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3 septembre 2010

Camping pluvieux, Camping heureux?

Lundi, c'est la Fête du Travail au Québec. Et, comme en France, qui dit "Fête du Travail", dit "personne ne travaille". Cette logique m'a toujours perturbée... Bref, un jour férié est généralement un moment de liesse, d'autant plus lorsqu'il est un lundi. Fin de semaine de trois jours pour tous ceux qui ont un travail: ça ne se refuse pas. Généralement, c'est le moment où tout le monde va s'entasser dans des bouchons sans fin afin de partir prendre l'air, vite-fait, avant de se replonger dans le quotidien. 

Quoique je ne travaille pas, au sens littéral (c'est à dire que je n'ai pas de fin de semaine ni de salaire), Jules et moi n'échapperons pas à cette Transhumance des jours fériés: nous partons avec mon Yankee préféré et sa Douce à la conquête du raton laveur et des insectes. Bref, nous partons camper. Jusque-là, tout va bien: quoique travailler sur ma thèse aurait sûrement été plus raisonnable, quelques jours au vert sont toujours appréciables. Oui mais voilà: lorsque Poisse s'est installée chez vous, elle n'attend qu'un projet de votre part pour y mettre son grain de sel. En l'occurrence, après trois jours de température estivale, nous passons dès ce soir à un climat de fin d'automne: un gros 18 degrés au maximum et des pluies continuelles durant deux jours: y a pas à dire, Miss Poisse a mis le paquet! Cerise sur le gâteau, Météomédia annonce des orages violents sur la ville d'à côté.

...

Ok, j'avoue: les orages, ben, ça me fait paniquer un peu, mettons. Mon papa m'a déjà traitée de "trouillarde" parce que je lui disais de faire attention, alors qu'il était debout sur une misérable planche de bois qui avait dû voir passer Napoléon, à six mètres du sol. D'un autre côté, Jules pense que je suis courageuse et, lorsqu'un sinistre inconnu qui nous laisse nager avec des dauphins demande un "brave" dans l'assistance, il s'empresse de crier: "My girlfriend!" sans même savoir pourquoi le brave en question doit être brave. Je pense que je suis un peu entre les deux. J'arrive à dominer la plupart de mes peurs (sauf mes cauchemars chroniques) mais je ne fais pas partie de cette catégorie de personnes qui pensent que tout arrive aux autres. Au contraire, je serais presque plus du type de ceux qui estiment avoir été trop gâtés par la vie pour qu'il ne leur arrive pas une merde bientôt, là, tout de suite. De fait, la perspective d'un "orage fort" alors que mes amis et moi sommes dans une tente me laisse une 'tite 'tite boule d'inquiétude dans l'estomac.

Vous me direz, c'est stupide. Je veux dire: je pourrais aussi bien me fracturer la nuque dans les escaliers de secours en descendant les poubelles, parce que ça fait un mois que nous n'avons plus de véritable accès principal. Certes. Mais la peur, par définition, c'est irraisonnée. Pis c'est pas parce que je ne peux pas toujours tout contrôler, ni tout prévoir, que je ne peux pas mettre quelques chances de mon côté. Donc, c'est décidé: si cette nuit, un orage violent vient siffler dans mes oreilles, je traîne tout le monde dans la voiture et on attend que ça passe. Après tout, faut bien que ça serve d'avoir une Caprice Chevrolet Classic!

14 mars 2010

L'Homme est un Tournesol!

Ce matin, je suis arrivée à une conclusion d'une logique évidente. L'homme est un tournesol.

-"..."

Pas de jugement hâtif! Je m'explique: Le tournesol est une grande plante, à l'épaisse tige verte, qui se caractérise par une fleur énorme, jaune, magnifique dans un champ parmi ses congénères et parfaitement inadaptée dans un vase de taille classique. Le principe de ce végétal, comme son nom l'indique, est qu'il se tourne vers le sol... 

C'est une mauvaise blague, j'en conviens! ^-^ Donc, la fleur jaune se tourne vers le soleil afin de profiter pleinement de sa vitamine D et ainsi avoir de beaux cheveux! Bon ce ne sont pas exactement les mêmes  vitamines mais ce n'est pas grave: on ne va pas leur casser leur trip alors que les tournesols y croient depuis des années! Bref, afin d'arriver à leurs fins, les grandes jaunes font de l'héliotropisme. D'après notre référence à tous et notre ami des jours pluvieux, Wikipédia, il s'agit globalement de suivre le soleil dans sa course afin de profiter au maximum de ses rayons. ça ne vous rappelle rien?

La majorité de nos congénères ont une phase de déprime intense en hiver, alors que le soleil commence à se faire de plus en plus rare, et l'envie de devenir un drap parmi les draps s'avère beaucoup plus marquée les jours où les gouttes frappent nos carreaux par rapport à ceux où Hélios nous chatouille les orteils. Autre argument de taille, la population détentrice de capitaux (comprendre ceux qui ont des REER ou qui comprennent pleinement l'utilité d'un compte-épargne), autrement dit les retraités et les travailleurs invétérés, suit le soleil dans son parcours terrestre afin de ne pas en perdre une seconde et d'avoir des réserves de vitamine D à rendre jaloux Adrien Gagnon. Moralité: l'homme fait également de l'héliotropisme.   

Sophisme inévitable: Tous les tournesols sont héliotropes, l'homme est héliotrope donc l'homme est un tournesol. Limpide. Je viens enfin de comprendre pourquoi les journées comme aujourd'hui, où l'aspect soupe est de rigueur dès qu'on pose un orteil dehors, me filaient le bourdon. J'ai surtout, enfin, une véritable bonne raison de haïr les limaces: ces dégoûtants gastéropodes me grignotent les feuilles, sûrement. 

Tous les hommes sont des tournesols sauf un: ma mère. Elle aime la pluie. Conclusion: ma mère est une plante verte. Logique.

8 février 2009

Sloche en folie.

Sloche: nom féminin, anglicisme familier. Mélange brunâtre de neige fondante, de sable et de sels abrasifs (de calcium, de sodium), sur les trottoirs, la chaussée. Aussi appelée "Bouette".

En clair, c'est le truc dégueu qui trempe tes chaussures, ton pantalon, tes chaussettes et qui n'a pas vraiment d'affaire à faire au milieu d'un bel hiver blanc Québécois.

J'éprouve le besoin d'écrire ce petit billet parce que mon petit côté français reprend le dessus face à ce phénomène climatique. Honnêtement, lorsqu'on vient au Québec, on s'attend au froid. On s'y prépare psychologiquement, on s'équipe, on le redoute, puis, lorsqu'il survient, on est surpris de le trouver moins désagréable que l'humidité pernicieuse du sud ouest de la France. En revanche, une fois qu'on s'est habitué au vent mordant et aux plaques de glace, que nous nous sommes faits à l'idée de ressembler à Bibemdom durant cinq mois, il est particulièrement désagréable de voir la pluie transformer les immenses et magnifiques paysages glacées en mare de bouette humide.

-"Ben là, Steph! Il fait super chaud! "

"chaud"? Au sens de chaleur? Non parce que, certes, si l'on se fie aux chiffres, 6 est plus élevé que -20. Mais au point de vue pratique, le froid insidieux qui pénètre les os et les flaques de boue qui, perfidemment, prennent la couleur du goudron pour qu'on ne les discerne pas, ne sont pas source de bonheur!

-"Toi, tu as toujours froid de toute façon!
- Je viens du Sud, je te rappelle! En bas de 20°, je grelotte!
- L'été, il fait chaud!"

Non. L'été, il fait moîte. Mais c'est un autre problème.

Finalement, si quelqu'un rencontre Dame Nature, dites lui que c'est pas grave la pluie en février. A tout prendre, on va la supporter, la Sloche, mais qu'elle nous laisse le soleil!