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28 juin 2010

Vacances en Tout-inclus: Faîtes comme chez-vous chez les autres!

Eh bien voilà! Nous y sommes! Depuis une semaine, me direz-vous, mais bon, ce n'est pas encore terminé donc je ne suis pas vraiment en retard: voici l'été et son lot de coups de soleil et de coûts de soleil! Car oui, Messieurs-Dames, qui dit "été", dit "vacances". Enfin, pour la plupart du monde. Ceux qui travaillent à l'année longue et qui rêvent en secret de plage de sable blanc et de cocktail à volonté. Notez, c'est pas vraiment mon type de vacances, le farniente inutile entre gens livides et riches (en tout cas, plus riches que la population locale), sur une plage du sud. Oui, une "plage du sud": car qui veut le type de vacances énoncé plus haut se moque bien de savoir si "Sud" est un pays ou une zone, du moment qu'il rime avec platitude. Du soleil, la mer, une horde de touristes qui parlent la même langue que vous mais en version "pain de viande sur la plage": voilà la définition des vacances "all inclusive" que la plupart des personnes rêvent de se payer. En clair: Montréal mais avec la chaleur, l'alcool à volonté (ce ne serait pas de vraies vacances sans vomir sur la plage à 17h30, après l'ingestion du dix-septième "cocktail de la mer") et en maillot de bain. Remarquez, grâce au Club Med et autres institutions touristiques du même acabit, nous pouvons désormais aller dans tous les pays du monde (ou presque: il ne faudrait pas que ce soit trop laid autour!) sans en visiter un mètre carré, voire sans parler à une seule personne de la place, si le cœur nous en dit! Fabuleux. On n'arrête pas le progrès. 

Je critique, je critique, mais j'ai déjà participé à cette colonie de vacances pour adultes! J'ai eu la chance de faire une croisière en Egypte avec ma maman: c'était magnifique, parce que l'Egypte est un pays magnifique, mais il n'en demeure pas moins que certains de mes compagnons de voyage, en véritables habitués de ces aventures en pantoufles, m'ont convaincue que mes expéditions sac-à-dos, quoique peu reposantes, avaient au moins le mérite de me remettre à ma place devant le reste du monde. Il faut bien être un égocentrique touriste fortuné et orgueilleux pour réprimander un serveur comme un enfant parce que "le vin égyptien est "dégueu""... 

Bref, bien-sûr, je fais des généralités: certains voyages organisés ont leur charme et ce n'est pas parce qu'on y participe qu'on est un touriste égocentrique...N'empêche, je me demande toujours pourquoi on fait tant de foin pour que ceux qui viennent chez nous s'adaptent à notre culture en renonçant, ou tout du moins en faisant d'importantes concessions, à la leur, alors que nous, nous créons des répliques de notre vie dans un pays qui n'est pas à nous. Et dont la culture ne nous intéresse pas d'ailleurs. Je me demande comment réagirait notre société si un organisme de tourisme musulman, mettons, venait créer chez nous un "village touristique" à l'image de leur société, duquel personne ne sortirait jamais, puisque ce n'est pas vraiment notre peuple qui les intéresserait. Sans doute que ce nouveau Club Med serait quelque peu décrié... Mais ce n'est pas pareil, sûrement, n'est-ce pas? C'est vrai, après tout, entre vacances et installation, il y a une marge. Pourtant, je trouve déplacé d'aller dans un pays et d'en repartir, deux semaines après, sans en connaitre la moindre chose, sinon qu'ils font très bien le Métropolitan...

Dans quelques semaines, Jules et moi partons à Cuba. En tout inclus. Il semblerait que, puisque tous les touristes, ou presque, qui s'y rendent sont en Tout inclus, cela revient moins cher. C'est indéniable. J'ai eu beaucoup de mal, cependant, à l'admettre pour toutes les raisons que je viens d'évoquer. Un détail me rassure: du tourisme en terre étrangère, cela demeure ce qu'on veut en faire. Personnellement, je veux visiter Cuba, découvrir ses trésors et sa population, faire de la plongée et me ridiculiser en parlant espagnol comme une vache anglaise. L'hôtel demeure un point d'ancrage et non une finalité. Parce que traverser l'océan et poser le pied ailleurs sans regarder autour de moi serait du gâchis. C'est un peu comme entrer chez quelqu'un sans le saluer et aller allumer sa télé pour regarder les nouvelles de chez nous. ça manque de classe un peu...Enfin, c'est un avis. Chacun mène sa vie comme il l'entend, mais il ne faut pas s'étonner que les autres fassent pareil chez nous.

17 juin 2010

Coupe du monde de Football 2010: des Bleus déja blets!

AHAHAH! Je ne suis pas une supportrice de football, (loin s'en faut!) mais je ris du déroulement des événements. Après une polémique sans fin sur le choix de l'hôtel des Bleus en Afrique du Sud, dont le tarif par nuit équivaut, à quelque chose près, à la retraite de ma mère (histoire de demeurer dans les sujets sensibles défrayant les chroniques), nous avons droit à une performance pour le moins pitoyable de l'équipe de France. Il y a quelques jours, la secrétaire d'état aux sports se lançait dans un grand discours dénonçant l'excessif luxe et les richesses ostentatoires qui entouraient les joueurs, en pleine période de crise. Ce petit épisode s'était soldé par quelques remontrances de la part de sa ministre de tutelle, Roselyne Bachelot, et par la bouderie des joueurs de Bleus qui n'étaient pas contents de se voir ainsi critiquer. Après tout, rien de plus normal pour une équipe de football engrangeant des millions d'euros par le biais des publicités, sponsors et autres, que de se vautrer dans le luxe et le champagne. Car ce merveilleux hôtel compte, entre autres, un bar à champagne: les mauvaises langues diront que ce n'était peut-être pas stratégique pour s'assurer des bonnes performances des joueurs (les orgies au champagne donnent toujours quelques migraines le lendemain) mais il suffit de leur répondre que l'équipe de France est composée de talentueux professionnels qui savent se tenir. Enfin, vu leurs dernières performances, il serait peut-être plus judicieux de prétendre que les joueurs avaient la gueule de bois plutôt que d'avouer qu'ils sont juste incapables de marquer des buts! Il faut dire qu'on a sans doute oublié de les informer que le football entrait dans la catégorie sport d'équipe et qu'il fallait donc mettre de côté son petit côté: " je suis tellement meilleur que tous les autres" afin de mettre en place une stratégie qui aboutirait par un but. Au moins un but. Pour l'honneur. Parce-que, bon, match nul contre l'Uruguay et défaite de 2-0 contre le Mexique, ça a comme un vieux goût rance d'élimination au premier tour. Genre la coupe du monde de 2002. Vous me direz, cela fera taire toutes les polémiques: après une semaine en visite en Afrique du Sud, agrémentée d'un peu de sport de temps à autres, les Bleus rentreront gentiment à la maison, sans plus abuser de l'hôtel à 596 euros la nuit, sans passer par la case départ et sans toucher 390 000 euros! (Petit "cadeau" qui leur était destiné en cas de victoire.) Finalement, tout le monde sera content et peut-être, sait-on jamais?, cela fera t-il du bien à certains égos disproportionnés!

Et pendant ce temps là, dans le monde du sport Canadien, quelques sans-génie échangent Halak contre deux attaquants moyens aux Blues de St Louis... Tout va bien! On s'enligne vers une saison ridicule de ce côté de l'océan aussi, mais en Hockey cette fois-ci! A chaque pays son sport national...

12 février 2010

Voyeurisme à l'extrême du monde virtuel!

Facebook est l'expression de notre narcissisme profond. Récemment, j'ai lu un article à propos du livre de Nina Testud, Facebook, et moi et moi et moi!. Dans une interview que l'auteur accorda à Lauren Malka pour le journal gratuit Métro, elle y évoque les tentations narcissiques auxquelles les sites comme Facebook nous incitent à succomber. A bien y réfléchir, son raisonnement est logique: ce réseau social virtuel est une place publique où chacun se montre dans les limites qu'il s'est fixées. On expose des photos de nous, on change notre statut en fonction de notre humeur, on répond à des quizz déclarant que nous ressemblons à Charlotte Gainsbourg ou à Marge Simpson, bref on montre une partie de nous que la moitié de nos cent amis n'auraient jamais connue autrement. Bien sûr, cette sur-exposition de nous-mêmes dépend de notre manière d'aborder Facebook. Certains de mes amis, par exemple, ne remplissent que le strict minimum des informations demandées, mettent une photo de paysage en guise de profil et renvoient à leur propre site pour plus de détails. D'autres tombent dans l'excès inverse et racontent chaque péripétie de leur existence comme si nous étions deux cent à avoir garder les cochons ensemble! J'avais, d'ailleurs, déjà abordé cette question dans mon billet sur l'intégrité personnelle selon Facebook. D'une manière générale, nous créons une vie virtuelle dont nous sommes le héros. Nina Testud a tout à fait raison de pointer du doigt cet excès de narcissisme et, à la limite, il serait possible d'étendre ce constat aux blogs personnels. 

Ceci étant dit, ce n'est pas le seul défaut de Facebook: cet espace virtuel de liberté et de vie rêvée est la porte ouverte à tous les excès, notamment en matière de voyeurisme. Entendons-nous bien: je ne parle pas de ce que tout un chacun décide de montrer ou non sur son compte. Si Pierre, Paul  ou Marilène choisissent de diffuser leurs dernières photos de vacances, ils ne peuvent pas vraiment se plaindre que leurs "amis" les aient vues. En fait, je songeais plutôt à certaines vidéos qui sont parfois diffusées sur Youtube puis relayées par Facebook ou encore à des groupes douteux, créés parce que, de toute façon, il est possible de créer n'importe quoi sous le nom de Mickey Mouse! Hier, par exemple, une personne, que j'apprécie beaucoup par ailleurs, a diffusé une vidéo d'un homme coincé dans l'ascenseur de son travail durant 48h, aux prises avec des troubles gastriques. Ce petit film, provenant de la caméra de surveillance, montre l'humiliation à son comble du prisonnier de la boîte métallique. A vrai dire, j'ignorais ce que c'était en déclenchant la vidéo et je l'ai arrêtée plus vite que mon ombre, l'estomac noué. Le monde virtuel donne tellement de liberté que tout un chacun peut être témoin de scènes tristes, humiliantes, violentes, les filmer et les diffuser sur le net. Pourquoi? Je ne comprends pas cette débauche de voyeurisme, cette volonté de voir et de rire de la misère de l'autre. A chaque fois, j'ai un trou dans l'estomac. Comment peut-on penser, lorsqu'on assiste à la mort de quelqu'un dévoré par un lion ( oui cette vidéo existe aussi: Youtube est vraiment merveilleux!), à sortir son cellulaire ou sa caméra pour filmer la scène??? Christ!!! Quel degré d'inhumanité faut-il pour supporter un tel spectacle et le diffuser sur Internet??? Cela fait-il tellement d'effet dans une conversation de mentionner qu'on a filmé la mort de tel quidam ou l'humiliation de chose? La personne qui a mis sur Youtube l'humiliation du pauvre homme dans son ascenseur trouvait ça tellement amusant de voir une personne réduite aux gestes les plus extrêmes qu'elle a décidé de mettre sa honte à la face du monde? 

J'avoue que plus que l'égocentrisme permise par le monde du virtuel, c'est véritablement ces excès voyeurs et dégradants qui m'affectent le plus. Je ne peux m'empêcher de me demander comment réagiraient ces personnes filmant ce type de scènes si elles se trouvaient un jour victimes de leur propre jeu? Filmées en situation de détresse ou humiliées, trouveraient-elle la démarche aussi amusante? Personnellement, je suis peut-être vieux-jeu mais ces vidéos me donnent la nausée.