Mon papa vous le dira: je ne suis pas une pro des sciences. J'ai eu beau tenter de m'y intéresser, la bosse des mathématiques, chez moi, n'était ni plus ni moins qu'une déformation de mon doigt due à ma manière de tenir le stylo. Pourtant, ce n'était pas simplement un manque de passion de ma part: je reste persuadée que l'aspect scolaire de bien de ces disciplines n'aident pas à leur assurer la popularité qu'elles mériteraient. Du coup, ceux qui persévèrent dans ces domaines sont d'autant plus courageux que leurs interlocuteurs - moi, la première d'ailleurs - les regardent toujours avec le regard horrifié de celui qui ne comprend pas que, volontairement, on puisse vouloir faire un doctorat en mathématiques (héhéhé!) ou en physique. Si ce comportement se retrouve un peu dans toutes les disciplines, dès que le mot "doctorat" est prononcé, il me semble, mais ce n'est peut-être qu'une illusion, qu'elle est d'autant plus marquée pour les sciences et ce, pour une excellente raison que l'un de mes amis m'a donnée un jour: en maths, par exemple, lorsque tu tentes d'expliquer ton sujet, le commun des mortels ne comprend même pas les mots que tu prononces, à la différence des Lettres ou des Sciences Humaines. Je confirme cette explication car, en ayant assisté à une soutenance de maths et de chimie, je puis vous assurer qu'elle aurait pu se dérouler en chinois sans que je m'en aperçoive. ^-^
Bref, ce petit paragraphe digressif pour évoquer un léger changement dans ce monde si obscur des sciences (en tout cas pour moi): si les nombreuses émissions sur les processus de fabrication des objets ou sur la façon dont les sciences aident à résoudre les meurtres demeuraient, somme toute, assez superficielles, la série des Stupéfiants, Mythbusters en version originale, mérite une attention particulière. Le principe est simple: deux scientifiques un peu loufoques s'amusent tout au long de l'émission à vérifier quantité de mythes - qu'ils soient tirés des films ou bien des légendes urbaines. Alors, bien-sûr, je suis plus qu'une novice en la matière et, au même titre que les infirmiers ou docteurs sont scandalisés du côté fictionnel de certaines émissions médicales, les scientifiques peuvent trouver de nombreuses limites à la série des Stupéfiants. Pour ma part, cependant, je la trouve réellement bien faite: elle allie un côté ludique, grâce à la personnalité des deux expérimentateurs, qui se lancent tellement à corps perdu dans leurs expériences qu'on se prend à y croire avec eux. J'en veux pour preuve l'émission que nous avons regardé, hier soir, Jules et moi, où les deux hommes riaient devant les effets de leur mise en scène (réussir à faire exploser une prison hermétiquement fermée à l'aide de plastique, de cachets anti-acide et d'eau): nous avons ri avec eux alors que, fondamentalement, ce n'était pas si risible que ça.
Outre leur côté ludique, il me semble également que leur démarche est quand même rigoureuse: ils font d'abord des essais à petite échelle, plusieurs fois, avant de se lancer dans leur réalisation à taille réelle. Bon bien entendu, cela reste très vulgarisé comme émission et très scolaire dans la façon de nous présenter les choses. Mais l'ensemble nous donne envie de découvrir plus et de continuer de participer à leurs expériences un peu étranges. Ils donnent tellement l'impression de s'amuser dans leur concept qu'on se surprend, nous aussi, à nous plaire dans ces découvertes. Peut-être est-ce un nouveau moyen pour rendre les sciences plus accessibles, en tout cas pour une première étape. Car, bon, au final, cela demeure un spectacle de télévision.