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7 avril 2010

Résidence Permanente en latence!

Eh voilà! Presque un an plus tard, nous voici au terme de la grande aventure. Aujourd'hui, dans ma boîte mail, un courriel de Détroit m'informant que ma demande de Résidence Permanente "semblait"maintenant répondre aux conditions requises pour la délivrance d'un visa. Bon, on ne relèvera pas le choix du vocabulaire qui n'a rien de rassurant ("semble"? "d'un" visa? ) et on se contentera d'un long cri de joie pour marquer la fin de ces démarches sans fin. Remarquez, je ne devrais pas me plaindre: cela n'a même pas pris un an dans mon cas. Et puis, je n'ai presque pas eu de problèmes, si l'on exclut les renseignements ridicules demandés ou encore les sept mois d'attente avant la délivrance de mon Certificat de Sélection du Québec. Aujourd'hui est donc une bonne journée. Bon, bien entendu, il me faut encore envoyer mon passeport par la poste afin que l'immigration inscrive quelque autorisation à l'intérieur et que je puisse aller faire le tour du poteau. En voici une autre pratique ridicule d'ailleurs: il est nécessaire de pénétrer sur le territoire pour valider notre résidence permanente. Comme il semble impossible de faire autrement, tous ceux qui habitent dans le sud du Québec prennent leur voiture pour se rendre au poste frontière le plus proche, inventer un prétexte bidon pour passer du côté des Etats-Unis, puis repasser la frontière dans l'autre sens avant que l'encre du tampon dans le passeport ait eu le temps de sécher. Car non, nous ne pouvons pas simplement informer Monsieur Douanier Américain de nos véritables intentions car il se verrait dans l'obligation de nous refuser l'entrée de son côté de route. Bilan: on se retrouverait à devoir justifier à chacun de nos passages de frontière ultérieurs ce refus par le poste frontière, un obscur soir du mois d'avril. De fait, cela crée des situations improbables où nous expliquons à Chose, derrière son comptoir, que nous avons l'intention d'aller magasiner à Plattsburgh parce que c'est quand même une super place pour faire les magasins. (Je ne l'ai pas vraiment vécu encore mais mon Yankee préféré pourrait vous conter par le menu l'ironie d'un Américain devant aller faire un tour chez lui afin de valider son visa.). Le meilleur réside certainement dans l'étonnement (on se demande pourquoi ils s'étonnent encore d'ailleurs!) du Monsieur Douanier Canadien lorsqu'on répond à sa question: 

-"Combien de temps êtes-vous restés aux Etats-Unis?
- 35minutes.
- Qu'y avez-vous fait?
- On a mangé des frites au Mac Do."

Ridicule? Oui mais ce n'est pas comme si on avait vraiment le choix. Honnêtement, quitte à passer la frontière, on préférerait sûrement que ce soit au moins pour visiter une belle ville, passer des vacances, bref, toute autre raison que celle de faire un tour de char dans le seul but d'avoir un beau tampon.

Mais aujourd'hui, cessons la râlerie: il fait presque beau, Michel est de retour sur les routes avec son magnifique vert transgénique et sa rouille, et je viens de recevoir mon autorisation pour la résidence. Le pire qui puisse m'arriver, désormais, c'est que la poste perde mon passeport. Mais ça n'arrivera pas, hein? Elle est fiable la poste, n'est-ce pas?

...

Vais peut-être regarder les tarifs de Fedex, moi, finalement... ^-^

16 septembre 2009

Résidence Permanente, qu'ils disaient...

Ah! Les aléas de l'immigration Canadienne! Je ne serai certainement pas la première à en raconter les joies! Pourtant, je vous assure, tout ce que nous pouvons en imaginer, à la lumière des centaines de récits, n'est rien à comparer de notre cas particulier, lorsque nous y sommes confrontés en personne! J'avoue, j'ai fait une erreur: j'ai cru que mes six ans de vie sur le territoire, mes connexions Canadiennes familiales, mon parcours universitaire sur place rendraient mon acceptation plus simple! Ô douce illusion de l'innocence! C'était sans compter les prouesses de la Bureaucratie pour trouver un cheveu sur le crâne d'un chauve! Voici une petite mise en situation:

Le 13 Avril dernier, après moult reports, je poste enfin mon dossier au BIQ ( qui n'a rien à voir avec un crayon ou un briquet, mal écrit, mais se targue d'être le Bureau d'Immigration du Québec), fort de ses six attestations de scolarité à plein temps, à dix dollars l'exemplaire, de ses relevés de notes, au même prix (Il est vrai qu'imprimer une misérable feuille vaut cette petite fortune, à n'en point douter...), les lettres d'employeurs que nous n'avons pas revus depuis notre tendre adolescence,... Bref, un ramassis de paperasse inutile, en attente d'être examinée afin de déterminer si mon humble personne aura l'insigne honneur d'être "sélectionnée" par le Québec et pourra donc commencer à faire ses démarches d'immigration. Le 14 Avril, je reçois le papier de la poste m'indiquant la bonne réception du dossier et le 22 du même mois, un vrai accusé de la part du bureau. Faut pas croire: Montréal peut s'avérer très grande lorsqu'il s'agit de renvoyer des papiers. Ou bien l'accusé est venu à pied depuis la rue Notre Dame et, forcément, en rampant, il a mis beaucoup plus de temps...Bon, je m'égare encore. Dans l'accusé officiel, il m'est spécifiée qui s'occupera de mon dossier, un numéro d'attribution et un site destiné, soi disant, à obtenir une idée du temps de traitement.

"Si vous avez envoyé votre dossier avant novembre 2008, vous devriez avoir reçu votre réponse."

...

Il y a eu une faille temporelle ou le responsable du site s'est fait amputer des doigts en novembre de l'année dernière?

Qu'à cela ne tienne! L'été accourait alors vers nous, avec sa rituelle période de moussons en juillet, et je conçois que, à l'instar de toute bonne administration, les performances de traitement soient mises à mal par les congés dans le sud! Je prends donc mon mal en patience et espère avoir mon CSQ, comme ce document est si joliment appelé, d'ici le mois de septembre.

Le 3 septembre, une lettre m'est envoyée.

"Il vous manque une lettre de l'établissement assurant que vous avez terminé tous vos cours académiques de Doctorat et les copies conformes des lettres de vos employeurs."

Hin hin hin... Six mois pour s'apercevoir que le dossier n'est pas complet? Une question germe dans mon esprit: combien de temps cela prendrait de demander à la personne qui ouvre l'enveloppe pour vous renvoyer l'accusé de réception de vérifier, sinon la validité, du moins la présence de tous les documents demandés??? Juste pour pas donner l'impression qu'on se moque ouvertement des candidats à l'immigration...

Bref, me voilà quelque peu ennuyée. J'ai effectivement terminé tous mes cours académiques mais il me manque deux notes. Je n'ai pas réellement le contrôle sur les activités de mon directeur donc à moins de le séquestrer pour qu'il me corrige, certaines choses échappent à mon contrôle. Je décide donc d'appeler Mme P., responsable de mon dossier.

9h : occupé.
9h30: répondeur.
10h00: répondeur.
10h15 : répondeur.
10h30 : répondeur.
11h00: répondeur.

11h02: demande à la secrétaire si la dite Madame P. existe ou si elle vient de se faire enlever par une horde d'extraterrestres en furie. Cette question se traduit généralement par la phrase classique:

-"Je tombe sans arrêt sur son répondeur. Elle travaille aujourd'hui?
- Oui oui. Vous lui avez laissé deux messages?
- deux? Je lui en ai laissé un mais sans résultat.
- Ah! Il vous faut attendre demain maintenant!"

Demain? En fait, elle est en plein décalage horaire et elle reporte tous ses messages au lendemain? Ne pouvant rien faire d'autre, je me fis une raison. Pourtant, une heure plus tard, mon téléphone sonne et j'ai la surprise de découvrir la voix de Mme P. : elle avait visiblement pris de l'avance sur son planning téléphonique ou bien elle était tannée de voir mon numéro de téléphone s'afficher tous les quart d'heures. Je lui explique mon problème:

-"Ah. Mais c'est la Loi, je ne peux rien faire. Si je n'ai pas les documents dans 60 jours, je transfère votre dossier à Paris et ils vous convoqueront à un entretien!"

Mais oui, bien sûr! Parce que, ça tombe bien, je ne sers à rien à Montréal! Alors pourquoi pas un petit aller-retour à 800 dollars dans la journée???

-"Si vous voulez, je peux aussi suspendre votre dossier jusqu'à douze mois! ça vous laisserait le temps.
- ... Et mon dossier passera à la fin de la file?
- Oui."

Hin hin hin. Elle est vraiment très amusante cette dame! C'est pas comme si, déjà, en temps normal, ça prenait un an à obtenir la résidence permanente! Tant qu'à faire, on pourrait bien rajouter une autre année! Après tout, j'ai encore un bon bout de vie à m'occuper!

En tous les cas, j'étais très très fâchée hier, un peu moins aujourd'hui et ça ira mieux demain! Toujours est-il que je me demande très franchement pourquoi l'administration est aussi stupidement bête et rigide...Peu importe le domaine, la question, il semble inscrit dans son fonctionnement interne qu'elle doit rappeler à l'être humain qu'il ne contrôle pas tout sur cette Terre! Plus forte encore que la Nature pour nous rappeler notre petitesse, la Bureaucratie trône et dispose...

Affaire à suivre!