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17 août 2009

Poussières de souvenirs.

Poussières de rien, poussières de toi.

"Le temps est assassin et emporte avec lui le rire des enfants", chantait Renaud.

Une journée comme une autre, ni meilleure ni pire. Le jour J où je franchirai l'étape des 27ans approche à grands pas et je ne semble pas y prêter une grande attention. A vrai dire, je ne réalise pas. Certes, je suis loin de ce que j'aurais voulu être à cet âge là, j'ai également largement dépassé les 25ans, temps limite que je m'étais assignée lorsque j'étais adolescente. Pourtant, je ne sais pas trop comment je me sens.

Je ne fête généralement pas mon anniversaire: je suis née au cœur de l'été! La plupart des enfants sont en vacances au mois d'août, alors les goûters de fête...Je me rappelle l'unique semblant de réception que j'avais tenue, pour mon dixième anniversaire. A vrai dire, je l'avais faite en juin, pour être sûre d'avoir des amis. Seuls trois étaient venus mais il y avait mon amoureux de l'époque: Kévin. Le tombeur de la classe de CM2, celui qui était super cool, le petit blond aux yeux bleus qui était le chef de la bande. J'en étais amoureuse secrètement, comme toutes les filles, mais, du fait de mon handicap social déjà prononcé, j'aurais préféré qu'on m'arrache les ongles avec les dents plutôt que de l'avouer. Dès fois qu'il se sente insulté d'être l'objet de convoitise d'une personne comme moi... De toute façon, j'avais déjà bien établi ma réputation de garçon manqué: j'étais son "pote" depuis longtemps. On s'entendait bien d'ailleurs et on faisait une équipe d'enfer aux billes.

Et il était un des rares à être venu à mon petit goûter marquant la fin du primaire, à jouer avec moi dans la piscine à boudin jaune vif, ornée d'éléphants en maillots de bain. On a été deux ans au même collège, un établissement privé, puis il est parti au public et moi, dans une autre ville. Les nouvelles que j'eus par la suite n'étaient guère reluisantes: il prenait de la drogue (on ne prononçait jamais "marijuana" à 14ans, dans mon coin de pays. ^_^Oui, je sais: c'est bien différent d'ici! ;) ) et en vendait même! Les plus folles rumeurs couraient à son sujet: il serait poursuivi par une bande de zonards et aurait fait de la prison!!!!

-"..."

Ouais, je sais. On était des adolescents et le facteur "déformation", doublée de l'"exagération", rendaient le moindre événement digne des plus grands polars! ^_^ Il n'empêche: je ne l'ai jamais revu! Chaque année, à l'approche de mon anniversaire, je repense à mon ami des cours de primaire, mon amoureux secret qui n'a jamais su que je tremblais dès qu'il m'effleurait les joues. Je me demande où il est, ce qu'il devient... On m'a raconté qu'il avait perdu sa maman d'un cancer, il y a quelques années. Je me rappelle de sa mère: tout le monde l'admirait à l'école tellement elle ressemblait à une barbie. Elle était aussi belle que son fils! ;)

Le 26 approche et j'ai une pensée pour toi, Kévin. Un jour, peut-être, nos routes se croiseront à nouveau. Ce serait drôle de se revoir, 15 ans plus tard...J'espère que tu vas bien!

19 février 2009

J-7: une alliance du corps et de l'esprit!

J-7. Dans une semaine, je franchirai le seuil de l'Académie de Kung Fu pour aller défier le Grand Dragon. Plus prosaïquement, j'irai tenter de reproduire ma forme niveau 1 devant un jury composé de Fujiao et de Shifu à l'affût.

Je ne suis pas stressée...

J'ai dépassé ce stade, en fait: je suis terrorisée. A vrai dire, je me sens exactement comme si je devais faire une présentation orale devant un public nombreux (comprendre: supérieur à deux personnes!). Lorsque j'ai commencé les classes préparatoires, après le Lycée, j'étais toujours très angoissée lorsqu'il s'agissait de passer des oraux. Mes professeurs me rassuraient en affirmant qu'avec la pratique, cette terreur s'estomperait et que je serai aussi à l'aise à l'oral qu'un poisson dans l'eau...

C'était il y a 9ans. Autant le dire tout de suite, je suis aussi à l'aise à l'oral qu'un poisson sur un chemin de terre battue! De fait, lorsque vient le temps de me lancer dans une folle présentation orale ou bien, en l'occurrence, dans une démonstration sans faille d'une forme de Kung Fu, je deviens aussi nerveuse qu'un assassin multi récidiviste dans un commissariat de police. Je tremble, bafouille, rougit, blanchit, avant d'assister, impuissante, au départ de ma voix vers d'autres horizons car elle est tannée d'être ainsi malmenée!

Bref: J-7.

Vais aller pratiquer un peu ma forme 1, je pense. Peut-être que si je l'acquiers en automatisme, je pourrai tomber dans le comas devant le jury et mon corps faire la job tout seul. Après tout, c'est un travail d'équipe du corps et de l'esprit. Si ce dernier décide d'aller courir la gueuse, le premier peut finir! :p

15 février 2009

Maladresse de corps et d'esprit.

Avez-vous déjà eu l'impression de renvoyer une image excessivement désagréable de vous-même auprès de personnes que vous appréciez?

La question est étrange, aussi vais-je m'expliquer:

D'une nature assez sociable, je n'ai généralement aucun problème pour m'intégrer dans n'importe quel groupe ou pour me lier d'amitié avec des personnes très différentes. Depuis quelques semaines, pourtant, je n'y parviens plus. Plus exactement, j'ai le sentiment qu'à chaque fois que j'ouvre la bouche, avec deux personnes en particulier, je me métamorphose en être stupide et niais. Il est vrai que je suis d'une maladresse sans nom: il est donc "normal" que lorsque je sois avec eux, à l'instar de chaque instant de ma vie, je fasse bourde sur bourde, comme me renverser de la paraffine sur une jolie tenue ou encore m'inonder de bière. (Oui, cela m'est arrivé...) Mais ce qui me bouleverse est mon incapacité à avoir une conversation intelligente avec ces personnes.

En deux mots comme en mille, je n'ai aucun sujet de conversation qui me vient à l'esprit, aucune remarque pertinente, aucune question intéressante, alors que je désire sincèrement mieux les connaitre. Lorsqu'enfin j'ai la chance que ces êtres m'adressent la parole, je reste presque sans voix. Je dis des niaiseries et je finis par sourire bêtement parce que ma tête s'est vidée plus rapidement qu'une bouteille de lait percée...

Pourtant, ces personnes sont fascinantes et tellement intéressantes. J'imagine que tout vient de là, d'ailleurs: elles doivent tellement m'intimider que je redeviens la gamine introvertie, muette et désemparée de mon enfance. Cette attitude m'enrage et je tente de me forcer mais pour l'instant, j'échoue à chaque rencontre. De fait, en lieu et place du bonheur sans nuage que devrait me procurer chacun des instants passé avec ces personnes, j'en ressors toujours avec un sentiment mitigé: un mélange de joie, pour les avoir côtoyées quelques instants, pour avoir pu croiser leur regard et écouter leurs paroles, et de tristesse, pour avoir, une fois encore, renvoyé cette image d'enfant idiote et inintéressante.

Vraiment frustrante cette timidité...Pourtant, j'ai toujours envie de les revoir et de passer encore un peu de temps, une minute ou une heure, à les écouter parler, à les regarder vivre et songer:

-"Un jour, je pourrais peut-être avoir le bonheur de compter parmi vos amis..."