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7 janvier 2011

L'Apocalypse est en marche (ou les oiseaux ont un sens de l'humour très particulier.)

Certes, je manque d'assiduité depuis quelques temps. J'en suis navrée mais c'est que, de désillusions en déconvenues, je suis toujours en train d'écrire ma thèse. J'exagère un tantinet, au sens où mon retard n'est pas tant dû à de mauvaises nouvelles concernant mon travail déjà accompli, qu'à la durée réelle de la rédaction de cette étude. Après tout, c'est ma première thèse: à chaque fois que je me lance dans des estimations de durée, je croise les doigts pour avoir misé juste. Bon, pour l'instant, je dois bien le reconnaître, j'ai rarement fait montre de réels talents de prémonition. Peut-être que la prochaine sera la bonne? Allez, on y croit, et j'affirme que fin janvier, je déposerai (enfin) ma thèse, en bonne et due forme. (Que tout le monde se croise les orteils et les doigts, voire les cheveux, s'il vous plaît! )

Bref, je ne venais pas simplement écrire sur mes faibles talents en divination. Tout d'abord, parce que j'ai un petit (mais alors très infime) côté conformiste, je tenais à vous souhaiter une excellente année 2011, riche en réussites et projets de toute sorte. Après tout, il faut en profiter: c'est l'avant-dernière avant la fin du monde, paraît-il. Enfin, c'est ce que pense Hollywood et son magnifique navet film 2012, réalisé par Roland Emmerich. Notez que je n'en ai vu que la bande-annonce donc mon jugement est certainement un peu trop péremptoire mais j'avoue avoir de sérieux doutes sur la qualité de ce type de cinématographie. M'enfin, à chacun ses goûts: j'imagine qu'il y a toujours un public pour tous les types de films qui sortent tous les ans. Et puis quelle meilleure façon de dédramatiser des pseudo-prédictions de fin du monde que d'en rire? Finalement, 2012 aura peut-être permis cela. Il faut dire que s'il est facile de trouver des arguments contrant les mauvaises augures Maya, à commencer par l'ancienneté des prédictions, les derniers événements, un peu étranges, prêtent beaucoup moins à rire. En fait, c'est même un peu effrayant de reconnaître que certaines choses échappent non seulement à notre contrôle mais surtout à notre compréhension.

-"Tu parles des cercles dans les champs aux Etats-Unis, suspectés d'être des champs d'atterrissage pour extraterrestres? "

Non. Certes, je suis en retard dans mes nouvelles mais tout de même! En fait, je pensais aux pluies d'oiseaux morts. La théorie officielle est que, en même temps, des milliers d'oiseaux seraient morts de peur. Etant donné que le phénomène s'est produit aux Etats-Unis et en Suède, j'aimerais bien savoir ce qui est suffisamment gros et rapide pour effrayer à ce point des centaines d'oiseaux. Je doute fortement de la validité de la théorie sur les feux d'artifice du Nouvel-An. Comme toujours face à l'inconnu, chacun y va de ses propres hypothèses, allant du complot par les "Vilains Américains" (qui ont le dos large, comme on dit ici) aux premiers signes de l'Apocalypse. N'empêche, ça fait réfléchir: même si notre partie rationnelle nous affirme qu'il n'y a pas plus de raisons que la Terre soit engloutie sous les eaux en décembre 2012 qu'en mars de cette année, une autre partie de nous nous rappelle qu'il n'y a pas plus d'argument qui nous permettent d'être ultra optimistes quant à l'amélioration de la situation de notre planète. Il doit certainement y avoir une explication logique à ces pluies d'oiseaux, terrassés en plein vol. Ou pas. Avec Jules, on n'a pas pris de chance: le mariage est prévu pour l'été 2012. Fin du monde ou pas, faudrait pas gâcher le party... ;)

4 avril 2010

Les Sables-Mouvants du Subconscient de Celle qui parle parfois trop.

Elle m'agace. Parfois, j'aimerais juste qu'elle se taise et qu'elle cesse de monter sur ses grands chevaux à la moindre occasion. Avec ses airs de Je-sais-tout et sa psychologie à deux sous, elle a l'art de parler pour ne rien dire. Pire, elle piétine parfois, sans même s'en rendre compte, les jardins secrets des autres. Je me demande si on inventera, un jour, une pilule pour les égos sur-dimensionnés comme le sien. Au prime abord, on ne remarque que son sourire. Un joli sourire, j'en conviens, mais on ne peut décemment se limiter à des dents alignées pour impressionner son auditoire. On la dit drôle et sympathique. Probablement que ceux qui la définissent ainsi ne la connaissait que depuis peu. A force de la côtoyer, on s'aperçoit qu'elle est aussi douée d'une modestie contrôlée. Lorsqu'on aborde un sujet qui la concerne (ou non), dans lequel elle pense avoir établi un raisonnement solide, son contrôle se fêle. Sans réfléchir, il lui arrive trop souvent de parler. Trop. Je donnerais beaucoup pour être les dents qui mordent sa langue après qu'elle ait dit une énième bêtise. Toujours trop tard, bien sûr. Je ne la supporte plus et j'ai parfois l'impression que les autres non plus. Mais je transpose peut-être mes propres sentiments sur eux afin de justifier ma propre rage. Peut-être. Je voudrais ne plus la voir. Oui mais voilà: comment se séparer de soi-même? 

J'ai souvent dit, au hasard des billets, que j'étais ignare en matière de sous-entendus et qu'il ne fallait jamais interpréter ce que je disais. J'ai également mentionné combien je pouvais être décalée dans certains domaines du fait d'une vision du monde, de l'être humain, de l'amour, des relations humaines pour le moins étranges. Cela ne m'a jamais empêchée de mettre au point des théories farfelues sur ces domaines que je ne maitrise pas du tout et de les défendre avec toutes leurs faiblesses et leurs incohérences. Parfois, pourtant, je m'aperçois qu'elles débordent du cadre théorique pour envahir ma vie pratique, lorsque je les défends avec trop de force. C'est une étrange sensation de se sentir, lentement, glisser vers le gris et le morne de la vie. Devenir un être qui est à fuir plutôt qu'à côtoyer car trop étrange, trop hors normes, ou simplement trop terne. Oui, c'est vraiment curieux. Et Angoissant aussi. En fait, je pense que le pire est lorsque nous prenons conscience de notre décalage dans ce monde. Nous avons alors l'impression que notre présence seule est source de malaises. On  finit par s'enfermer pour ne plus l'imposer aux autres. De peu sociable, on glisse imperceptiblement vers l'isolement total. Petit à petit, cette solitude imposée devient celle que l'on a choisie et que l'on recherche. On répond de moins en moins au téléphone, aux mails, on "oublie" d'aller au Kung Fu, alors que cette activité a toujours été (et demeure) une source de plaisirs et de bonheur. De toute façon, personne ne le remarque vraiment. Au départ, c'était juste drôle mais les autres, ceux qui vivent normalement, ont fini par se lasser d'appeler un répondeur. A n'être jamais disponible pour rien, on finit par ne plus vraiment exister, n'est-ce pas? Alors, on continue de s'enfoncer dans les sables mouvants dans lesquels on s'est volontairement lancé, sans un cri. On se dit que, finalement, être seul empêcherait sûrement cette jeune-fille qui parle trop de blesser à nouveau, parce qu'elle-même ne sait pas toujours peser le poids des mots...