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17 janvier 2012

Jour de tempête.

Journée de tempête. L'hiver semble avoir pris ses quartiers à Montréal, ne laissant que peu de répit aux maigres rayons de soleil qui traversent parfois l'épaisseur d'un ciel de neige. Remarquez, je préfère presque les millons de flocons tourbillonnant à la morsure glacée d'une journée à -30... Je sais, je suis superficielle! ;)

Je semble m'être détournée de l'écriture depuis quelques mois. Assez curieusement, cet abandon a coïncidé avec mon exil du Kung-Fu. Un peu comme si les deux s'alimentaient et se complétaient pour me permettre de profiter de l'adage "Mens sana in corpore sano"... Aujourd'hui, je ne sais ce que j'ai de sain mais ce ne doit certainement pas être mes abdos. Je suis toujours impressionnée par la vitesse avec laquelle on perd tous les muscles et la forme si durement gagnés. Désormais, je suis presque essoufflée en remontant les escaliers du métro. C'est assez tragique lorsqu'on sait à quel point j'étais fière de faire du Kung-Fu: il n'y a pas si longtemps, je suivais tous les cours possibles dans la semaine. Mais c'est inéluctable: l'hiver venu, j'ai juste envie de me terrer dans un coin de mon terrier ma maison et attendre que le soleil me réchauffe à nouveau. Faut dire que la neige chez nous, ça ressemble à ça...


En ce moment, je travaille. J'ai un boulot plutôt intéressant et dans lequel je fais preuve d'une autonomie presque complète. En parallèle, je continue de préparer le grand jour qui s'approche en courant: les faire-parts sont finis, une partie est même déjà distribuée afin de laisser le temps à ceux qui habitent de ce côté-ci de l'océan de s'organiser et mon papa fait preuve d'un esprit d'initiative hors pair quant au choix des vins et du champagne. C'est d'ailleurs déjà chose du passé. De notre côté, Jules et moi avons choisi le cidre de glace que nous voulions boire et il ne nous reste plus qu'à nous en procurer une vingtaine de bouteilles... Autant dire que nous avons encore quelques petites dépenses à faire. ^-^

En février, il est possible que ma grande soeur vienne nous voir avec ma maman. Je serais vraiment heureuse car elles me manquent et ce n'est pas toujours facile d'habiter à l'autre bout de la grande bleue, finalement... Surtout lorsqu'on ne peut pas revenir quand ceux qui vous sont chers traversent des épreuves difficiles. Depuis que j'ai terminé ma thèse, je ne parviens plus à me projeter dans l'avenir. C'est comme si mon futur et mes projets s'étaient tous estompés dans la frénésie de la dernière ligne droite. Le seul désir qui demeure, quoique je fasse, c'est cette envie de rentrer chez moi... Pourtant, je sais bien qu'il n'y a rien qui m'attend là-bas: ce n'est pas parce que je reviendrai que tout recommencera comme avant. Je ne suis plus et ne serai jamais plus une enfant et les histoires brisées ne se recolleront pas parce que je franchirai le pas de la porte de notre maison. D'ailleurs, la maison de mon enfance elle-même est en sursis - attendant en silence d'abriter une nouvelle famille, de nouvelles histoires, de nouveaux enfants... Revenir ne me rendra pas le temps passé. Peut-être cela m'empêchera-t-il d'avoir de nouveaux regrets? Ou pas.

Aujourd'hui est une journée de tempête.


11 janvier 2011

La bonne année des fantômes de nos vies!

Il n'y a pas si longtemps, le mois de janvier était le moment dans l'année où je prenais des nouvelles ou envoyais des petites cartes aux amis et connaissances avec lesquels je n'avais aucun contact le reste du temps. Une sorte de bouteille à la mer en souvenir du passé et des moments heureux passés ensemble. À l'époque, j'usais de la lettre ou, encore plus prosaïquement, du texto, au nombre de caractères limités. Ça évite de commencer à écrire sur des feuilles format A4 en se demandant ce qu'on va écrire après la cinquième phrase. C'est un peu étrange quand on y pense: si nous n'avons, à ce point, rien à nous dire, à quoi bon maintenir un contact annuel, à l'occasion de la Nouvelle Année? Peut-être pour ne pas abandonner le temps qui est déjà passé, peut-être pour ne pas admettre que tant de pages de notre vie se sont tournés au point que nous n'avons, désormais, que le premier de l'An en commun. C'est un peu le reproche Facebook: on est content de retrouver des anciens amis et de savoir qu'ils sont à présent mariés deux fois avec quatre enfants et un chiot Labrador. Mais après? Une fois l'information prise, on serait tenté de supprimer ce nouvel "ami" jusqu'à l'année prochaine, comme on le faisait pour les cartes de Nouvel An. 

Cette année, je n'ai presque pas écrit de cartes et, surtout, je n'en ai envoyé aucune à ces fantômes du passé. Je me demande si c'est un signe que j'ai enfin accepté que ces étapes de ma vie sont terminées et que ce n'est pas parce que je saurais que Léopolod s'est enrôlé dans la Légion que je serai plus ou moins satisfaite de ma propre existence. Nos routes se sont séparées il y a bien longtemps et nous ne sommes pas plus proches, désormais, que je ne le suis du gérant de mon épicerie. Alors je n'écris plus. Sur Facebook, je supprime des contacts avec lesquels je n'avais parfois échangé qu'une seule phrase pour savoir ce qu'ils devenaient et puis, plus rien. Parce que, parfois, il faut avoir été très proches pour parvenir à conserver suffisamment d'intérêt dans le devenir de son prochain: si je m'étonne que la personne qui me demande comme "ami Facebook" se rappelle (voire connaisse) mon nom de famille, c'est que nous n'étions pas si liés que ça. Bref, cartes, textos ou courriels, j'ai arrêté la curiosité passéiste. C'est sans doute mon unique résolution, qui n'en est d'ailleurs pas une, de cette année. 

Notez, je ne prétends pas que ce soit mieux de lâcher ces bouts de nous qui ont participé à nous construire tel que nous sommes aujourd'hui. Simplement, face à un processus étrange de maintien de liens, somme toute, artificiels, je suppose qu'il ne s'agit dans les faits que d'un moyen pour regarder sa vie par le prisme de celle d'un autre. Un genre de voyeurisme égocentrique qui nous pousserait à vouloir savoir ce que des êtres dont nous n'étions pas ou ne sommes plus proches ont fait de leur vie afin de, inconsciemment, la comparer à la nôtre. J'avoue, par exemple, que je regarde parfois ce que deux des principaux cauchemars de mon adolescence sont devenus aujourd'hui: en toute objectivité, étant donné le souvenir hautement négatif qu'ils m'ont laissé, je doute que ma curiosité soit dénuée de cet intérêt revanchard qui voudrait que l'ennemi d'autrefois constate ce que je suis devenue par rapport à lui. Autre exemple mais moins évident: lorsqu'on retrouve une personne avec laquelle on s'entendait bien et que l'on constate qu'elle va bien, on est content pour elle mais n'est-on pas, déjà là, en train de juger et de comparer sa vie à la nôtre? Je m'explique: ce n'est pas avec des liens de types Facebook ou la carte annuelle que nous allons échanger de vrais sentiments. Donc l'individu va chercher à donner un aperçu le plus positif possible de sa vie afin d'éblouir son correspondant, avec qui il n'a de toute façon plus suffisamment de liens pour lui dire qu'il est en dépression depuis six mois. Le destinataire, pour sa part, ne saurait pas quoi faire avec cette information et préfère recevoir un rapport mécanique de la vie de ce vestige d'amitié.  Il peut ainsi le juger selon ses propres critères de "réussite" et déterminer le degré de bonheur de son correspondant par rapport à lui. Bref, derrière l'information polie, il semble toujours y avoir un relent de condescendance.

Or, ce type de lien n'est, à mon sens, ni sain ni nécessaire à la construction d'un individu. Bien sûr, ce n'est pas forcément la quantité de lettres échangées qui fait la force du lien d'amitié entre les êtres: je n'écris pas souvent à mon frère ou à ma cousine, par exemple, et pourtant je sais qu'ils sont là et importants pour moi. Mais nous en revenons à la prémisse mise en place au départ: il faut avoir une relation de départ très solide pour supporter des longs silences  et se retrouver comme si jamais ils n'avaient existé. J'ai la chance de vivre cela avec mes Faraham ou avec ma famille. À quoi bon traîner le poids de ceux avec lesquels je n'ai plus de liens depuis longtemps, quand bien même ce ne serait que pour une carte annuelle? La politesse est parfois le nom de code de l'hypocrisie.

19 octobre 2010

Nostagie d'automne-La fin est proche?

L'automne est là. Depuis quelques semaines, les arbres arborent leur chatoyante parure orangée, rouge ou jaune et sèment, au gré du vent, quelques-unes de leurs feuilles. Virevoltant dans le soleil du mois d'octobre, elles semblent se bercer une dernière fois avant de se poser sur le gris trottoir, où elles tenteront en vain de se faire humus. Cette saison, toute belle soit-elle, nous laisse toujours un brin nostalgique. Elle réveille nos douceurs enfantines, lorsque notre principale préoccupation était de glisser subtilement un sixième sucre dans notre tasse de chocolat chaud pendant que notre maman tournait le dos. Dans cette atmosphère de soupirs et de rêverie, la concentration se fait volage: elle fricote avec tout sauf avec la raison, laissant cette-dernière se morfondre sur une thèse qui avance en soufflant. 

A vrai dire, la fin apporte son lot de bonnes et de moins agréables nouvelles: les bonnes sonnent comme autant de possibilités et de découvertes à écrire dans un chapitre encore vierge de ma vie. Entre l'ONU, le Japon et les rêves, je ne manque pas de coups de fouet pour franchir les derniers mètres qui me séparent de cette petite victoire personnelle, amicale et familiale; car elle sera un peu à nous tous, cette thèse, à tous ceux qui m'ont supportée et encouragée. Mon yankee préféré (de loin au sommet), Max, Jules qui tolère mon isolement à n'en plus finir, ma famille qui me soutient, mes Faraham qui m'aident même sans vraiment le savoir, bref tous ces êtres sans qui je ne serais pas là aujourd'hui. Parfois, je m'entraîne à prononcer mon discours de remerciement pour être sûre de rendre, pour une fois, toute ma gratitude à qui de droit, même si la reconnaissance la plus sincère est ineffable. Parfois, aussi, je me demande si ça l'intéressera, lui, de savoir que j'ai réussi et que, peut-être, je vais aller là où il rêvait d'aller. Enfin, avant. Autrefois, il aurait été parmi les premiers à être heureux, à être enthousiaste par mes projets aussi. Aujourd'hui, il ne reste plus grand chose de cette époque, sinon des poussières de souvenir qui s'envolent comme des feuilles d'automne.


7 février 2009

Une douleur ineffable...

Il y a des jours, comme aujourd'hui, où la première bourde est de se lever. Après, tout s'enchaîne.

Je me demande depuis combien de temps, je n'avais plus fait de cauchemars à propos de Toi. Quelques mois à peine, peut-être plus quelques semaines...Petit à petit, j'avais mué ma culpabilité en oubli et je me persuadais que l'été dernier n'était qu'un mauvais film.

Mais Tu reviens. Dans quelques jours à peine, Tu seras de nouveau là. Depuis que je l'ai appris, j'ai une boule qui me broie l'estomac. Un mélange de peur et de doute qui pèse le poids d'un cheval mort. J'ignore comment Tu seras. Depuis deux ans que Tu es parti, Tu as du changer. Vas-tu mieux? As-tu encore mal? As-tu encore cette haine inexpliquée envers le monde entier?

Je n'ai pas de nouvelles de Toi depuis ce fameux jour de juin, où j'ai appris en même temps à quel point tu souffrais et à quel point j'avais été aveugle. Cet instant horrible où j'ai lu sur mon écran ton fiel déversé, ta rage sourde, envers tous ceux qui se pensaient proches de toi. Je n'ai jamais pu te réécrire depuis. Quelle ironie, n'est-ce pas? Moi qui suis si prompte à écrire tout et n'importe-quoi, je n'ai même pas pu trouver les mots pour te soulager. Je n'en ai pas eu le courage. Comme si tu avais brisé ce lien qui nous unissait, cette frêle attache qui faisait de nous des frère et sœur. Mais, au fond, tu n'as jamais du penser que nous l'étions n'est-ce pas? Suis-je donc naïve quand je veux...

Mais je m'égare. Tu atterris mercredi et je me demande ce que tu vas faire. J'ai peur de ce que tu cherches. Je m'en veux de t'avoir laissé seul alors que tu avais le plus besoin de nous, mais je ne parviens pas à te pardonner ton égoïsme envers les êtres qui me sont chers. Tu les as brisés par ta haine et ton discours de victime. Tu n'en avais pas le droit. Tu peux déverser ton fiel sur moi, si bon te semble, je vais avoir mal mais je me relèverais. Parce que je n'ai pas besoin de toi pour savoir ce que je suis, ce que nous sommes, et ce que nous valons. Mais tu n'as pas le droit de briser, de renverser d'un revers de main ceux qui ont tout donné pour te permettre d'être toi et d'être libre. Tu as soufflé sur leur cœur un vent de détresse, porteur de larmes, et tu reviens pour en ramasser les fruits.

J'ignore pourquoi tu reviens. Je ne pense pas que tu puisses réparer les pots cassé mais si tu essaies, peut-être que la blessure de certains sera moins vive. En revanche, si tu reviens pour finir d'arracher ce qu'il reste de nous, ce qu'il reste d'eux, sache que tous tes rêves à mon égard s'avéreront.

Tu reviens mercredi. Une boule broie mon estomac, avec toute la lenteur et la douleur d'un cauchemar éveillé...