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16 août 2010

Le Chien-Jouet en mal d'amour.

Oui, encore un billet sur les chiens. En fait, c'est plus un article sur leurs "propriétaires" que sur nos amis canins. Mettons que j'ai été profondément choquée de certains comportements ou raisonnements que j'ai pu découvrir sur Internet. Dans quelques semaines, ce sera les soixante ans du papa de Jules. Soixante ans, retraite, campagne, marche quotidienne: Jules songea qu'un chien serait peut-être le parfait compagnon pour cette nouvelle étape de vie. Bon, bien-sûr, il fallait l'accord de l'intéressé avant d'entreprendre toutes les démarches mais, souffrant de puérilité chronique lorsqu'il s'agit de chiens, je me mis à prospecter un chien-pantoufle, dès fois que son adoption soit entérinée par qui de droit. Ce ne fut pas le cas. Déception, certes, mais ce n'est rien comparée à ma colère portant sur certaines annonces que j'ai pu trouver. J'en cite quelques-unes de mémoire:

"Vends chiot 3 mois, cause: j'habite dans un 4 1/2 au 2e étage et je n'ai pas la patience de m'en occuper, 100$"

"Vends chiot 4 mois, cause: vente de maison subite et déménagement dans un condo. 250$"

"URGENT! Vends chien 11 mois 250$, si personne d'ici trois jours, je vais l'euthanasier."

...

Trois cas de figure qui reflètent, à peu de choses près, le niveau d'absurdité de certaines personnes. Honnêtement, je n'aime pas juger les gens, surtout sans les connaître (comme mon billet sur l'arrogance le souligne), mais franchement, sur les centaines d'annonces de cet acabit sur Internet, c'est difficile de prendre du recul. Sérieusement, La dame A, avec son chien de 3 mois, elle vient d'allumer qu'elle habitait dans un 4 1/2 au 2e étage? Un chiot, ça s'adopte à deux mois! Elle vient de l'accueillir! Il ne doit même pas savoir encore comment il s'appelle qu'elle vient de remarquer que, non, décidément, ça bouge trop un chien! Mais chrisitie, elle croyait quoi? Qu'un chiot cute, ben ça se pose sur le canapé, et quand on en a envie, qu'on a le temps, qu'il fait beau et que les cerisiers sont en fleurs, ben on peut aller prendre une marche avec? 

Franchement, je trouve ça honteux! Pareil pour Madame B: "vente subite de maison"... Genre, elle s'est levée un matin et un type lui a donné un chèque pour qu'elle s'en aille? Ça fait plus de six mois que j'essaie de vendre la maison de mes parents: si c'était une affaire de 24heures de vendre une maison, ça se saurait! Et quand bien même ce serait dû à une histoire plus "triste", du fait de la perte d'un être cher ou d'ennuis financiers, le chien mérite t-il d'être tassé sur le bord du chemin comme un sac de patates? Il est vivant! Allo! Je sais bien qu'il ne faut pas tomber dans l'extrême inverse et devenir gaga de son compagnon. Un chien est un chien et une poussette ne sert absolument pas à promener un animal (quoiqu'en pensent certains propriétaires de mini-canidés). Mais ça ne veut pas dire que ce sont des objets ou des jouets. Ils ne sont pas juste "cuuuuuttteeeeeesss": un chien, ça grandit, ça a besoin de se promener au moins deux fois par jour, de jouer, de dormir, de manger (beaucoup), de chier (et faut ramasser en ville), etc... C'est pas un Tamagotchi! Tu ne peux pas enlever les piles quand tu en as marre de jouer avec et tu ne peux pas le déposer comme un morceau de viande sur une place de marché, voyons donc! (Objectivement, cependant, en l'absence de toute information complémentaire, la Madame B. est celle qui mérite le plus le bénéfice du doute quant à ses motivations.)

Cela m'amène à l'annonce de Monsieur C et sa menace de tuer son chien si un quidam ne lui file pas, là, dans les trois jours, 250$ pour le reprendre. Là, j'ai des nausées. Non seulement le père C n'assume pas son chien qu'il vient d'adopter il y a même pas un an mais en plus il EXIGE que quelqu'un le paye aussi cher qu'un chiot pour compenser les frais qu'il a eu jusqu'ici. Mais c'est que personne ne l'a obligé à l'adopter, le chien en question. Le culot de Monsieur Chose ne s'arrête pas là: il culpabilise les potentiels intéressés en mettant un délai dans son annonce. Si personne ne prend son animal avant cet ultimatum, ils seront tous un peu responsables de sa mort, finalement, d'après son raisonnement. Sérieux? Non je veux dire qu'il veuille se débarrasser de son chien, c'est une chose (que je condamne mais c'est son problème), mais qu'il fasse du chantage aux autres (payez-le sinon je le tue) et qu'il veuille de l'argent en échange, ça me dépasse. C'est parce que c'est pas un libre-service l'euthanasie, t'sais, Chose? Tu rentres pas chez le véto avec ton chien de même pas un an en lui disant: "ch'ui tanné, il est poilu. Tuez-le." Faut que tu payes, que tu remplisses un formulaire pis tout, là! (Ahahah! Jeu de mot: un formulaire pis tout... un formulaire pitou! ... Ok, je sors! ;) )Ça va te coûter une centaine de dollars. A ce compte-là, donne-le ton chien! Alors, certes, une théorie douteuse prétend que celui qui paye un animal aura plus respect pour lui que celui qui le récupère. Bon, entre nous, cette théorie est archi foireuse: quiconque respecte la vie, respectera l'animal, qu'il l'ait acheté ou qu'on lui ait donné. Pour les autres, c'est ni plus ni moins qu'acheter un jouet. Et un jouet, quand on n'y joue plus, ben on le jette. Payé ou pas.

Bref, c'était mon petit coup de gueule sur ces annonces qui pleuvent sur Internet et qui m'horrifient. Le pire, c'est que ces gens là écrivent en toute candeur des phrases comme "je n'ai pas la patience de m'en occuper" ou encore "je vais le tuer si personne ne l'achète". Genre, c'est normal. On s'en fout, ce ne sont pas des êtres humains au cerveau sur-développé et à l'intelligence notoire. Ils sont incapables d'émotions, les animaux, c'est bien connu, pas comme nous, les Hommes! 

...

C'est pas un sujet qui fait pleurer dans les chaumières. D'aucuns diront sûrement qu'entre ça et les enfants qui meurent de faim, y a pas photo: c'est superficiel. Peut-être. A mes yeux, cependant, c'est juste révélateur de notre respect de la vie. Lorsqu'on est capable d'acheter tout et n'importe quoi avec notre argent, on perd notre humilité et notre respect des autres, de la nature, des animaux. Tout nous est dû. On veut bien concevoir que d'autres existent et qu'il faut nous remettre en question mais après notre émission de télé, après notre pizza-bière et après notre vie confortable. Après.

27 février 2010

Préjugés et Ignorance font bon ménage!

Ce matin, j'ai rencontré la bêtise et l'ignorance, réunies pour mon plus grand déplaisir en un seul corps. A vrai dire, tout aurait pu être parfait en ce samedi matin: un petit brunch pour fêter le retour d'une amie, quelques agréables visages que je n'avais pas vus depuis longtemps, le seul restaurant de Montréal capable de rater une omelette au saumon, bref, tous les ingrédients pour apprécier les premières heures de la fin de semaine. Oui mais voilà, lorsqu'une personne, après qu'elle ait appris que vous travailliez sur les autochtones, vous rétorque, en souriant:

-"Mon dieu! Que c'est inutile! On aurait du faire comme les Américains et tous les tuer! Au moins il n'y a aucun Apache qui se plaint aujourd'hui: ils sont tous morts!"

L'envie de lui répondre que 1/Non, les Apaches ne sont pas tous morts mais que ce serait étrange qu'il soit au courant de la moindre de leurs revendications, étant donné son ignorance crasse sur les communautés qui l'entourent, et que 2/ Si l'on suit son raisonnement, il est même dommage que les Anglais n'aient pas tué tous les Canadiens-Français de l'époque car ils râleraient beaucoup moins aujourd'hui, eux aussi, est particulièrement forte! Après tout, à remarque stupide, infondée et ignorante, réponse de la même famille! 

A vrai dire, depuis le temps que j'étudie dans ce domaine, je suis accoutumée aux remarques de cet acabit de la part des personnes qui n'ont aucune autre connaissance des cultures autochtones que ce que les Média en disent, entre l'annonce d'une médaille olympique et la disparition du chat de Céline Dion. Je conçois pleinement que chaque être humain ayant grandi dans un milieu et un contexte différent arrive à l'âge "adulte" avec plus de préjugés que de cheveux sur la tête, tout en se pensant pleinement éclairée. Je le conçois et je suis même certaine que j'en ai une réserve impressionnante moi-même, issue de ma propre éducation. Ce qui me désole et génère chez moi une véritable envie de remettre brutalement à leur place certains interlocuteurs, ce sont sans aucun doute des comportements similaires à celui de ce triste sire, dont j'ai oublié jusqu'au nom. Le jugement de quelque chose qu'on ne connait pas personnellement, l'opinion forgée à partir de "on dit" et le sentiment qu'on vaut mieux que les autres sont des aberrations de la vie en société: faudrait-il rappeler à ce garçon qu'il n'a pas plus de droits sur cette Terre et cette vie que les autochtones? Doit-on aussi lui faire remarquer que si certaines communautés paraissent faire des scandales, personne ne parle ni du contexte des revendications, ni de la popularité au sein de la réserve de ces demandes, ni même encore de l'histoire présidant à ces requêtes? Faudrait-il, enfin, rappeler à ce défenseur de l'ethnocide que le pays qu'il habite n'a pas été "découvert" comme on le dit si souvent car il était déjà habité depuis des siècles et des marins Basques y faisaient commerce depuis longtemps? Oui, j'imagine qu'il faudrait lui apprendre tout cela. Mais tout est fait pour que, s'il ne fait pas de recherches de lui-même, il conserve cette ignorance crasse! Et si certains sont intéressés et curieux de comprendre le fonctionnement de leur société, d'autres semblent heureux et épanouis d'étaler leur ignorance comme on étale de la confiture sur du pain.

20 novembre 2009

Rage sourde à travers les âges!

"Il faut désormais que mon coeur, s'il n'aime avec transport, haïsse avec fureur."

Déclarait Pyrrhus à Andromaque.

La phrase est joliment tournée et il n'est pas un cœur de pierre qui ne fondrait à son énoncé. Pourtant, aujourd'hui, nous préférons exprimer notre colère et notre frustration par des mots de haine et des injures sans passion.

Mercredi dernier, j'assistai à une bien étrange scène, dans un métro rempli des derniers noctambules, au teint livide des fins de soirées. Un couple d'amoureux, comme il en court les rues dans cette société qui l'impose comme norme sociale, se tenait à dix mètres de moi, le cœur enflammé par quelque malheureux émoi. Les mots étaient durs et la rage, palpable. Derrière la violence de l'échange, transparaissaient, recouvertes du suaire d'un Amour défunt, détresse et tristesse mélangées. Aujourd'hui, la beauté des vers de Racine est remplacée par la grisaille du vocabulaire sans attrait. Pour exprimer un sentiment fêlé, une blessure douloureuse, d'où s'écoule tout le sang de leur coeur, les protagonistes du métro ont choisi la voix de l'humiliation et de l'injure. Devant un public fade, qui regardait, l'œil vague, cet amour se déchirer et se consumer, ils se traitaient des noms les plus outrageux, se laissant aller à des cris d'hystérie. Ils transformaient la tristesse d'un Amour sans lendemain en ridicule à la frontière du risible.

Personnellement, j'en conviens, je ne suis pas une adepte du conflit. Cela me prend tout mon courage pour aborder les sujets qui fâchent et j'ai certainement dû passer toutes les autres solutions en revue avant de me lancer dans des discussions au futur chaotique. La fuite m'est devenue habituelle et mon orgueil s'efforce de panser mes blessures: je ne montrerais pas ouvertement que je suis triste, autant que possible, mais je n'irais pas non plus chercher des explications à une attitude humiliante, méprisante ou simplement incompréhensible. Je vais souvent attendre que tout devienne plus calme dans mon esprit pour oser aborder de nouveau la personne qui m'a, le plus souvent inconsciemment, blessée. De là, mon aspect si "androïde" dans l'expression de mes sentiments. J'use du recul à l'extrême, analysant tout ce qui m'arrive pour ne pas tomber dans l'émotionnel pur. Il va sans dire que ce n'est pas la meilleure méthode: à mon sens, d'ailleurs, il n'existe pas de bon moyen pour interagir les uns avec les autres. Nous suivons juste nos sentis.

Un de mes amis soulignait justement que le recours à la violence dans les paroles du couple devait certainement permettre un certain soulagement aux protagonistes de la scène. Je me permets de demeurer dubitative. Pour m'être laissée aller quelques fois à ce genre d'explosion, je puis affirmer que je ne m'en suis jamais sentie apaisée. Au contraire: je me sentais, l'instant d'après, aussi vile et sale que la personne que je venais d'incendier. L'humiliation, en l'occurrence publique, et l'injure sont des armes qui blessent profondément, ne causant, à mon sens, que des plaies dont il est impossible de guérir complétement. D'où la fameuse expression "les mots ont dépassé ma pensée", si couramment utilisée pour s'excuser d'avoir ainsi malmené notre interlocuteur. Parce que nous avons perdu le contrôle de nous mêmes, nous avons abîmé une relation et nous avons généré chez l'autre des lésions parfois trop graves pour être soignées.

Sommes-nous si parfaits que nous puissions, ainsi, tout gâcher, mépriser, humilier l'autre à ses moindres faux pas? C'est un comportement qui me gêne profondément et j'aurais toujours tendance à préférer les vers de Racine à la haine sourde et sans lendemain. Certes, certains jugeront que ces dialogues enflammés font le piment de la relation, d'autres encore estimeront qu'ils ne sont que l'expression de notre humanité: nous ne pouvons pas tout contrôler en ce monde. Ces arguments sont indéniables. Pourtant, autant que possible, je me dis que nous qui sommes si fiers d'avoir une intelligence supérieure à tous les autres animaux, nous pourrions en profiter pour taire ce type d'instinct bestial qui préside à toute joute verbale.

Bien sûr, c'est toujours plus facile à dire qu'à faire...

16 septembre 2009

Résidence Permanente, qu'ils disaient...

Ah! Les aléas de l'immigration Canadienne! Je ne serai certainement pas la première à en raconter les joies! Pourtant, je vous assure, tout ce que nous pouvons en imaginer, à la lumière des centaines de récits, n'est rien à comparer de notre cas particulier, lorsque nous y sommes confrontés en personne! J'avoue, j'ai fait une erreur: j'ai cru que mes six ans de vie sur le territoire, mes connexions Canadiennes familiales, mon parcours universitaire sur place rendraient mon acceptation plus simple! Ô douce illusion de l'innocence! C'était sans compter les prouesses de la Bureaucratie pour trouver un cheveu sur le crâne d'un chauve! Voici une petite mise en situation:

Le 13 Avril dernier, après moult reports, je poste enfin mon dossier au BIQ ( qui n'a rien à voir avec un crayon ou un briquet, mal écrit, mais se targue d'être le Bureau d'Immigration du Québec), fort de ses six attestations de scolarité à plein temps, à dix dollars l'exemplaire, de ses relevés de notes, au même prix (Il est vrai qu'imprimer une misérable feuille vaut cette petite fortune, à n'en point douter...), les lettres d'employeurs que nous n'avons pas revus depuis notre tendre adolescence,... Bref, un ramassis de paperasse inutile, en attente d'être examinée afin de déterminer si mon humble personne aura l'insigne honneur d'être "sélectionnée" par le Québec et pourra donc commencer à faire ses démarches d'immigration. Le 14 Avril, je reçois le papier de la poste m'indiquant la bonne réception du dossier et le 22 du même mois, un vrai accusé de la part du bureau. Faut pas croire: Montréal peut s'avérer très grande lorsqu'il s'agit de renvoyer des papiers. Ou bien l'accusé est venu à pied depuis la rue Notre Dame et, forcément, en rampant, il a mis beaucoup plus de temps...Bon, je m'égare encore. Dans l'accusé officiel, il m'est spécifiée qui s'occupera de mon dossier, un numéro d'attribution et un site destiné, soi disant, à obtenir une idée du temps de traitement.

"Si vous avez envoyé votre dossier avant novembre 2008, vous devriez avoir reçu votre réponse."

...

Il y a eu une faille temporelle ou le responsable du site s'est fait amputer des doigts en novembre de l'année dernière?

Qu'à cela ne tienne! L'été accourait alors vers nous, avec sa rituelle période de moussons en juillet, et je conçois que, à l'instar de toute bonne administration, les performances de traitement soient mises à mal par les congés dans le sud! Je prends donc mon mal en patience et espère avoir mon CSQ, comme ce document est si joliment appelé, d'ici le mois de septembre.

Le 3 septembre, une lettre m'est envoyée.

"Il vous manque une lettre de l'établissement assurant que vous avez terminé tous vos cours académiques de Doctorat et les copies conformes des lettres de vos employeurs."

Hin hin hin... Six mois pour s'apercevoir que le dossier n'est pas complet? Une question germe dans mon esprit: combien de temps cela prendrait de demander à la personne qui ouvre l'enveloppe pour vous renvoyer l'accusé de réception de vérifier, sinon la validité, du moins la présence de tous les documents demandés??? Juste pour pas donner l'impression qu'on se moque ouvertement des candidats à l'immigration...

Bref, me voilà quelque peu ennuyée. J'ai effectivement terminé tous mes cours académiques mais il me manque deux notes. Je n'ai pas réellement le contrôle sur les activités de mon directeur donc à moins de le séquestrer pour qu'il me corrige, certaines choses échappent à mon contrôle. Je décide donc d'appeler Mme P., responsable de mon dossier.

9h : occupé.
9h30: répondeur.
10h00: répondeur.
10h15 : répondeur.
10h30 : répondeur.
11h00: répondeur.

11h02: demande à la secrétaire si la dite Madame P. existe ou si elle vient de se faire enlever par une horde d'extraterrestres en furie. Cette question se traduit généralement par la phrase classique:

-"Je tombe sans arrêt sur son répondeur. Elle travaille aujourd'hui?
- Oui oui. Vous lui avez laissé deux messages?
- deux? Je lui en ai laissé un mais sans résultat.
- Ah! Il vous faut attendre demain maintenant!"

Demain? En fait, elle est en plein décalage horaire et elle reporte tous ses messages au lendemain? Ne pouvant rien faire d'autre, je me fis une raison. Pourtant, une heure plus tard, mon téléphone sonne et j'ai la surprise de découvrir la voix de Mme P. : elle avait visiblement pris de l'avance sur son planning téléphonique ou bien elle était tannée de voir mon numéro de téléphone s'afficher tous les quart d'heures. Je lui explique mon problème:

-"Ah. Mais c'est la Loi, je ne peux rien faire. Si je n'ai pas les documents dans 60 jours, je transfère votre dossier à Paris et ils vous convoqueront à un entretien!"

Mais oui, bien sûr! Parce que, ça tombe bien, je ne sers à rien à Montréal! Alors pourquoi pas un petit aller-retour à 800 dollars dans la journée???

-"Si vous voulez, je peux aussi suspendre votre dossier jusqu'à douze mois! ça vous laisserait le temps.
- ... Et mon dossier passera à la fin de la file?
- Oui."

Hin hin hin. Elle est vraiment très amusante cette dame! C'est pas comme si, déjà, en temps normal, ça prenait un an à obtenir la résidence permanente! Tant qu'à faire, on pourrait bien rajouter une autre année! Après tout, j'ai encore un bon bout de vie à m'occuper!

En tous les cas, j'étais très très fâchée hier, un peu moins aujourd'hui et ça ira mieux demain! Toujours est-il que je me demande très franchement pourquoi l'administration est aussi stupidement bête et rigide...Peu importe le domaine, la question, il semble inscrit dans son fonctionnement interne qu'elle doit rappeler à l'être humain qu'il ne contrôle pas tout sur cette Terre! Plus forte encore que la Nature pour nous rappeler notre petitesse, la Bureaucratie trône et dispose...

Affaire à suivre!