conforme à leurs idées rétrogrades, fermées, abusives et stupides. 

Civitas a donc organisé une manifestation réunissant quelques milliers de militants pour empêcher le mariage homosexuel. Pour fêter ça, certains manifestants ont tablassé des journalistes et militantes féministes: parce que, c'est bien connu, quand quelque-chose ne te convient pas, tu te dois de le rouer de coups en meute pour lui prouver à quel point ton cerveau n'a pas beaucoup évolué depuis le temps des hommes de Cro-Magnons. Tu n'as pas de réels arguments à opposer à une idée mais tu as quatre gros copains? Pas de problème. Tu n'as qu'à frapper très fort et t'auras pas besoin d'utiliser du jus de cerveau inutilement. Difficile à croire que ce genre de comportement s'observe encore en 2012, dans un pays dit "civilisé". 

Qu'on soit pour ou contre le Mariage homosexuel est une chose - quoique, à mon sens, ce débat n'a pas lieu d'être tellement cela ne regarde que les personnes concernées et non les bien-pensants - mais que l'on se serve de ses opinions pour tabasser ceux qui ne sont pas d'accord, c'est une insulte à la Démocratie et à la République. C'est vouloir pouvoir exprimer ses idées rétrogrades sous le couvert de la liberté d'expression en refusant ostensiblement ce droit fondamental aux autres. Bref, c'est ne même pas mériter de vivre dans un pays de droits. Personnellement, ça me donne envie de vomir. Certains jours, j'aimerais qu'ils aient raison, ces fanatiques, et qu'il y ait vraiment un Dieu après la mort. Juste pour qu'ils se voient fermer la porte de leur Paradis au nez et qu'ils aient une éternité de tourments pour avoir présenté l'intolérance et la haine comme la bannière du dit Dieu durant toute leur vie. Juste pour qu'ils se rendent compte de l'hypocrisie de leur existence. 

L'impasse d'une vie.

Le syndrome de la page blanche est angoissant. En fait, il donne soudainement l'impression que même pour quelque-chose qui vous tient tellement à coeur, vous n'êtes pas assez bon. Je pensais que lorsque j'aurais fini mes études, j'aurais du temps à revendre pour écrire des nouvelles par centaines. J'avais des milliers d'idées mais jamais le temps de les écrire. Je croyais que mon problème était la thèse. Il s'avère que j'avais tort. Je n'ai jamais aussi peu écrit que depuis que j'ai terminé mes études - comme si mon imagination s'était tarie en même temps que je raccrochais mon bonnet d'étudiante. Même mon blog demeure désepéremment vide. Pourtant, ce ne sont pas les sujets d'actualité qui manquent: je suis tellement frustrée par la façon dont on s'enfonce dans la haine, l'intolérance et l'injustice que je devrais pouvoir écrire des romans entiers de râleries. A commencer par notre président que j'ai élu pour faire une politique de gauche et qui semble ne pas pouvoir se dépêtrer de ses chaînes financières - quitte à prendre des décisions un peu trop doitière à mon goût. Et ce n'est pas tout: je suis horrifiée par les inepties qu'on peut entendre suite à la proposition de valider le mariage homosexuel. C'est un peu comme si cela devenait une mode d'étaler son ignorance et ses idées reçues sur la place publique afin de défendre des idées intolérantes et haineuses. Parfois, j'ai mal à mon pays.

Bref, des sujets de billets, j'en ai en masse - comme ils disent ici. Je pourrais même vous parler de mon nouvel emploi qui me fait découvrir deux mondes différents - celui du maritime et celui de l'Islet sur Mer. Je pourrais mais je ne le fais pas. Pas le goût, pas l'inspiration. On dirait que je ne sais plus jouer avec les mots. Vous allez trouver ça ridicule mais je ne me remets pas de la disparition de mon Bounty. C'est comme si j'avais perdu l'envie de faire les choses. Avant, je me disais toujours que lorsque j'aurai un travail, je ferai des travaux dans ma petite maison et on pourrait y vivre. C'était évident que je me berçais d'illusions, qu'il n'aurait pas survécu jusque-là. Mais j'aimais me dire que c'était un de mes objectifs de vie. Là, je me sens un peu vide, comme si je ne savais plus trop quel chemin prendre. Vous savez, je rêve encore de lui. C'est idiot... Vous me direz, je rêve aussi de ma mamie. En fait, je crois que vivre loin rend moins réelles les choses tragiques de notre vie. C'est un peu comme si je refusais de me dire que ces pages de ma vie - celle avec mon chien ou celle avec ma famille autour de l'immense table de mes grands-parents - sont autant de souvenirs passés. J'aimerais me rouler en boule dans un coin et dormir pour l'éternité en rêvant que tout est comme avant, que rien n'a changé. Que je n'ai pas passé près de huit ans de ma vie loin de ceux que j'aime et qu'ils ne sont pas partis sans moi. Avant, écrire me permettait de changer la fin des livres dont je n'aimais pas la fin. Je pouvais inventer des histoires, contrôler les événements, créer un univers dans lequel je transformais ce qui me rendait triste en dénouement heureux. On dirait que je viens de m'apercevoir que je ne pouvais pas tout changer comme ça. Il était temps, à trente ans...

4 septembre 2012

2012

2012 - La fin du Monde. Peut-être a - t'on mal compris: ce n'est pas la destruction de la Terre qu'avait prévu les Maya, c'est la fin de notre monde à nous, à nos sociétés. Dans mon petit quotidien, entourée de mes proches, j'ai l'impression qu'il tombe en déliquessence... Nous avons payé notre tribut de deuils depuis le début de l'année, maintenant c'est au tour de la détresse impuissante de faire son entrée. La tristesse profonde, le désarroi sans fin, c'est comme la puie: on ne peut pas la rater. Je raconte souvent cette anecdote qui m'est arrivée l'an dernier, alors que j'accompagnais Jules à l'enterrement d'un ami de son père dont il connaissait le fils. J'avais croisé l'ami en question quelques-fois mais sans vraiment lui parler - et je n'avais jamais rencontré le fils. Pourtant, lorsqu'il a pris la parole à l'église pour, une dernière fois, rendre hommage à son papa, un immense flot de tristesse a envahi la salle, me submergeant sans prévenir. J'ai pleuré comme une madeleine. Non pas pour le monsieur que je ne connaissais pas vraiment, mais parce que je pouvais presque toucher l'incommensurable détresse de ce garçon de 33 ans qui avait soudain l'air d'en avoir 5 devant le cercueil de son papa et qui tentait tant bien que mal d'avoir l'air fort pour cet ultime au-revoir. Oui, la tristesse est ineffable mais nul n'est besoin de mot quand elle se manifeste avec autant de force... 

Alors, quand elle émane d'un être proche de vous, quand elle suinte de quelques mots tremblants dans un combiné de téléphone ou quand elle se devine derrière un regard absent, cela devient juste insoutenable. Personnellement, ma réaction est presqu'immédiate: je parle, vite, sans vraiment réfléchir. Je raconte n'importe-quoi, je tape allégrèment dans la dérision, plus allégrément encore dans l'auto-dérision, je ne veux qu'une chose: l'entendre rire. Parce que, si elle rit, cela veut dire qu'elle est encore là. Si elle rit, cela veut dire que la pesante tristesse n'a pas encore tout recouvert de son épais tapis de larmes. Alors, je m'auto-flagelle, je raconte des anecdotes insignifiantes avec parfois un brin d'exagération : rien n'est de trop pour un sourire, pour un rire, pour un moment de paix.

Je suis la petite de la famille. Personne ne me parle vraiment car il faut me protéger ou tout simplement parce qu'on ne s'aperçoit pas vraiment que j'ai grandi. Pourtant, j'ai l'impression que je ressens chaque tristesse, déception, colère ou joie de mes proches avec autant de vigueur que si c'était les miennes. Cela rend mon impuissance d'autant plus douloureuse: je sais mais je ne sais pas vraiment. Je voudrais briser la carapace de chacun de ces êtres qui me sont si chers pour prendre un peu de leur détresse et la ranger avec les miennes: j'ai de la place dans ma tête et dans mon coeur - je peux en prendre. Mais je suis aussi maladroite: il n'est pas facile de tendre la main à quelqu'un sans avoir l'air de vouloir fouiller son jardin secret. Alors, je botte en touche, je me réfugie derrière mes mauvaises blagues, mon auto-dérision pour faire rire et espérer, ainsi, retenir un peu de mes proches près de moi.

2012, Fin du Monde. 2012, Fin de mon monde. Cette fois, c'est sûr, je ne suis plus une enfant et il n'y a pas de retour en arrière possible. 

20 août 2012

On ne nous volera pas notre liberté de penser!

Ils recommencent. Une autre élection, les mêmes réactions. Pourtant, on aurait pu penser qu'ils auraient appris de leurs erreurs, après le résultat des élections fédérales et la fameuse "vague orange" qui a créé des palpitations cardiaques à tous ces pseudo journalistes, analystes ou autres qui se flattent de titres ronflants pour faire passer leurs idées à la télévision ou dans les journaux. N'y aura-t'il jamais personne pour leur rappeler où est leur place? Pour leur rappeler que même s'ils pensent fortement qu'un parti ne sera jamais élu pour x ou x raison, ils n'ont pas à l'affirmer comme si c'était une vérité nue dans le cadre de leurs fonctions? Ou alors, ils n'ont qu'à écrire des blogs ou des chroniques: ils pourront nous y raconter leur dernier tournoi de golf et leurs opinions politiques. Personne ne trouvera à y redire. Mais dans la peau du journaliste, on ne veut pas les connaître. Qui sont-ils, eux, pour affirmer que Québec Solidaire ne sera jamais élu? Ne seraient-ils pas les mêmes qui affirmaient, en 2011, que le NPD n'avait aucune chance au Québec avant de se rendre compte, au fur et à mesure que les sondages sortaient, qu'ils n'avaient rien compris? S'en était suivie alors une myriade d'explications bancales allant du jugement de valeur ("les Québecois aiment être dans l'opposition") à l'auto-justification à peine voilée d'affirmations précédentes sur l'incapacité du NPD à être élu. On est en train de vivre la même chose, au palier provincial cette fois, avec le petit frère du Parti Orange - Québec Solidaire. 

Hier, il y a eu un débat entre quatre des principaux candidats aux élections. Déjà, il en manquait un: c'était pas fort pour la démocratie et la représentativité de toutes les voix lors de cette campagne. Option Nationale avait droit à sa chaise, tout comme le Parti vert et n'importe quel autre parti qui se présente. Si on veut que les choses changent, il faut donner la parole à tout le monde de façon égale, sinon, ce n'est qu'un jeu hypocrite pour faire gagner toujours les mêmes, les gros, qui se complaisent dans leur langue de bois et leur monde, déconnectés du peuple. Il faut que tous les partis puissent avoir la même visibilité pour que le scrutin soit juste. Déjà, sur ce point, il y avait une grosse lacune au débat de Radio-Canada - ne parlons même pas de celui sur TVA qui n'aura que trois partis... Bref, hier, Françoise David, chef de Québec Solidaire, est ressortie du débat, la tête haute: elle a défendu son programme, évité de tomber dans le piège de la petite politique qui s'insulte à moitié en tirant la couverture à soi (" c'est vous qui étiez ministre de truc! Oui mais c'est vous qui avez fait ci! "). De l'avis de tous, elle est la grande vainqueure de ce débat. Quelques minutes après la fin, le téléjournal commence et la présentatrice reçoit un analyste pour les premiers commentaires à chaud: cela ne lui a pas pris trois minutes pour expliquer que Madame David l'avait facile parce qu'elle était sûre de ne pas être élue. J'ai eu une poussée d'urticaire.

Voyez-vous, chacun peut avoir ses convictions politiques, son avis sur les sondages, sa préférence pour une tendance de société. Mais si quelqu'un n'a pas à affirmer que tel parti a le droit de gagner et tel autre non, c'est bien un journaliste. Il est là pour nous informer, nous donner toutes les clés pour que nous puissions faire notre choix en toute connaissance de cause: à aucun moment, on ne lui demande ce qu'il pense des chances de gagner de tel ou tel parti. Théoriquement, tous les partis sont égaux: Rien ne disqualifie Québec Solidaire avant même le départ de la Course. Rien. Et il en va de même pour le Parti Vert et Option Nationale. En théorie, tout le monde a les mêmes chances d'atteindre la ligne d'arrivée. Et ce n'est pas à un journaliste, analyste ou peu importe son titre, de décider si il va y arriver ou non! 

Après la victoire du NPD, la remarque que j'entends le plus souvent, c'est: "si les média n'avaient pas autant parlé de vague orange, les résultats auraient été moins bons pour le NPD". J'ai souvent une seconde poussée d'urticaire. D'abord, c'est une remarque pleine de mépris pour les capacités intellectuelles de la majorité des gens car elle sous-entend que c'est parce que les média ont parlé, que les gens ont voté - et non, selon leurs propres convictions. Ensuite, si l'on s'en tient à ce raisonnement, pourquoi ne pas le tenir équitablement? Je veux dire: c'est peut-être aussi parce que les média s'obstinent à dire que tel ou tel parti ne gagnera jamais les élections qu'ils ne les gagnent jamais! Après tout, en affirmant cela, ils dévalorisent le vote de chaque personne qui optera pour ce candidat. C'est un peu comme si ces journalistes omniscients leur disaient qu'ils étaient crétins de voter pour un Parti qui ne gagnera pas! Alors que dans les faits, rien n'empêche ce parti d'atteindre la ligne d'arrivée. Rien. 

Le 4 septembre, je n'aurai pas encore le droit de voter pour le candidat que j'estime digne de diriger le pays dans lequel je vis. Mais une chose est sûre, lorsque j'aurai ce droit, je ne renoncerai jamais à mes convictions pour des questions de stratégie, d'opinions médiatiques, de sens du vent: ce ne sont pas les média qui font les élections, ce sont les électeurs, c'est vous, c'est nous. Votez. Votez pour que personne ne vous vole votre liberté de penser. Le premier ministre qui sera élu le 4 ne sera peut-être pas celui ou celle que vous aurez choisi, mais vous vous serez au moins battu pour vos convictions, pour vous-mêmes, pour vos enfants. Vous aurez fait entendre votre voix. Que si un autre doit gagner, qu'il ait au moins senti votre souffle chaud dans son cou durant toute la campagne, qu'il ait eu peur de perdre sa place, qu'il se soit rappelé qu'au final, il n'est là que parce que le peuple l'y place. Un jour, peut-être, ce sera votre candidat qui dirigera le pays de vos rêves. Mais il n'y arrivera jamais sans vous.

1 août 2012

La 8e Merveille du monde n'est plus: le Monde est un peu plus moche.

J'avais plusieurs fois essayé d'imaginer ce que ça me ferait. Juste pour voir. Souvent j'éclatais en sanglots et j'arrêtais parce que cela ne faisait que broyer mon estomac en mille morceaux. A l'époque, je ne pensais pas que cette douleur, ce vide, pourrait être surpassé. J'avais tort. En fait, c'est comme sentir qu'on vous arrache le coeur mais pas d'un coup - à petits coups pour être bien certain qu'il n'en reste aucun bout d'intact. Certains diront "ce n'était qu'un chien" - ceux-là n'en ont probablement jamais eu. Cela ne peut jamais n'être "qu'un" chien lorsque c'est le vôtre...

Il y a quelques mois, j'apprenais que mon Bounty avait une tumeur dans la bouche. Cela m'a fait l'effet d'une douche froide et j'ai passé les quelques semaines qui ont suivi à sangloter dans sa fourrure, tandis que lui, fidèle à lui-même, attendait sans broncher. Quoi? Je ne l'ai jamais vraiment su. Il m'a toujours attendue dans mes moments de crise intense. Il restait près de moi et ne bougeait pas: que je sois en train de vomir, au coeur de mes années noires, ou de pleurer, il me calmait de sa présence tranquille et de sa truffe humide. Même malade, il restait près de moi. J'ai cru qu'il pourrait surmonter cette épreuve: après tout, il allait plutôt bien, si ce n'était cette excroissance déplaisante. Je lui donnais sa nourriture en arrière de la bouche et il mangeait avec appétit. Même qu'il se promenait encore - avec certes moins de vigueur mais toujours autant de plaisir. Alors je me disais que peut-être, il pourrait guérir. J'ai été voir un sorcier de chiens qui vit dans la pampa avec ses cinquante chiens - rendu là, je n'avais plus rien à perdre. Je n'ai jamais été très ésotérique mais parfois, lorsqu'il ne reste plus rien, cela fait moins mal de se fier au surnaturel, à ce qu'on ne comprend pas, plutôt que de se dire qu'il n'y a plus d'espoir.

Lorsque je suis repartie, en juillet, j'ai dit à mon Bounty que j'allais revenir cet automne, qu'il fallait qu'il m'attende, que je reviendrai me rouler dans ses poils jusqu'à ce qu'il en soupire de lassitude. Comme avant. Je lui ai dit que je serai là avec lui et qu'il fallait qu'il me pardonne de l'avoir laissée si longtemps. Je lui ai promis de revenir. Mais il ne m'a pas attendu. Ce matin, son coeur a lâché et le mien n'en finit plus de se briser en mille morceaux. C'est comme une douleur lancinante qui s'installe dans chacun de mes remords, dans chacune de mes pensées. J'ai l'impression que je pourrai ne jamais arrêter de pleurer. Et ce sentiment de vide qui me hante et me consumme de l'intérieur... Je voudrais crier et me rouler en boule dans un coin en attendant qu'il revienne. Mais il ne reviendra pas. Il est parti et moi, je reste là, avec mes souvenirs et mes regrets, avec mon bout de lien qui m'unissait à lui et qui maintenant traîne à terre sans rien à son extrêmité. 

Bounty, tu as été l'ami, le confident, le compagnon sincère et silencieux de mes jours. C'est grâce à toi si j'ai survécu à mes années noires, après mon anorexie, c'est parce que tu étais là que je n'ai jamais perdu l'espoir de m'en sortir un jour. Maintenant, tu es parti, tu es allé attraper des balles de tennis ailleurs, là où je ne pourrai plus râler que tu ne me les ramènes pas. J'espère qu'ils te laisseront monter sur le canapé, là où tu es. Tu es parti et tu as emporté un bout de mon coeur avec toi: regarde au bout de ton bout de lien, tu l'y verras. Prends en soin. Je t'aime mon bountounnet. Tu me manques déjà...




22 juillet 2012

Et si le Rêve devenait Réalité...

On ne le répétera jamais assez: Rien ne sert de courir, il faut partir à point. Oui mais voilà, perso, je ne sais pas faire. À peine ai-je un projet qui me tient à coeur que je commence à me projeter et à me faire douze millions de films. Pire: si je ne suis pas arrêtée à temps, je m'engage et je signe avant même de vraiment me poser - trop emballée que je suis par mon projet. On appelle ça, dans le jargon psychologique, être impulsif. Notez que comme je suis parfaitement au courant que je souffre de ce syndrome, je devrais déjà avoir pris la décision qui s'impose: ne plus prendre aucune décision finale. Oui mais non: je ne peux pas m'en empêcher. Soudain, un projet se dessine, je commence à passer en revue les millions de possibilités qui pourraient me permettre de le réaliser, je passe des heures à naviguer sur Internet, à feuilleter des bouquins, afin de mieux me faire une idée - le tout accompagné de mes petits papillons d'excitation dans le ventre qui empêchent ma raison de se faire entendre. 

Ma dernière passion est un Projet qui est né tout doucement après le mariage: avec notre urne, nous voulions éventuellement acheter un Westfalia et faire le tour du Canada. Mais une autre idée a germé dans notre esprit: un budget pareil (qui n'est pas suffisant pour acheter un bon West mais quand même...) pour un voyage, ça peut faire un sâcré voyage. Même qu'on pourrait peut-être faire un mini tour du monde! Pas quelque-chose de grandiose, comme tous ceux qui partent en vélo, en bâteau ou à pieds pour des années et profitent des mois de chaque pays, mais au moins quelque-chose de conséquent. Le plus long voyage que nous n'aurions jamais fait, Jules et moi: un six mois de par le monde! L'idée semblait folle au début : Six mois, c'est prendre un sâcré congès de la job! C'est aussi prévoir un sâcré budget... Et puis, on s'y est habitué - on a même fini par la trouver très sympa! Après tout, les congès sans solde, c'est fait pour ça et puis, si on veut le faire, c'est maintenant ou jamais. L'air de rien, dans un mois, j'ai 30 ans. Demain, il sera déjà trop tard...

Bref, on se laisse aller à rêver. On réfléchit à notre budget et aux pays qu'on veut voir. On pense au frère de Jules qui veut partir au Pérou durant son congès annualisé l'an prochain : ce serait cool de le retrouver là-bas. Genre pas tout de suite, mais fin d'année prochaine. Octobre 2013: c'est un bon mois pour commencer notre périple. Et puis, quitte à être au Pérou, on pourra enchaîner sur l'Argentine: on a des amis là-bas, à Buenos Aires et ailleurs! Pourquoi pas? On dit toujours qu'on ira les voir et on ne le fait jamais! Nous, on pourrait le faire! Et puis l'Argentine, c'est magique dans nos têtes. C'est aussi la Patagonie et le bout du monde: qui n'a jamais rêvé du bout du monde? Après, bah, on partira vers l'Océanie! Il y a la Polynésie sur le chemin de la Nouvelle-Zélande et de ses moutons. Peut-être une escale au milieu du Pacifique, sur ces bouts d'îles trop loin pour qu'elles sortent de leur aura brumeuse de rêve. Et puis après, la Nouvelle Zélande, ce pays des All Blacks et des verts paysages, avant d'enchaîner avec l'Asie : Indonésie, Laos, Cambodge, la Grande Muraille de Chine et mon rêve d'Enfant: le Japon! Ne serait-ce pas le plus beau des voyages? Un rêve qui se réalise, une chance incommensurable qui ne se vit qu'une fois? 

Alors je rêve, je m'emballe, je m'enflamme. Je fais le tour des blogs de voyage, je calcule, je compte, je fais semblant d'acheter les billets d'avion et je me dis : Pourquoi pas? Jules se laisse peu à peu gagner par mon engouement. Il a sans doute raison lorsqu'il hausse les sourcils en voyant mon budget qui s'allonge mais on ne vit qu'une fois. Et puis, depuis le temps qu'on le repousse ce grand voyage, n'est-il pas temps de le réaliser? Il nous faut aller voir ailleurs si nous y sommes et Octobre 2013 est un bon mois pour cela. Après, nous verrons. Mon frère me l'a dit, citant St Exupéry, "Faîtes que le Rêve dévore votre vie, afin que la Vie ne dévore pas votre Rêve". Notre Rêve nous attend, Chéri....

12 juillet 2012

Mariage joyeux, Mariage heureux!

Le temps passe et les oublis et petits moments de nostalgie liés au mariage s'estompent pour ne laisser place qu'aux beaux souvenirs. Du coup, je dois refaire un billet pour rendre plus en détails les joies de cette très belle journée car mon dernier billet ne laisse pas vraiment deviner à quel point c'était un moment heureux de partage et d'amitié. J'ai même fait de la peine à Jules car, en utilisant comme à mon habitude mon écriture catharsis, j'ai eu l'air de dévaloriser notre mariage et la fête - ce qui évidemment n'était pas mon objectif. Je ne faisais que rendre compte de mes petits démons qui, au final, sont toujours les mêmes: mon incorrigible distraction qui peut me conduire à blesser mes proches et mon envie irrépressible de ne jamais voir vieillir et partir mes parents. Bref, mon combat contre mes propres moulins à vent que je m'efforce de défier à chaque grand moment de ma vie.

Mais notre mariage était  bien plus que ces petits constats un brin tristes - nostalgiques, devrais-je dire - c'était surtout, comme je l'ai suggéré en conclusion de mon dernier billet, un magnifique échange entre ma famille, nos amis et tous ceux qui étaient avec nous. Ce grand moment a commencé avec la prise en charge du changement de salle par ma grande soeur, aidée de mes amis arrivés le vendredi et de mon autre soeur. Depuis cet instant, il ne s'est jamais arrêté et, encore aujourd'hui, je regarde les photos, toute émue. Cela ne me semble pas encore réel: voir tous mes proches dans un coin de pays qui m'est si cher mais qui, en même temps, était si éloigné, réunis pour Jules et moi et prêts à tout donner pour que cette fin de semaine soit la meilleure fin de semaine à vie de l'Univers (en toute objectivité) a été la plus belle expérience jamais vécue. Mon Yankee préféré a même été jusqu'à danser jusqu'aux petites heures du matin, cravate autour du front, sur une musique qui, dans un contexte normal, lui aurait provoqué des réactions épidermiques et des sursauts de dégoût! ;) Mes deux témoins ont été plus qu'à la hauteur de leur tâche: Mathieu s'est révélé un accessoiriste de talent pour la photographe et Nico, un musicien hors pair!

De l'avis de tout le monde, ce fut un très très beau mariage. Je suis assez d'accord avec ce Tout le monde. Il s'en dégageait une aura de joie qui ne s'est pas encore tout à fait éteinte et qui se ravive à chaque fois que je regarde les photos ou les vidéos. Ce sont des grands moments comme ça qui font la beauté du mariage! Je voudrais pouvoir remercier tout le monde pour la joie ineffable qu'ils ont insufflé à cette journée: de ma soeur et son esprit d'initiative à Gigi et sa belle voix qui ont ravi les invités tout au long du repas, de mon Yankee préféré et sa douce à mes Faraham et leurs femmes, de mes témoins si prévenants et si disponibles à chacun de nos amis, membres de nos familles qui ont fait toute la réussite de cette journée. Et, évidemment, un grand grand merci à mes parents sans qui cette journée n'aurait pas été pareille et qui, même si le mariage n'est pas leur tasse de thé, ont remué ciel et terre pour que cette journée soit parfaite!

Si le temps demeure fugace, la vivacité du souvenir de cette fin de semaine n'est pas prête de s'estomper....