Affichage des articles dont le libellé est jeunesse. Afficher tous les articles
Affichage des articles dont le libellé est jeunesse. Afficher tous les articles

15 janvier 2011

La nouvelle orthographe des abréviations?

Aujourd'hui est un grand jour pour l'humanité. Non pas parce que le président Ben Ali a quitté, hier soir, la tête de la Tunisie, répondant ainsi positivement à la hargne populaire. Non pas non plus parce que, après les pluies d'oiseaux morts, ce sont les déluges qui s'acharnent sur des bouts de notre monde. (Brrr. À quand les chevaliers de l'Apocalypse, je vous le demande!) Non, tous ces sujets ne sont rien à côté de ma découverte matinale: désormais, le monde de l'écrit sur Internet vient de franchir un nouveau sommet. Alors que je me promenais distraitement sur la toile, je lis le commentaire suivant:

"chui sur benjamin il voulaiu ptdr come db md'eeer"

Alors, sans rentrer dans le subtil détail de cette phrase, je voudrais attirer votre attention sur le dernier mot: "md'eeer". Quésacò? (ou de quessé?, c'est selon.) Eh bien, si on le lit à haute voix, on s'aperçoit que ce que ce progressiste du 21e siècle, que nous allons appeler Charles mettons, vient de faire, c'est une faute d'orthographe sur une expression abrégée. C'est fort. En fait, il s'agit de "mort de rire" que la merveilleuse habitude du langage msn ou texto a réduit, il y a quelques années déjà, à "MDR". Donc, notre écrivain en herbe ayant certainement entendu quelques-uns de ses amis rire à grand coup de "MDR" a décidé de l'écrire au son mais en y mettant un peu de difficulté. Tout de même,  Charles aime les défis. Du coup, "R", en effet, pourrait s'écrire "eeer" ou "ér" et pourquoi pas "her?"- comme ça, à défaut de savoir écrire les raccourcis français, Charles pourrait apprendre la langue de Shakespeare, sait-on jamais.

En fait, derrière ce nouveau monde de la faute d'orthographe (car peut-on parler de faute d'orthographe sur un mot qui n'est pas, dans les faits, un mot?), une question me tarabuste: comment Charles a pu penser que "MDR" s'écrivait "md'eeer" autrement que parce qu'il l'a toujours lu écrit ainsi ou pire, il s'est contenté de l'entendre à l'oral! Genre, ses amis éclatent de rire en langage msn: "la prof, elle est trop nulle MDR!" ...

Flippant. 

Remarque, ça fait sûrement moins de bruit en classe un petit "MDR" (ou md'eeer - je ne voudrais pas avoir l'air de celle qui impose les règles orthographiques des abréviations) qu'un fou-rire inextinguible.

10 janvier 2010

La mort a finalement vaincu Mano Solo!



Vieillir est un phénomène naturel. Je n'ai aucun problème à l'assumer dans l'absolu, quand bien même j'ai du mal à accepter la vie adulte. Comme le déclarait si joliment Jacques Brel, il suffit de savoir  devenir vieux sans être adultes! ;)

L'une des tragédies du temps qui passe, cependant, est qu'il emporte avec lui tout ce qui a meublé notre enfance et notre adolescence. Depuis deux ans, les icônes de ma jeunesse disparaissent toutes plus rapidement les unes que les autres. Hier, c'était Lhasa, aujourd'hui, c'est Mano Solo. Mano Solo...Celui qui chantait la mort et la misère pour les effrayer elles-mêmes, en espérant que, lorsque viendrait le grand squelette à la faux, il ne serait pas là pour l'accueillir. Celui qui nous a fait vibrer, mes amis et moi, au son de ses albums, tantôt tragiques, lorsque la douleur du désespoir se faisait trop intense, tantôt plein d'espoir. Celui, enfin, qui lutta contre le Sida durant près de 15ans... Il est parti dimanche, des suites de plusieurs ruptures d'anévrisme, à l'âge de 46ans.

Mano Solo et sa voix éraillée ont marqué des générations d'adolescents en France, tout au moins. Ses œuvres abordaient tant des problèmes de société que ses difficultés personnelles, liées à la drogue et à la maladie. Je n'ai pas écouté ses chansons depuis quelques années, maintenant, je dois l'avouer, non par désintérêt de son travail mais plutôt par laissez-aller: on change de continent, on découvre autre chose et, finalement, on se réveille un matin et on s'aperçoit qu'on a laissé bien des bagages en chemin. L'avantage des artistes est sans aucun doute qu'ils laissent des traces indélébiles de leur passage sur cette Terre: ils ne meurent jamais complétement et leur âme semble s'être réfugiée dans ces œuvres dans lesquelles ils ont consacré autant de temps, d'énergie et de cœur. Mano Solo, Lhasa: ils sont encore présents dans leur musique et, s'ils emportent avec eux une myriade de souvenirs et un peu de notre être, ils nous laissent le plus beau des héritages.

2009 aura été marqué par les disparitions, plus ou moins médiatisées, des artistes des trente dernières années: qu'on les apprécie ou pas, Michaël Jackson, Alain Bashung, Patrick Swayze et autres ont tous inscrit leur nom en lettre d'or dans l'histoire de leur art. Quoique j'ai pu montré quelques réserves quant au cirque médiatique entourant le premier et que je n'étais pas une fan accomplie du dernier, leur disparition m'a tout de même causée surprise et nostalgie: à travers eux, ce sont les années passées qui nous paraissent plus lointaines et la brûlure du temps se fait plus vive. Avec Bashung, Lhasa, et, désormais, Mano Solo, c'est de la tristesse qui envahit pernicieusement mon être. On dirait que le temps veut refermer un livre que j'hésitais à finir...

Je vais aller découvrir les derniers disques de Mano Solo, aujourd'hui. Ce sera un peu sa journée, ainsi.