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7 juillet 2010

Canicule au pays des glaces!

Nous sommes pétris de clichés et d'idées reçues. Lorsqu'on ne connait pas un lieu, une personne, une action, on a tendance, tout naturellement, à ressortir ces faussetés entretenues depuis des générations sans même en avoir réellement conscience. Pour le Canada, et donc le Québec, l'une des remarques à laquelle j'ai eu le plus souvent droit concerne...le froid. Eh oui! Sans surprise, c'est la donnée qui marque. De fait, lorsque je retourne dans mon coin de pays et que je rencontre des personnes n'ayant jamais traversé l'océan atlantique, ce n'est qu'une question de temps avant qu'elles me demandent:

-"Mais toi qui es si frileuse, comment fais-tu pour vivre au Canada où il y a tout le temps de la neige?"

Et moi, de répondre:

-"Oh! Je suis devenue professionnelle dans la chasse au phoque! Il n'y a pas mieux pour vous réchauffer les pieds que ses entrailles bien chaudes!"

Bon, évidemment, je ne réponds pas vraiment ça, quoique l'envie me démange parfois. Mais on ne peut pas vraiment se moquer de l'ignorance de certains alors qu'on en a tellement nous-mêmes. Ceci étant dit, lorsqu'on me demande, un éclair d'admiration dans les yeux:

-"Et les six mois de nuit? C'est pas trop difficile?"

Mes zygomatiques plaident pour qu'on les achève ou qu'on les laisse travailler à loisir! Bref, je m'égare. Mon point de départ était l'image glacée du Canada. Alors que je suis en train de me départir de mon treizième litre de sueur, que la crème après-soleil fond avant même de pénétrer mon visage et que je me promène en bobettes sans plus me soucier des voisins que des aventures de Virginie sur Radio-Canada, la plaisanterie prend tout son sens. Oui, certes, il fait froid en hiver et cela dure, parfois, beaucoup trop longtemps pour une dépendante à la chaleur comme moi. C'est indéniable. Mais en été, je peux vous assurer que le moindre glaçon se terre au fond du congélateur , de peur de s'évaporer dans la seconde. Regarder mes chats, ensevelis sous leur montagne de poils, me donne chaud. Au bout de la dixième douche glacée de la journée, mon sang doit circuler comme jamais! Qu'on me parle encore de ce paradis des glaces qu'est le Canada: c'est pas demain que le Père Noël va déménager de la Laponie. ^-^

24 mars 2010

Le végétarisme responsable d'une carnivore?

Abordons un sujet qui semi-fâche. Ce n'est pas un pavé dans la mare mais cela demeure une thématique sensible de nos sociétés: le végétarisme. 

Jouons carte sur table: je suis végétarienne. Enfin, en grande partie et depuis peu. Je n'ai jamais été très férue de viande mais ce n'est que récemment que j'ai décidé de l'exclure complétement de mon quotidien alimentaire, par principe. Mes motivations sont simples: je ne me sens pas en harmonie avec les méthodes d'élevage et la provenance du morceau de steak préemballé dans les épiceries. Entendons-nous bien: je ne milite pas pour le végétarisme et je ne prétends pas être "LA gentille et lucide héroïne de l'histoire qui va changer le monde en arrêtant de manger le poulet qui n'a jamais vu la lumière du jour". Je ne fais qu'exprimer un point de vue: je ne suis pas d'accord avec certaines pratiques donc j'opte pour une solution à ma portée. Je ne suis végétarienne, cependant, qu'en "grande partie", car je suis parfaitement capable de manger un lapin de mon papa ou bien une poule de ma tante, sachant exactement d'où ils viennent, leur milieu social, leurs notes à l'école et la manière sèche et rapide dont ils sont morts. J'ai la chance de venir d'un milieu agricole et de pouvoir avoir ces informations, ainsi que des poulets rôtis de qualité. Finalement, ce n'est pas vraiment du végétarisme. Ce serait plutôt une espèce de sélection alimentaire en fonction de principes qui me sont personnels. 

L'être humain est carnivore, naturellement, et je ne songe pas à prôner la suprématie du tofu sur la dinde à la Thanksgiving! De toute façon, le tofu se fourre beaucoup moins bien qu'une dinde. (Il n'y a, bien entendu, aucun jeu de mot douteux dans cette dernière phrase! ^-^). Ce qui me dérange, c'est le côté déshumanisant ou, plutôt, déresponsabilisant de la vente industrielle de viande, quelle qu'elle soit. Dimanche, à Tout le monde en parle, une dame, Maria Labrecque-Duchesneau, est venue défendre les agriculteurs et leurs pratiques de travail. Loin de moi l'idée de fustiger les dits agriculteurs: si les poulets sont élevés en batterie, par centaines, sans voir le jour ou bouger durant leur vie entière, c'est qu'il y a une demande pour ces animaux. Avec les chaînes de magasins du type PFK ou le Coq Rôti, bien sûr, il faut des dizaines et des dizaines de poulets. S'ils pouvaient avoir quatre cuisses, d'ailleurs, ça arrangerait tout le monde. Donc, non, je ne blâme personne dans la production agricole. J'ai d'ailleurs grandi au milieu des fermes et ma tante était connue dans tout le village comme "celle qui murmurait à l'oreille des vaches"! Si, si! Elle était capable de rendre une bête agressive, car anciennement maltraitée (oui, il y a des imbéciles partout!), aussi douce qu'un animal de compagnie. Elle était un peu l'idole de tous ses neveux et de tous ses animaux. Il n'empêche que lorsque ses vaches étaient trop vieilles pour donner du lait, elles partaient à l'abattoir et mouraient, stressées, avec un clou dans la tête. Il faut bien gagner sa vie et entretenir un troupeau de vieilles vaches n'est pas la plus rentable des démarches. 

Bref, si je devais, à ma petite échelle, analyser l'origine du malaise qui pèse aujourd'hui sur la couche de bœuf haché (en fait, de vache hachée) de nos pâtés chinois et sur les boulettes de la sauce bolognaise, je me tournerais vers nos habitudes de consommation. Nous avons appris à avoir la vie facile, le tout-cuit dans notre assiette, sans véritablement nous questionner sur le pourquoi du comment. Je me rappellerai toujours d'une publicité sarcastique qui passait à la télévision lorsque j'étais petite: Rapid'asperge. Avec une sorte de gel vert, à étendre sur une plaque, on "obtenait" des asperges en 5 minutes. A l'époque, je trouvais ça dégoûtant. Aujourd'hui, je me laisse tellement emportée par mon quotidien qu'il m'arrive de mélanger une tasse d'eau, une tasse de lait, de vider un sac empli de poudre et de mini pâtes dans le liquide et de manger des Penne sauce Alfredo en 5minutes chrono. Fondamentalement, je mange du Rapid'asperge... Il en est de même, à mon sens, pour la viande: un St Hubert, un Coq rôti ou un PFK "de temps en temps", ça permet d'économiser de ce temps si précieux et, noyé sous les tonnes de sauce qui agrémentent le plat, le poulet a même un bon goût de barbecue. Oui mais voilà: des millions de personnes qui prennent ce "de temps en temps" en même temps, cela donne un besoin croissant en poulet à quatre cuisses. Encore une fois, je ne suis pas pour des discours pro-végétarien qui condamnent, accusent, tyrannisent les carnivores, les rendant responsables de l'extinction de tel ou tel animal ou de sa souffrance infinie. Je ne cherche pas non plus à défendre les répliques nonchalantes, parfois agressives, des mangeurs de viande qui ne voient aucun lien entre la tranche de jambon dans leur pain et les cochons qui défilent sur un tapis roulant pour se faire égorger ou "percuter" à la chaîne. 

Ce que je voudrais exprimer ici, c'est simplement une aspiration à la prise de conscience: le steak haché n'est pas "né" en fines lanières grasses emballées et les ailes de poulets gratuites de la Cage aux Sports, chaque fois que le Canadien marque 5buts, ne sont pas le seul fruit d'un mélange d'œufs et de panure. (Quoique le doute est permis dans ce dernier cas...^-^) Si tout un chacun, lorsqu'il achète son morceau de viande, a conscience de ce qu'il encourage par ce seul geste, c'est déjà bien. Cela devient un choix qui n'est pas moins respectable que le mien. Chacun a ses valeurs, ses principes et loin de moi l'idée de stigmatiser ceux qui ne partagent pas les miens. Prendre conscience de ce qui est derrière le poulet désossé devant nous, c'est déjà prendre ses responsabilités.

19 janvier 2009

Divagations d'un Lundi.

Lundi. Un premier jour de semaine qui doit régulièrement se sentir mal aimé, tant il symbolise la reprise du travail et du quotidien pour tout un chacun. Tu m'en vois navrée, Ô Lundi, mais, ce matin, je rejoins le groupe des protestataires. A vrai dire, la faute ne t'incombe pas vraiment. Ce qui te rend désagréable au commun des mortels est intrinséquement lié à deux principales conditions:

* Ce que tu symbolises en matière d'activité professionnelle ou d'obligations.

* Les agréables souvenirs laissés par tes congénères, Samedi et Dimanche.

En l'occurrence, il s'agit surtout de la deuxième condition. Il m'est difficile, en effet, de te voir venir sans une pointe d'amertume après avoir passé deux forts agréables journées, en montagne, avec tout plein de personnes sympathiques. Alors, certes, je t'entends d'ici, tu vas me rappeler que la température n'était peut-être pas, elle, si aimable que ça et que mes prouesses en planche à neige n'ont laissées à mon corps que le souvenir douloureux de quelques courbatures. Je ne peux, Ami Lundi, que convenir de la justesse de ton analyse. J'y apporterais, cependant, quelques nuances:

En matière de température, tout d'abord, j'attirerai ton attention sur le fait qu'elle s'est montrée, sinon douce, tout du moins clémente le dernier jour. De -37 degrés Celsius le vendredi, nous sommes descendus à -25 le samedi, voire, Ô Canicule, à -15 hier! Donc, finalement, nous avons pu reléguer les jeux de société au soir, autour d'une bière et d'un bon feu de cheminée, et profiter allègrement de nos journées pour nous rouler dans la neige moelleuse. De fait, Samedi, nous sommes partis en raquettes conquérir le Mont Tremblant, affrontant courageusement des hordes de Loups Furtifs, race peu connue de ces canidés qui se caractérisent par des pattes carrées et des empreintes improbables. Mes fidèles compagnons et moi même avons bravé tous les dangers pour atteindre le sommet de La Roche et contempler un paysage glacé sous un ciel bleu sans nuage. Le spectacle était inneffable.

Concernant les courbatures dus à mes premiers pas en planche à neige, je te répondrai, Grand Lundi, que ce n'est que peu de choses comparé à l'amusement retiré! Et si les chutes furent nombreuses, l'absorption de neige par voie buccale et nasale n'en fut pas moindre. L'ensemble cependant n'a en rien entamé ma motivation et ce n'est que lorsque mon coccyx implora ma clémence que je décidai d'aller siroter un chocolat chaud bien mérité. ^-^ Mais je suis fière de savoir que la tactique de la feuille morte peut m'être utile à descendre une piste enneigée, et non plus seulement à débouler les escaliers!

En définitive, Ami Lundi, je ne t'aime pas aujourd'hui. Mais ne le prends pas mal car ce n'est que temporaire! Mon thé pris, je serai sûrement plus encline à voir tes qualités.