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18 janvier 2010

Six ans plus tard, toujours là!

Hier soir, l'obscurité de la nuit m'a à nouveau enveloppée en solitaire, sans son ordinaire compagnon qu'est le sommeil. Durant près d'une heure, j'ai contemplé les ombres curieuses que produisaient les divers objets sur le plafond. Pour une fois, cependant, ce qui me retenait loin des bras de Morphée n'avait rien à voir avec mes habituels cauchemars ou mon frère. Non, hier soir, allongée aux côtés de Jules, je songeai que, en dépit de toutes mes peurs viscérales, de mes inquiétudes perpétuelles et de mon pessimisme incurable, j'étais vraiment gâtée par la vie et je grommelais la bouche pleine. (Il n'y a évidemment aucune allusion graveleuse dans cette phrase...)

Certes, Jules a ses défauts: l'être parfait, étant différent pour chacun, ne peut objectivement exister. De toute façon, on ne saurait qu'en faire et, étant donné mes nombreuses qualités dans le domaine de la maladresse et de la distraction, je ne tarderais pas à développer un complexe si la perfection émanait de mon compagnon de vie. ^-^ Ceci étant dit, ces défauts sont infimes par rapport à ses qualités: sa patience sans égale par rapport à mes insécurités perpétuelles n'a de cesse de m'étonner. Je me montre toujours d'un cynisme crasse à l'égard des relations amoureuses alors que je suis, secrètement, l'être le plus fleur bleue au monde. Je râle parce que je n'ai pas de fleurs, parce que je semble parfois être la seule à prendre des initiatives pour sortir du rythme routinier de notre vie, mais n'est-ce point infime en comparaison de ce qu'il est? L'aporie causée par mes doutes constants quant à la durée de vie d'une relation amoureuse et ma propre vie se manifeste régulièrement: il n'y a pas si longtemps, elle a éclaté en une crise violente, de plusieurs mois, difficile à appréhender et à gérer. J'étais devenue tellement infecte que je semblais tout mettre en œuvre pour que mes visions pessimistes et tragiques de la vie amoureuse se reflètent dans ma réalité. Rétrospectivement, je songe que j'ai du blesser Jules avec tant de force qu'il me paraît presque irréel qu'il m'ait pourtant attendu, qu'il ait patienté le temps que je panse mes plaies et que je dissolve ma peur croissante du mot "deux" dans un mélange de sentiments doux et de rationalité parfois utile. Alors, bien-sûr, tout n'est pas tout rose: je vais sûrement trébucher encore bien des fois sur ce chemin de vie à deux. J'ai beaucoup trop de choses à apprendre pour ne pas faillir à nouveau. Mais je sais, au fond de moi, que j'ai trouvé la meilleure personne pour m'aider à me relever et à avancer sur cette route, finalement, pas toujours semée d'embûches.

J'ai de la chance et, hier, le 17 janvier, cela a fait six ans que ma poisse, si appliquée à l'ordinaire, a fermé boutique dans le milieu amoureux afin de mieux se consacrer aux autres spécialités de mon quotidien! Ma foi, pour cette fois, je ne regrette pas la délocalisation! ^-^

Bon anniversaire, Jules! ^-^

16 septembre 2009

Résidence Permanente, qu'ils disaient...

Ah! Les aléas de l'immigration Canadienne! Je ne serai certainement pas la première à en raconter les joies! Pourtant, je vous assure, tout ce que nous pouvons en imaginer, à la lumière des centaines de récits, n'est rien à comparer de notre cas particulier, lorsque nous y sommes confrontés en personne! J'avoue, j'ai fait une erreur: j'ai cru que mes six ans de vie sur le territoire, mes connexions Canadiennes familiales, mon parcours universitaire sur place rendraient mon acceptation plus simple! Ô douce illusion de l'innocence! C'était sans compter les prouesses de la Bureaucratie pour trouver un cheveu sur le crâne d'un chauve! Voici une petite mise en situation:

Le 13 Avril dernier, après moult reports, je poste enfin mon dossier au BIQ ( qui n'a rien à voir avec un crayon ou un briquet, mal écrit, mais se targue d'être le Bureau d'Immigration du Québec), fort de ses six attestations de scolarité à plein temps, à dix dollars l'exemplaire, de ses relevés de notes, au même prix (Il est vrai qu'imprimer une misérable feuille vaut cette petite fortune, à n'en point douter...), les lettres d'employeurs que nous n'avons pas revus depuis notre tendre adolescence,... Bref, un ramassis de paperasse inutile, en attente d'être examinée afin de déterminer si mon humble personne aura l'insigne honneur d'être "sélectionnée" par le Québec et pourra donc commencer à faire ses démarches d'immigration. Le 14 Avril, je reçois le papier de la poste m'indiquant la bonne réception du dossier et le 22 du même mois, un vrai accusé de la part du bureau. Faut pas croire: Montréal peut s'avérer très grande lorsqu'il s'agit de renvoyer des papiers. Ou bien l'accusé est venu à pied depuis la rue Notre Dame et, forcément, en rampant, il a mis beaucoup plus de temps...Bon, je m'égare encore. Dans l'accusé officiel, il m'est spécifiée qui s'occupera de mon dossier, un numéro d'attribution et un site destiné, soi disant, à obtenir une idée du temps de traitement.

"Si vous avez envoyé votre dossier avant novembre 2008, vous devriez avoir reçu votre réponse."

...

Il y a eu une faille temporelle ou le responsable du site s'est fait amputer des doigts en novembre de l'année dernière?

Qu'à cela ne tienne! L'été accourait alors vers nous, avec sa rituelle période de moussons en juillet, et je conçois que, à l'instar de toute bonne administration, les performances de traitement soient mises à mal par les congés dans le sud! Je prends donc mon mal en patience et espère avoir mon CSQ, comme ce document est si joliment appelé, d'ici le mois de septembre.

Le 3 septembre, une lettre m'est envoyée.

"Il vous manque une lettre de l'établissement assurant que vous avez terminé tous vos cours académiques de Doctorat et les copies conformes des lettres de vos employeurs."

Hin hin hin... Six mois pour s'apercevoir que le dossier n'est pas complet? Une question germe dans mon esprit: combien de temps cela prendrait de demander à la personne qui ouvre l'enveloppe pour vous renvoyer l'accusé de réception de vérifier, sinon la validité, du moins la présence de tous les documents demandés??? Juste pour pas donner l'impression qu'on se moque ouvertement des candidats à l'immigration...

Bref, me voilà quelque peu ennuyée. J'ai effectivement terminé tous mes cours académiques mais il me manque deux notes. Je n'ai pas réellement le contrôle sur les activités de mon directeur donc à moins de le séquestrer pour qu'il me corrige, certaines choses échappent à mon contrôle. Je décide donc d'appeler Mme P., responsable de mon dossier.

9h : occupé.
9h30: répondeur.
10h00: répondeur.
10h15 : répondeur.
10h30 : répondeur.
11h00: répondeur.

11h02: demande à la secrétaire si la dite Madame P. existe ou si elle vient de se faire enlever par une horde d'extraterrestres en furie. Cette question se traduit généralement par la phrase classique:

-"Je tombe sans arrêt sur son répondeur. Elle travaille aujourd'hui?
- Oui oui. Vous lui avez laissé deux messages?
- deux? Je lui en ai laissé un mais sans résultat.
- Ah! Il vous faut attendre demain maintenant!"

Demain? En fait, elle est en plein décalage horaire et elle reporte tous ses messages au lendemain? Ne pouvant rien faire d'autre, je me fis une raison. Pourtant, une heure plus tard, mon téléphone sonne et j'ai la surprise de découvrir la voix de Mme P. : elle avait visiblement pris de l'avance sur son planning téléphonique ou bien elle était tannée de voir mon numéro de téléphone s'afficher tous les quart d'heures. Je lui explique mon problème:

-"Ah. Mais c'est la Loi, je ne peux rien faire. Si je n'ai pas les documents dans 60 jours, je transfère votre dossier à Paris et ils vous convoqueront à un entretien!"

Mais oui, bien sûr! Parce que, ça tombe bien, je ne sers à rien à Montréal! Alors pourquoi pas un petit aller-retour à 800 dollars dans la journée???

-"Si vous voulez, je peux aussi suspendre votre dossier jusqu'à douze mois! ça vous laisserait le temps.
- ... Et mon dossier passera à la fin de la file?
- Oui."

Hin hin hin. Elle est vraiment très amusante cette dame! C'est pas comme si, déjà, en temps normal, ça prenait un an à obtenir la résidence permanente! Tant qu'à faire, on pourrait bien rajouter une autre année! Après tout, j'ai encore un bon bout de vie à m'occuper!

En tous les cas, j'étais très très fâchée hier, un peu moins aujourd'hui et ça ira mieux demain! Toujours est-il que je me demande très franchement pourquoi l'administration est aussi stupidement bête et rigide...Peu importe le domaine, la question, il semble inscrit dans son fonctionnement interne qu'elle doit rappeler à l'être humain qu'il ne contrôle pas tout sur cette Terre! Plus forte encore que la Nature pour nous rappeler notre petitesse, la Bureaucratie trône et dispose...

Affaire à suivre!

11 février 2009

Equilibre d'un jour.

-"Tu n'es pas stable. Tu dois être plus basse! Ton "stance" n'est pas bon!"

Au prime abord, nous avons juste là une remarque, certes négative, mais à visée constructive, d'un instructeur de Kung Fu. Rien de bien méchant et il me suffirait d'améliorer le dit "stance" pour que tout rentre dans l'ordre et que j'obtienne une promotion de "fille croche" à "fille stable"...

Oui mais j'ai un esprit tordu. Ce n'est pas que je le veuille particulièrement mais c'est indéniable: j'ai des raisonnements étranges. De fait, en analysant la simple remarque-certes-négative-mais-à-visée-constructive de départ, je ne peux m'empêcher d'en tirer des conclusions sur ma manière d'être. Suis-je instable moralement autant que physiquement? Parce que bon, l'air de rien, j'ai quand même le chic pour créer des problèmes là où tout n'est qu'harmonie, bonheur, joie et volupté!

-"Steph, t'exagères!"

Non! Vous pouvez demander à Jules: tous les mois, à peu de choses près, le malheureux a droit à la rituelle question:

-"Mais tu ne regrettes pas d'être avec moi? Non parce que ton rêve, c'est la musique et à cause de moi..."

Et là, l'inéluctable réponse de Jules, un brin agacé parce que ça fait quand même cinq ans qu'il doit me la donner douze fois par année:

-"Non, chérie! Je suis heureux et j'ai fait ce choix.
- Oui mais, mettons qu'on se sépare, tu vas m'en vouloir!"

Soupir de lassitude. Bon d'accord, je suis un peu pessimiste mais c'est vrai qu'il peut le regretter non?

-"..."

Bon, vais aller travailler mon "stance", je pense. Histoire d'être un peu stable, une fois dans ma vie...