14 août 2009

Blessure de Guerre!

-"Steph, il faut changer ton pansement.
- Non.
- Fais pas l'enfant! Il est tout plein de sang! ça guérira jamais si tu ne l'enlèves pas!
- ...
- Steph!
- C'est tout collé après mon orteil: ça va faire un mal de chien!
- Encore plus si tu ne le changes pas!"

Résignée, un brin boudeuse, j'approche mes mains du pansement, noir de saleté et de sang, qui orne mon orteil droit. Je tente d'en décoller un côté et réprime une grimace de douleur. Si l'on excepte jeudi dernier, c'était la première fois que je retournais au Kung Fu, hier soir, depuis la mi-juillet. J'y avais eu ma petite fiole de bonheur grâce à mon Fujiao qui m'avait affirmé, un sourire aux lèvre:

-"Nous pensons que tu es prête pour ton examen! L'avoir reporté aura servi finalement alors ne le manque pas! "

Le "nous", bien entendu, renvoie à Sin hing Daniel et lui: Fujiao n'est pas encore le Roi de France! ^_^

Je flottais sur mon petit nuage. Je l'avais attendue tellement longtemps cette phrase! Il ne me reste plus qu'à donner mon meilleur le 27 Aôut prochain, pour avoir un joli cadeau d'anniversaire! ;)

Bon, bien entendu, une reprise est une reprise: je suis sortie du cours avec des égratignures étranges sur les jambes, des bleus et...un ongle d'orteil diminué de moitié!

-"Eurk!"

Oui, c'est le truc le plus moche de mon corps à date! Bon c'est pas très grave: le soleil est de la partie et je peux me promener en tong! Mais tout de même: j'ai du mal à vouloir enlever le pansement qui enserre la blessure de guerre. Je suis sûre que ça va entraîner la croûte de sang séché avec et rien que cette idée me donne des nausées!!!

-"Steeeeph..."

Oui, oui, c'est bon. Je vais m'y mettre.

...
...
...
...

Vous êtes sûrs qu'on peut pas vivre avec un pansement sur l'orteil???

Cri invisible.

Dans quelle mesure existons-nous vraiment? Est-ce que vivre, au sens biologique du terme, nous autorise à être? Si, quoi que nous fassions, quoi que nous disions, nous ne sommes jamais qu'une ombre dans le regard de nos proches, alors ne sommes-nous pas déjà morts?

Je ne peux m'empêcher de songer à la phrase du monsieur rencontré lors de mon bénévolat aux Restos du Coeur. J'en avais déjà parlé dans mon billet Reflexions d'un jour divers:

-"Ce qui est le plus dur, ce n'est pas le froid. C'est l'indifférence."

Je comprends ce qu'il voulait dire. L'indifférence nie l'existence de chacun. Lorsqu'on n'intéresse plus personne, nous perdons tout sens car nous nous définissions par rapport aux autres. Alors, lorsque celle ci est affichée, de manière parfaitement inconsciente, par les membres les plus proches de vous, la blessure est d'autant plus intense. J'ai fui toute ma vie pour ne pas admettre que je n'étais qu'une ombre pour eux, un être sympathique mais sans intérêt qu'on tolère par habitude. Un être qui se fait dévorer de l'intérieur par l'autre, celle qu'on préfère car plus expansive et joyeuse, en silence, sans un cri. Après tout, personne ne m'a autorisée à avoir ma place dans cette vie et je n'ai jamais eu le cran de la prendre...

Je me demande ce qui m'a le plus pénalisée: mon côté loup solitaire ou mon cynisme. Peu importe. Il est déjà trop tard. J'ai envie de reprendre mon sac à dos et de rejoindre une amie en novembre, dans un coin du monde où personne ne me regardera avec ce regard vide et froid, ces yeux qui montrent plus une résignation à mon existence qu'une réelle envie de la connaître...

L'astre de Râ brille de tous ses feux aujourd'hui. Pourtant, je me sens un peu triste, un brin inutile, un tantinet ratée. Il paraît que la Vie nous donne les lots que nous sommes capables de porter. Certains font tout de même plus mal que d'autres.

Hier soir, mon professeur de kung Fu m'a affirmé qu'il me pensait prête pour l'examen. J'ai senti un peu de chaleur réchauffer mon cœur trop froid. Ces petits riens sont autant de preuve de mon existence, alors j'essaie d'avancer, sans trébucher.

10 août 2009

Réalité glacée!

J'ai souvent imaginé comment ça se passerait. Je me demandais si j'allais juste m'enfuir en courant ou bien me mettre en colère. Je le voyais en train de balbutier quelques mots d'explication ou bien tout simplement m'ignorer.

-"Salut. Je ne t'avais pas vue. ça va bien?"

Eh voilà. Comme si de rien n'était. Comme si, soudainement, sur un non-dit, pour un malentendu, il n'avait pas, quelques semaines plus tôt, tiré sa révérence, sans un mot d'explication. Je m'étais dit que si telle était sa réaction, je ne le laisserais pas revenir comme une fleur. C'était me monter trop optimiste quant à ma capacité de réaction:

-"Très bien et toi? C'est la première fois que tu reviens ici depuis les vacances?
- Non, non! Je travaillais ailleurs le mois dernier mais je suis quand même venu souvent."

Tss. Dans la même phrase, il souligne qu'il ne se rappelle absolument pas de la dernière conversation que nous avons eu, à propos du dit travail, et qu'il n'avait aucune raison de ne pas avoir répondu à mes inquiétudes sur son silence. Je le savais mais c'est toujours décevant d'être confronté à une réalité froide. Tant pis. Je souris, probablement trop peu chaleureusement ou trop tristement car il battit précipitamment en retraite, allant retrouver ses amis. Peut-être était-il simplement mal à l'aise en ma présence? Personnellement, j'en fus soulagée. Il n'y avait visiblement plus rien à dire. ça fait toujours un peu mal de voir qu'une amitié que nous pensions en devenir, belle et spéciale, n'était rien de plus qu'un feu de paille pour l'autre. Mais je n'ai rien de plus à ajouter: j'ai déjà tout exprimé dans mon billet "Éphémère Amitié".

Ma soeur et sa famille sont arrivés hier. Je suis contente de les voir ici, même si je retrouve, une fois de plus, les raisons qui m'ont poussées à tant m'en éloigner. Parce que lorsque je suis avec eux en même temps que mon autre soeur, celle qui vit ici, je redeviens l'être sombre et taciturne qu'on aime bien mais plus par habitude que par réelles affinités. J'aurais beau faire tout ce que je veux, cette image me colle à la peau. On m'aime bien mais moins que l'autre soeur, plus gaie, plus joyeuse, moins malade dans sa jeunesse: je ne suis que son ombre, une fois de plus. Entendons-nous bien: il n'y a aucune rancoeur dans ce constat. Personne n'est coupable de quoi que ce soit. La plus grande de mes soeurs, celle qui est en visite, est certainement la meilleure personne au monde et ma soeur d'ici, quoiqu'elle ait un caractère douteux parfois, est emplie de bonne volonté. Ce n'est qu'un fâcheux concours de circonstances...Vraiment fâcheux par exemple...

Ma nièce m'a prêté le tome 2 de Twilight... Je n'y suis pour rien: la vie en a décidé ainsi!!!! ^_^

7 août 2009

Fascination pour un autre monde.

Bon. Nous avons une fois de plus la preuve que j'ai, en dépit de tous mes beaux discours, un côté fleur bleue prononcé!

-"Tu as écrit un poème avec ton sang pour déclarer ta flamme?"

... Quel romantisme, en effet! Mais ce n'est pas si loin, remarquez: je me suis mise à lire Twilight!

-"Quoi? Ce roman à l'eau de rose pour une jeunesse chrétienne?"

(Héhéhé! Non, je ne cite personne, pourquoi?;) )

Eh bien oui. Commençons par le début: mardi, tristement, je monte dans l'avion qui devra me reconduire en terre Canadienne. Pas que j'étais malheureuse de revenir mais la sérénité acquise au sein de ma campagne ne m'incitait pas à trépigner de joie pour revenir me plonger dans le stress d'une vie qui n'avance pas! Bref, je m'éloigne, une fois de plus, du sujet qui nous occupe!

Mardi, donc, je prends l'avion pour Montréal. Comme premier film, Air Transat nous passe Star Trek 9. Plus par esprit de contradiction que par réelle animosité envers ce produit cinématographique, je me refuse à suivre ce défilé de mini-jupes et me concentre sur la musique de mon MP3. Mes voisines de couloir, peu convaincues non plus par les premières images des hommes aux oreilles pointues, sortent leur portable et se mettent en devoir de visionner Twilight! Bilan: je regardai, par intermittence, le film vampiresque, sans le son.

-"..."

Non! C'était très bien! J'ai vraiment aimé ça! ^-^

-"Re "..." !"

Pff!!! Bref, tombant par hasard, il y a deux jours, sur le tome Fascination de la série Twilight, je me décidais à en parcourir quelques pages! Bon, soyons honnête, j'ai lu la totalité du volume en deux jours. Curieusement, je suis entrée pleinement dans le monde de Bella et de la famille Cullen, au point que je ne parvenais pas à m'arrêter. Je me suis sentie aussi étrange, à la fin, que lorsqu'un livre me passionne trop, au point de me faire oublier ma réalité. Cela m'était dèjà arrivé avec Germinal de Zola: j'étais tellement entrée dans l'histoire que je ne cessais de lire que fort tard le soir, persuadée que j'étais affamée et incapable de me procurer de la nourriture. Il me fallait quelques secondes avant de retrouver mes esprits.

A la fin de Twilight, j'ai passé quelques heures ailleurs, sur un nuage, regardant d'un air absent ma vie et ses événements. Tout me paraissait insipide et sans but à côté des aventures que je venais de lire. A vrai dire, et c'est certainement ce qui fait la réussite de l'écriture de cet ouvrage, je me suis entièrement identifiée à l'héroïne: maladroite sans égale, elle se considère comme un élément dans une masse, invisible pour les autres, peu douée dans les domaines qu'elle apprécie. Ses arguments pour ne pas aller au bal de fin d'année, parce qu'elle ne sait pas danser, m'ont fait sourire car j'avais déjà sorti les mêmes, en d'autres circonstances!

Bref, en dépit des commentaires négatifs de la plupart de mes amis, du regard découragé d'Ami lorsque je lui en ai parlé hier soir, j'ai vraiment aimé ce livre. Je m'oblige à ne pas aller lire la suite car j'ai beaucoup de travail en ce moment et ce n'est pas l'idéal pour la concentration! ^-^

Lorsque j'étais enfant, je m'asseyais dans le jardin pour essayer d'apprendre à voler, comme dans Dragon Ball Z. Je rêvais que soudainement, une araignée radioactive allait me mordre ou que je tomberais entre les mains de vils scientifiques qui feraient de moi un être à part, qui sortirait du commun, qui serait enfin autre chose qu'une ombre de plus dans une société sans but. Je me surprends encore, parfois, à souhaiter vivre un événement surnaturel qui bouleverserait mon quotidien. Bien sûr, tout un chacun aimerait quelque chose de similaire. Pourtant, nous construisons tous notre vie comme les autres, selon notre éducation et nos moyens. Les marginaux eux mêmes deviennent une pièce standard de notre société. Alors il nous reste le rêve et l'imagination: Twilight, Harry Potter, la plupart des dessins animés et des animations japonaises sont le reflêt de nos aspirations secrêtes. Ces productions nous donnent le rêve et l'espoir nécessaire à l'être humain. Un jour, j'espère sincèrement être capable d'écrire un peu de notre âme sur papier. C'est sans doute l'un des plus beaux métiers du monde.

...Je pourrais peut-être ne lire que le second tome???

5 août 2009

Retour en Terre Canadienne.

Toute bonne chose a une fin, comme dirait l'autre. D'ailleurs, j'aimerais bien le rencontrer cet "autre", parce qu'il a lancé un bon nombre de ces petites phrases qui se veulent un réconfort en cas de mauvaise passe! ^-^

Bref, vous l'aurez deviné: les vacances sont finies et je suis de retour sur le sol Canadien. Finalement, aucun des avions que j'ai pris pour ce séjour ne s'est écrasé... Comme quoi, organiser une fête de départ éloigne le mauvais sort!

J'étais partie pour un mariage: j'ai retrouvé un peu de paix, de sérénité et de calme, perdus depuis un an. C'est étrange car je ne suis généralement pas capable de rester trop longtemps au même endroit: je déménage, je voyage, je fuis en permanence les situations stables et rassurantes que je prétends rechercher. Pourtant, là bas, de l'autre côté de l'océan, dans ce coin de pays où les cigales et les sangliers sont plus nombreux que la population elle-même, j'ai senti tout au fond de mon coeur que j'étais bien. Simplement heureuse.

Deux semaines, c'est très court lorsqu'on veut revoir tous les êtres qui nous sont chers: je n'ai pas vu le temps s'enfuir. Qu'à cela ne tienne: j'étais le plus heureux des êtres durant ces quelques jours. On ne se rend pas compte, au quotidien, combien les petites choses qui ont participé à vous construire vous manquent.

Me voilà de retour à Montréal et j'ai encore un peu de mal à le réaliser. ça va passer: je vais retrouver mes amis, mes habitudes, le kung fu et le travail.

Tout va bien aller.